Alors que Sonja et moi discutons sur la route de notre habituel bin-diving, je lance “Viens à Karratha”. Son bus part dans deux heures et maintenant elle hésite. Réussissant le challenge de trouver une connexion à Internet à cette heure, elle annule son Greyhound et embraque dans ma Magna le lendemain matin.

Karratha c’est une ville bien plus grande que je ne le pensais. Je conduirai quelques six heures pour y arriver, mais le temps passera vite car, depuis quelques jours, elle et moi nous amusons à refaire le monde.

Au fil des bornes la végétation devient plus verte. Des petits arbres commencent à paraitre. Nous traverserons plusieurs nuages de grillons qui s’écraseront sur le pare-brise dans un rythme de grêle. Cette route est évitée par la grande majorité des backpackers car il n’y a rien à voir et surtout car cela revient à éviter Karijini National Park. Les seuls véhicules que nous croisons sont des utilitaires ou des jeeps de société. L’industrie, entre autres minière, y est très importante.

Au centre d’information nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, me concernant, est qu’en effet il y a une multitude de boulots disponibles. Ce qui s’explique largement par la mauvaise nouvelle : il est impossible de trouver un logement. Le seul backpacker de la ville est plein, très cher et comporte une liste d’attente de 15 personnes. Les campings sont hors de prix, sans parler des motels et autres logements devenant luxueux.

Nous avalons un bout de pain au lookout de Dampier, la petite ville résidentielle, et décidons de dormir dans la voiture en dehors de la ville. La mauvaise nouvelle nous a aussi appris que les rangers rodent car la plupart des backpackers tentent le camping sauvage.

Tous mes plans se retrouvent à nouveau bousculés : gros manque d’argent, pas de boulot, pas de logement, et plus du tout l’envie de rester dans cette ville… nous nous offrons une bière bien méritée dans un pub sans “naked chicks” avant de s’endormir au son des road trains roulant de nuit.

Photo : Sunset au lighthouse d’Exmouth

I’m glad you came

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