Un son vient jusqu’à mes oreilles, je sens que quelqu’un bouge. C’est Hadrien qui s’active pour retrouver le réveil dans son lit afin d’éviter de réveiller notre compagnon de chambre. Ce matin nous devons nous lever en même temps que le soleil pour le “Rock Tour”. Une expédition de trois jours qui nous emmènera découvrir trois magnifiques endroits du centre australien.

Je me réveille, et j’insulte Hadrien. Il est 4h du matin. Prévoyant comme d’habitude il a configuré son réveil tôt la veille, mais il n’a pas pensé à changer d’heure. Entre Alice Springs et Melbourne il y a 1h30 de décalage et bien entendu je ne me rendormirai pas. C’est tout simplement impossible ! Notre compagnon de chambre, un jeune coréen ayant trouvé du travail à l’hôpital d’Alice Springs, ronfle. C’est un professionnel en la matière. Si un concours devait avoir lieu il se disputerait le podium avec un dinosaure malade.

J’attrape mon sac préparé la veille. Il est prévu que nous dormions deux nuits en “camping style”, pas grand chose à prendre du coup. J’ai quand même prévu un pull, un pantalon et un t-shirt de rechange en plus des 3 litres d’eau qui étaient obligatoires pour ce premier jour. “Dehydratation’s a bitch” nous informait Sarah à peine dans le car. Pleine d’énergie, elle nous sensibilisera sur l’obligation d’avoir 3 litres d’eau pour le premier jour, si nous n’en avons pas autant nous ne pourrons pas faire la grande balade dans King’s Canyon.

Nous devons rouler pendant près de 5 heures avant d’arriver à King’s Canyon. Le paysage m’étonne, je m’attendais à trouver des étendues désertiques, mais ce n’est pas le cas. Les alentours sont très peu vallonnés et très verts, il y a des arbustes et des plantes le long du chemin. La couleur du sol oscille entre le jaune sable et rouge ocre. La nature du sol elle-même est variable, par endroits il s’agit de rocailles, d’autres de terre poussiéreuse ou encore de sable rouge orangé.

“Introduction game !”. Sarah nous sort tous de notre mi-sommeil, nous allons jouer à un jeu. Petite famille improvisée de 22 personnes, nous allons passer trois jours ensemble, les présentations sont essentielles ! Commençant la première, elle nous invitera à nous présenter à travers les différents sujets qu’elle-même utilisera. De notre parfum de glace préféré à notre premier baiser en passant par nos boissons préférées ou encore le groupe de musique que nous aimerions avoir à notre anniversaire, nous en apprenons tous sur chacun. 8 hommes, 14 femmes, 13 nationalités.

Dernier rappel sur l’importance de nos 3 litres d’eau, ponctué par les panneaux des rangers indiquant qu’il faut boire un litre d’eau par heure, nous nous mettons en route vers le “Heartbreaking climb”. Le début de la balade dans le canyon commence d’abord par son ascension. Une montée raide, aménagée en un escalier fait de pierres, qui fait jouer de la grosse caisse à notre coeur. Raide mais pas longue, heureusement, nous sommes en haut. Déjà la faune nous émerveille avec deux petits lézards prenant le soleil en imitant la couleur de la pierre sur laquelle ils sont posés.

A plusieurs moments nous en apprendront sur les “Bush Medicines” que les Anangu (aborigènes) ont découvert au fil des années. La première explication que nous aurons concerne les “Bush Tomatoes”. Des tomates qui ne deviendront jamais rouges mais jaunes, de la taille d’une cerise dont seulement 4 espèces sont comestibles sur les 32 similaires. D’autres plantes ont des propriétés formidables agissants, entre autres, comme antiseptiques, désinfectants ou simplement contre le rhume. Sarah nous fera sentir de la sève écrasée en poudre qu’on est sensé mélanger avec de la graisse animale et mettre sur son torse, c’est du Vaporex.

Dans le King’s Canyon il y a aussi une gorge. Mais quelle est la différence entre un canyon et une gorge ? Un canyon est d’abord constitué d’une fissure qui s’élargira par l’érosion de l’eau et du vent. La gorge commence par une rivière et ensuite d’agrandi. Intéressant, le Grand Canyon aux Etats-Unis est une gorge…

Il a plu beaucoup ces derniers mois ce qui nous donne la chance de voir une végétation presque luxuriante pour un endroit habituellement beaucoup plus désertique. Dans le fond du canyon la végétation est encore plus présente qu’au dessus, on se croirait dans une petite oasis. Ceux qui avaient prévus leurs maillots peuvent profiter de ce coin de paradis pour se baigner. L’eau n’est pas très chaude, mais juste assez pour que nous plongions tous dedans ! Après une heure et demi de marche, ou plutôt après une heure et demi de transpiration, rien de plus agréable que de tremper son corps. Sans compter qu’aucune douche n’est prévue pour aujourd’hui. Par habitude j’ai ouvert mes yeux dans l’eau. Elle est verte ! Yerk !

De retour après plus de 3 litres de marche, nous reprenons la route en sens inverse pour nous diriger vers Uluru. Nous allons camper dans l’outback, comprenez “au milieu de nulle-part”. A priori nous devrions observer les étoiles du fond de nos “swags”, mais le ciel se couvre et même quelques gouttes perleront sur le chemin.

Nous nous arrêterons le long de la route où le sol fait de sable rouge maintient des quantités impressionnantes d’arbre morts. C’est le moment d’aller s’approvisionner en bois pour le feu. Je ne me souviens plus du nom du type d’arbre que nous devons ramener, mais il a des propriétés extrêmement intéressantes pour le feu. Ses bûches tiennent longtemps la chaleur et se consument relativement lentement. Des plantes écorcheront nos jambes, des graines d’accrocheront à nos chaussettes et nos yeux feront attention à la wildlife alors que nous arrachons les branches des arbres morts.

La nuit est déjà tombée alors que nous nous arrêtons au bout de cette route rouge et poussiéreuse. Certains s’occupent d’accrocher les bâches qui nous protégeront du vent et éventuellement de la pluie tandis que les autres préparent à manger et s’occupent du feu. Faire du feu dans le bush ne s’improvise pas, c’est au fond d’un trou que le notre se tiendra. Il faut faire très attention car les “bush fires” sont très fréquents et dévastateurs !

Après un bon Chili Con Carne et quelques bières autour du feu nous rejoignons nos “swags”. Un swag est une sorte de sarcophage étanche du vent et de la pluie dont le fond comprend un matelas en mousse de quelques centimètres d’épaisseur. Nous glisserons notre sac de couchage à l’intérieur. Pour les plus peureux ou les plus frileux, on peut rabattre l’appendice du swag au dessus de sa tête. Nous ne sommes pas dans une tente, nous dormons à même le sol, seule quelques bâches nous protègent du vent et quelques tôles nous servent de toit au cas où il pleuvrait. Pas d’étoiles pour ce soir… dommage !

Je ne pas parler le français

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