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Nager avec un requin-baleine

De mars à juillet, les requins-baleines viennent se régaler sur les bords de la barrière de corail. C’est ici, à Exmouth, un des seuls endroits au monde où il est donné de pouvoir nager avec eux, que je vais les admirer de près.

Equipés de notre combinaison de plongée, d’un tuba et d’un masque, nous irons tester l’équipement et apprécier les récifs. De cette première plongée, je ne souviendrai que du scorpionfish et de son apparence magestueuse.

En contact permanent avec des avions éclaireurs, le capitaine se dirige vers notre premier requin-baleine. Celui-ci est assez petit. Il ne mesure que quatre mètres alors que les plus grands peuvent en atteindre dix-huit. Toutefois, le plus grand observé dans ces eaux était de douze mètres.

L’eau est tellement transparente que nous pouvons déjà en avoir un bel aperçu alors que le premier groupe n’est pas encore rentré de sa nage. Une fois la tête dans l’eau, nous aurons vraiment l’opportunité de l’observer car, curieux du bateau, il en fera le tour plusieurs fois. Cet animal est lent et ne semble pas faire d’effort pour se mouvoir. Nager à ses côtés est très facile à condition qu’il le permette en n’accélèrant pas. En dessous de son corps se cachent de multiples poissons. Etre à l’abri d’un requin-baleine est une bonne idée pour décourager les prédateurs.

Le deuxième est beaucoup plus massif et fait huit mètres de longueur. Autant dire que quand cet avaleur de plancton décide de se diriger vers soi, on est content que ce soit un gros lent. Ils sont inoffensifs, et pas vraiment craintifs, si vous êtes dans leur chemin c’est pas leur problème. Par mesure de sécurité nous devons garder une distance permanente de 4 mètres avec le requin. Quand j’ai eu l’occasion de nager à ses côtés pendant plusieurs longues secondes, je me rendais difficilement compte de la distance me séparant de lui. Sarah, membre de l’équipage, m’a fermement demandé de garder mes distances. Avec la houle et une masse aussi importante à mes côtés, il était très difficile de savoir à quel point je m’en approchais.

Un peu plus tard, il en a eu marre et a décidé de plonger dans les profondeurs. Dans les faiscaux du soleil à travers l’eau, il s’enfonce jusqu’à ne devenir plus qu’une partie du sombre bleu des profondeurs. Me sentant un peu barbouillé, je n’accompagnerai pas les autres pour voir le troisième et dernier poisson géant.

Sur le retour, en nageant dans les coraux, j’aurai la chance d’être seul à côté de deux dugongs. J’en suivrai un qui ne me quittera pas des yeux et prendra le large dans un mouvement de nageoire.

Photo : Non, il n’y a pas de whaleshark, mais admirez la transparence

Protégez les requins, ne consommez pas leurs nageoires.

Repère temporel : 17 mai

Coral Bay

Coral Bay, 190 habitants, le double de touristes, du corail. Ma mission d’aujourd’hui est de faire du snorkelling ! Sur base des conseils du mini-centre d’information, je plongerai et me laisserai emporter par le courant. La présence des autres plongeurs me rassure et je m’autorise quelques écarts plus lointains.

Les coraux que j’observerai ne sont pas aussi colorés que je l’aurais imaginé, la plupart ont des tons de pierre. Les poissons toutefois sont bien plus intéressants. Ils se nourrissent, se baladent ou se cachent. Mes favoris seront celui ayant un bec jaune et dont le corps est entouré d’un néon bleu. Un autre vert et gris. Les bancs de petits poissons bleus. Les lignés noirs et blancs. Et enfin celui qui s’est approché de moi pour voir qui j’étais.

Une fois à l’aise dans l’eau, je m’amuserai à plonger de quelques mètres pour découvrir une autre perspective tout aussi agréable. Je suivrai mes favoris, ou les observerai dans leurs cachettes.

Après cet agréable moment dans l’eau, l’ambiance est vite retombée. En vérifiant mon niveau d’huile suite à une légère odeur sentie plus tôt, je constate une diminution, certes légère, mais une diminution tout de même… affaire à suivre !

J’arrive dans le visitor center de Exmouth. Réserve mon “tour” tant attendu de demain, me voilà pauvre ! Demain je m’amuse et après-demain je me mets en quête d’un travail.

Photo : Un des nombreux nids de termites de la région

Agréables retrouvailles

Aujourd’hui je devrais être à Broome si tout c’était passé comme prévu, et j’en suis encore à un bon millier de kilomètres. Au nord de Monkey Mia il n’y a pas grand chose jusqu’à Coral Bay, le début de la barrière de corail Ningaloo. En chemin se trouve Carnarvon, un ville moyenne connue pour ses possibilités de travail pour Backpacker.

Tim y a travaillé il y a quelques semaines. Sur un bateau pendant 10 jours, le pauvre se levait à 16h et se couchait à midi. Oui, vous lisez bien, il a travaillé 20h par jour pendant 10 jours. Son salaire était toutefois proportionnel à la charge de travail et pas mauvais du tout !

François quant-à-lui est toujours à Carnarvon avec sa petite amie taiwanaise. Je passeari la journée avec eux et passera la nuit dans ma vvoiture garée à côté de leur caravane. Ils vivent dans la ferme où ils sont employés de temps à autre. Sasha a préparé de somptueux petits plats comme elle sait si bien les faire, nous avons mangé, ri et bu en s’échangeant nos histoires depuis la Tasmanie. J’ai aussi rencontré Marcel, voisin de caravane, un peu fou, mais très sympathique.

Une belle journée de vacances !

Etre bénévole à Monkey Mia c’est être assis face à la plage à observer les dauphins venus faire coucou. Dans les temps morts nous devront balayer certains espaces comme la “theaterette”, le mini-musée et les espaces pouvant devenir glissants à cause du sable.

Lorsque les stars arrivent, nous communiquons par radio avec les rangers ayant les pieds dans l’eau. Ceux-ci identifient par leurs nageoires dorsales les dauphins et nous communiquent leurs noms. Nous prenons note de leurs allées et venues et des autres remarques liées à leurs comportements. Ensuite, nous préparons (dégelons) les poissons destinés aux 5 femelles que nous sommes autorisés à nourrir.

Après les 25 minutes de blabla du ranger, nous descendons avec nos poissons. De l’eau jusqu’aux genoux, notre dauphin à nos côtés, voici la tâche la plus difficile. Dans la foule devant nous, nous choisissons l’heureux(se) pouvant tendre le poisson à Puck, Shock, Piccolo, Surprise ou Nicky. Nous avons pour consigne de prendre différentes personnes, des jeunes, des vieux, des hommes et des femmes. Les chanceux portant des couleurs vives ou des signes distinctifs seront plus facilement choisis car plus facilement désignables. “L’homme au chapeau rouge” passe mieux que “La dame avec des lunettes”.

Certains jours ils seront tous là, d’autres nous n’aurons que Puck et son petit. Parfois ils passeront en coup de vent, sans rester pour leur poisson. Mais le mieux c’était la partie de chasse autour de la jetée. A des vitesses impressionnantes ils coursent les poissons, coupant l’eau en deux avec leurs nageoires. Je me souviens de Piccolo déambulant fièrement avec son énorme poisson en travers de la gueule.

A midi notre journée s’achève. Monkey Mia c’est un resort et pas une ville comme tout le monde le pense. Il n’y a rien à faire à part trainer sur la plage. J’avais trouvé un passe-temps : décortiquer le fonctionnement des bornes Internet à 6$/heure, avec succès ! Certains après-midi Startle se baladait non loin du bord, sans doute craintif de perdre un autre morceau de nageoire dans la gueule d’un requin. Autour de la jetée, on peut aussi observer une tortue, un pélican et un oiseau qui pêche en nageant sous l’eau.

Au bout de ma 5ème matinée de volontaire, je me remets en route vers le nord. Ou plutôt, vers Exmouth, ma prochaine grosse étape !

Repère temporel : du 10 au 14 mai

Monkey Mia, les dauphins

Réveillé à 5h30. Le soleil commence à éclaircir le ciel dans un dégradé d’arc-en-ciel illuminant les nuages encore dans la nuit. Au loin, les éclairs continuent de faire rage illuminant l’intérieur de mon cockpit. Quelques étoiles filantes sautent d’astres en astres. Je me mets en route.

Monkey Mia. Sans avoir aucun rapport avec des singes, cet endroit de Shark Bay est connu pour ses dauphins. Depuis 1960, quelques familles de dauphins visitent quotidiennement la baie. Venant quand ça leur chante, il n’est pas rare de les voir trois fois par jours. Le moment conseillé étant vers 7h30 où ils auront leur premier repas gratuit, je suis là à l’heure.

Une centaine de personnes et moi. Les dauphins circulent devant nous, malheureusement cachés par des dizaines de corps et de têtes. Certains cherchent à obtenir les meilleurs clichés, d’autres à voir, certains font des blagues comme ces français que je déteste déjà.

A la deuxième fournée, ils reviennent un peu plus nombreux et cette fois je suis au premier rang. Il est interdit de les toucher au risque de leur transmettre des maladies. Nager avec eux est interdit aussi. Mais regarder ces dauphins encore bel et bien sauvages passer devant moi me suffit amplement.

Ils ont un regard fort et le contact visuel que j’ai avec l’un d’entre eux ne me fera plus hésiter. Peu après je confirmais à Shannon que je voulais être bénévole. Durant un minimum de 4 jours, je participerai au cérémonial que je viens de vivre. Aucun avantage n’est fourni aux bénévoles, mais par chance le camping est dans mon budget, ça devrait valoir le coup !

Ce jour-ci je recroiserai Emilien, Jan, Theresa et Laura, ainsi que Matt et sa femme. C’est amusant de “connaitre” des gens à l’autre bout du monde… sans les connaitre.

Elles vont me rendre fou ! Au moment où j’écris ces lignes, assis dans ma chaise de camping, sous un soleil magnifique accompagné d’une fine brise, 25 mouches tournent autour de moi.

Les mouches en Australie sont tenaces, petites et font partout : nez, oreilles, yeux, lèvres, … un mouvement de main n’effrayera que certaines. D’autres attendront de voir mes doigts en très gros plan avant de dégager.

Dégager c’est un bien grand mot, et je m’estimerai content quand j’aurai 10 secondes de paix. Je ne tiens plus, je vais me jeter dans l’eau ! [un peu plus tard…] Ces salopes m’ont attendu !

La température est idéale, chaude à tel point que j’ai le sentiment que je n’arriverai pas à refroidir les bières plongées au fond de l’eau. A Shark Bay, l’eau est peu profonde sur des dizaines de mètres. [trop de mouches… je m’évade !]

Sur ces entrefaites, je m’échappe vers Eagle Bluff. Espérant semer ces maudites créatures. Tu parles ! A croire qu’elles m’ont suivi. Soit…

A Eagle Bluff on constate encore plus qu’ailleurs la transparence de l’eau. Des taches plus ombres forment des nuances de couleur assez incroyables. De plus, avec de la chance on peut observer des requins, raies ou des tortues se balader dans la baie.

Camper ici, face à la baie, absolument seul, sera le highlight de ma journée. En effet, le Ocean Park que je me suis offert, car je n’ai pas le 4×4 requis pour le François Peron National Park, n’était pas un aquarium, mais quelques bassins. Le guide décrivait les quelques poissons à la vitesse d’un enquêteur téléphonique. Le “shark feeding” n’était pas exceptionnel non plus.

Et tandis que j’attends le coucher de soleil, ma voiture se transofrme en cimetierre pour mouche, ce qui, soyons clair, n’affecte en rien la population qui y réside !

Le vent est chaud. Le fin sourire de la lune dessine mon ombre dans mon dos. Au loin la foudre éclaire les nuages d’un rose inquiétant. Il est 19h30 à Eagle Bluff.

Ca, c’était pas prévu

Aujourd’hui, je me fais plaisir ! Après avoir vu une quantité infinie de parachutes dans le ciel au cours de ces derniers jours, c’est mon tour de m’envoyer en l’air. Appelez ça du Skydive. Je l’aurais bien fait plus tôt, mais c’est un peu cher comparé au prix qu’on peut trouver ailleurs. Que ça soit cher, je m’en fous, mes plans sont tout chamboulés et cette dépense n’y changera plus grand chose.

Je contacte le backpacker de Fremantle pour réserver mon lit pour ce soir. Je devrai rappeler vers 11h car pour l’instant il n’a aucune place de libre. En arrivant à Jurien Bay hier, j’étais passé en coup de vent chez le garagiste. J’expliquais à Stew, étonné de me voir “encore” en ville, que je rentrais vendre la bête. Il m’invite à passer le lendemain pour jeter un oeil vite fait.

Les 4 roues en l’air, mademoiselle chieuse, se fait inspecter le fond. Stew est tout heureux de m’apprendre que la pièce n’a pas sauté. Mais ça je m’en doutais un peu vu qu’elle ne “pissait” pas. Son diagnostic est positif. Tout va bien et la fumée que j’ai observé devait être un fond d’huile n’ayant pas pu être nettoyé. “It’s a shame” que je vende la voiture, particulièrement pour visiter le nord, il faut une voiture, me dit-il ! D’après lui je peux reprendre la route, “it’s up to you !”.

Je suis paumé. Je n’avais pas prévu cette analyse, et elle “tient la route”. Comme il me l’a fait remarquer, j’ai fait 400km sans perdre une seule goutte d’huile. Je quitte le garage en le remerciant encore une fois pour leur serviabilité et gentillesse.

Les mains sur mon volant, j’hésite ! Que faire ?! Fuck it ! Je reprends la route ! Et voilà comment on voyage dans le temps… A la même heure qu’hier, je me retrouve à nouveau à Kalbarri, mais avec 800km en plus au compteur.

La route unsealed de plus de 20 bornes pour accéder aux points phares du parc me fait peur. Ma voiture est secouée dans tous les sens et je me vois en train de faire le Paris-Dakar qui, lui, en tue, des voitures ! Bref, tout se passe bien, et ce malgré la petite odeur désagréable d’huile à chaque arrêt. Nature Window est certainement beau, mais les paysages pour y arriver sont magnifiques.

Ma nuit se passera sur une aire d’autoroute. Un camping de 24h y est autorisé et beaucoup de voitures s’y trouvent. Je regrette de ne pas avoir eu le temps de faire le Loop, une marche de 3h à 4h dans le parc de Kalbarri. Maiss toutefois heureux d’être seul et dans ma voiture, fonctionnelle !

A peine sorti de ma voiture, je suis accosté par Matt. Un pensionné australien originaire des Pays-Bas. Sa femme m’invite à manger des “Eggs on Toasts” dans leur petite caravane. Il faisait noir et, en tant que bonne grande-mère, elle s’inquiétait de savoir ce que j’allais manger !

Repère temporel : 7 mai

Je m’échappe par la petite porte. Ni vu ni connu, voici ma première effraction ! Dans la pénombre de l’aube, le soleil peine à dépasser les collines.

Aussitôt en route pour Port Gregory et son lac rose. Rose, mais néanmoins décevant. La photo de mon guide est beaucocup plus attrayante ! Je poursuis vers Kalbarri où les falaisent m’enchantent. De nombreux arrêtes touristiques sont proposés, à tel point qu’ils ne savent plus comment les appeler, et moi pas où m’arrêter. “Red cove”, “Natural Bridge”, “Island Rock”, “Mushroom Rock”…

A Mushroom Rock, je croise deux têtes connues ! Emilien et Jan, rencontrés à Cervantes. Ils ont pris leur temps depuis l’autre jour car je les ai déjà rattrapés. Nous n’échangons que quelques mots mais nous nous retrouverons certainement plus tard dans le parc.

Au bout d’une gravel road de deux kilomètres donnant accès à un lookout, je sors de ma voiture avec mon nez en alerte. Une odeur étrange… de l’huile brûle ! Après un “Oh non” de rage je me penche et constate que mon nez ne me fait pas défaut : il y a de la fumée sous le moteur !

Je ne sais plus quoi penser.. j’ai déjà eu le coup du “Vas-y” et 200 bornes plus loin la panne. Je fais vite demi-tour, me dirige vers le garagiste le plus proche (par chance il y en a un) et lui demande un diagnostic.

“Avec des voitures asiatiques, on ne peut avoir que des problèmes”. A un “bonjour” près, ce sont les premiers mots du garagiste. “Il faut acheter australien !”. Un coup d’oeil rapide, il ne voit pas de fuite, mais me déconseille de continuer. Il n’a pas confiance en ma voiture. “Elle respire mal. Retourne à Perth, passe un coup de polish, vends-la et achète-toi une Ford” termine notre conversation.

Qu’il ait raison ou tort, je n’ai plus envie de me ronger les sangs pour cette voiture. Je rentre à Perth pour vendre ma Magna. 4h ou 400km plus tard, j’étais à nouveau dans le camping de Jurien Bay.

Coronation Beach

Grand départ de Jurien Bay et pas mécontent ! Un peu la boule au ventre quant à savoir ce que va donner ma voiture. Je me mets en route pour Geraldton où je verrai quoi faire. J’y tâterai la ville et aviserai d’y rester ou pas.

Cette halte, aussi brève fut-elle, est importante car c’est la dernière “ville” avant looongtemps. Broome qui se trouve à 2000km n’a pas la moitié de sa population. J’y fais les courses et le plein, profitant des derniers achats bons marchés. Le centre d’information n’est pas en mesure de m’indiquer des campings gratuits autres que les aires de repos. Pas très tentant, je me dirige vers la “petite tente” à 50km d’après mon atlas. Il est encore tôt, je pourrai aviser si il n’y a rien ou si c’est payant.

Seul et maintenant particulièrement sensible aux personnes sur le bord de la route, je saute sur mes freins dès que j’aperçois le pouce de ce hitckhiker. C’est quand j’ai constaté qu’il n’avait probablement pas utilisé de machine à laver depuis un certain temps que je me suis demandé si c’était une bonne idée…

Cet homme, d’une 40aine d’années, émanant une effluve digne d’un sportif après d’intenses efforts, n’a plus de permis de conduire. Et n’aura bientôt plus d’ivoire dans la bouche non plus. Nous papoterons une 20aine de kilomètres, le temps de rejoindre une route où il a planqué sa voiture. “Rouler sur la highway sans permis, ça vaut pas le coup ! Non seulement on confisque ta voiture pour 28 jours, et après tu dois encore payer l’amende et la fourrière !”

Le camping de Coronation Beach existe bel et bien, n’est pas trop mal et a quelques spots de libres. C’est le genre de camping où le paiement se fait de soi-même. Des enveloppes disposées à l’entrée seront remplies de la somme requise avant d’être placées dans une boite scellée. Le prix est de 15$ ! Excessif pour l’endroit, je tenterai de partir de bonne heure et d’éviter de payer.

Repère temporel : 5 mai

Payer 25$ pour un camping avec un simili de cuisine ça fait mal. Et encore, j’ai réussi à obtenir 10% en expliquant mes mésaventures. Mais ce qui fait encore plus mal c’est d’apprendre que le transporteur n’est pas venu livrer mon (putain) de front crank seal. Encore une journée de perdue !

Jusqu’au lendemain j’essayerai d’élaborer un générateur de Sudoku. Mais cette fois sur mon ordinateur car ma nuit se passera dans le backpack du Jurien Bay. Pour 5$ de plus j’ai droit à une chambre et un lit. Certes le voisin est généreusement bruyant, surtout quand il se met à jouer au docteur avec sa compagne, mais ça passe quand je monte le son de Australia’s Got Talent.

Je n’ai toujours pas trouvé la faille dans mon générateur de Sudoku. Il faut dire que les allers/retours chez Greg me déconcentrent. Il m’a appelé après avoir démonté la pièce pour me faire comprendre ce qui s’est passé. Et surtout qu’il ne comprend pas pourquoi ça s’est passé. Ce qui veut dire que ça pourrait se repasser…

La pièce est en place. Mais ce n’est pas bon ! Il y a trop de pression dans le moteur, le joint va ressauter, c’est évident. A ce stade, je dois avouer que je rigole. Ca devient ridicule. Je dis à Greg de laisser tomber. Je n’irai pas à Broome avec ma voiture. Si il peut me trouver une astuce pour que je puisse faire les 200 bornes jusqu’à Perth et y vendre ma caisse à un malheureux.

Tandis que Stew et Greg chipotent avec mes valves d’évacuation de pression, je m’imagine le prix de vente possible pour mon épave. Fais des comptes pessimistes et me vois déjà dans un car vers les endroits magiques de l’ouest. Soudain, replaçant une valve nettoyée quelques secondes plus tôt, Greg se trouve vers moi : “I reckon you can go to Broome”.

Je ferai un test drive de 50km sans encombres sur la “route maudite”. Laisserai la voiture une dernière fois au garage pour nettoyer le moteur de sa vieille huile dégoulinante et potentiellement dangeureuse. Départ prévu demain vers Geraldton, et soyons honnêtes, si j’ai encore une panne ma voiture se trouvera un moyen de rejoindre la prochaine ville, sans moi.

1000 dollars, c’est ce que m’aura couté cette panne… une dépense pas trop prévue dans ma plans !