J’ai chaud. Il est dans les 5h du matin et alors que j’ouvre mon swag pour prendre une bonne bouffée d’air frais, la lune me sourit. Le ciel commence à se bleuter et le clair croissant de lune est encore visible dans le ciel. Quelques moustiques viennent siffloter dans mes oreilles, je les chasse et me recouvre à nouveau du swag. Ce sac de couchage est trop épais, j’ai très chaud, trop chaud, je transpire.

Sarah fait l’appel. “Get up guys !”. Je sors de mon sac de couchage et m’aperçois que je suis trempé, j’ai vraiment eu trop chaud pendant la nuit, et à l’inverse de certains autres j’ai préféré me protéger des moustiques en m’enfermant complètement dans mon swag. L’air est juste frais comme je l’espérais, il n’y a pas de rosée et déjà certains se regroupent autour du feu que Sarah vient d’allumer. Deux choix pour le petit déjeuner, toasts ou céréales. Les toasts peuvent être grillés ! Une passoire retournée au dessus d’un tas de braises et nous voilà avec un superbe grille-pain ! Astucieux Johnny* !

Après avoir tous enroulé nos swags et démonté le campement, nous reprenons la route destination Kata Tjuta ou, occidentalement parlant, les Olgas. Les Olgas sortent du paysage comme Uluru. A la différence qu’il ne s’agit pas d’un monolithe, mais de plusieurs assemblés les uns à côté des autres. Kata Tjuta est situé dans un parc national qui appartient au peuple aborigène. En 1985, le gouvernement australien a accepté de rendre aux Anangus cette terre qui leur est sacrée. A la seule condition que les aborigènes louent le parc pour 99 ans à l’état australien. Ce qu’ils ont accepté, et c’est sans doute la raison pour laquelle il faut payer 25$ pour y rentrer. Quelle hypocrisie… “Tiens voilà ce qui t’appartient, mais j’en garde l’usufruit !”.

Pour les aborigènes Uluru et Kata Tjuta ont une histoire, il font partie de leur culture, de leur spiritualité, de leur vie. Je ne connais pas la signification des Olgas, si ce n’est que dans leur folklore, la création des Olgas est liée à celle d’Uluru. Géologiquement les Olgas sont vieux de milliers d’années, datant de l’époque où l’Australie était recouverte d’une mer. Je ne l’ai pas mentionné mais King’s Canyon est en réalité fait de “sand stone” qui provient aussi du fait que l’Australie était une mer, puis plus, puis à nouveau etc… Je ne me souviens plus exactement des détails géologiques et historiques.

En gros, Kata Tjuta est formé de pierres cimentées entre elles par du sable qui est devenu de la pierre lui-même. La roche n’est pas nette, cela ressemble très fortement à du mortier. A la seule différence que la rocaille est beaucoup plus grande et que le fer contenu dans la roche lui donne une couleur rouge rouille.

7 kilomètres nous attendent dans les Olgas, à la fois rocailleux, raide, plat, rouge, vaste et étroit. Une belle promenade où les grands espaces s’effacent et laissent place aux passages plus étroits entre ces monolithes de quelques centaines de mètres de haut, et inversement. Intéressant à savoir, la partie des Olgas que l’on aperçoit sortir du sol n’est qu’un appendice de la roche. Ces formations rocheuses s’enfoncent sur des kilomètres dans la terre.

L’après midi, nous nous rendons au centre culturel du parc. Un centre sur la culture aborigène. La culture aborigène est régie par une seule chose (dont je ne me souviens pas du nom). C’est sous ce nom que se retrouvent la culture, l’histoire, la loi, la spiritualité, les moeurs. Tout est régi par une seule et même chose. Afin d’être sur que rien ne se perdre, ce savoir est divisé en 3 catégories. Les enfants, les hommes et les femmes. Ainsi, tous les enfants apprendront le savoir lié aux enfants. Ensuite quand ils auront atteint le niveau de connaissance suffisant, ils apprendront des anciens le savoir lié à leur sexe. Les femmes apprendront où trouver de l’eau et de la nourriture, comment la préparer, créer des outils ou encore utiliser les plantes comme remèdes. Les hommes apprendront les techniques de chasse, à créer des armes, où chasser. Jamais un homme n’apprendra quelque chose lié aux femmes, et jamais une femme n’apprendra les choses liées aux hommes. La quantité d’information à apprendre est telle qu’ils se font un devoir de ne pas prêter attention à ce qu’il ne doivent pas savoir.

Avant la soirée nous irons au pied d’Uluru, faire une petite marche. Sarah nous racontera plusieurs histoires qu’elle a apprises des enfants Anangu. Nous observerons le coucher du soleil sur le Rock, magnifique ! Et demain nous retournerons à Uluru pour en faire le tour. Je vous parlerai du gros rocher dans mon blabla sur la journée de demain.

Nuit en camping cette fois, ça veut dire qu’on avait des douches, le reste ne change pas ! Mais le mieux ce n’était pas la douche, c’était de s’endormir en regardant le ciel noir nappé d’étoiles. Le feu crépite, il fait un peu frais, je m’endors.

* C’est mon métier, bébé !

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