Alors que nous remballons les tentes, Wally nous observe. Wally c’est le surnom que nous avons donné au walabi se nourrissant, Le museau dans la poussière et les feuilles, -sans doute- de petites graines sans trop faire attention à nous. C’est peut-être lui qui a mangé les pâtes que nous avons échappées par terre hier soir. Il continuera sa petite ronde autour de notre camp jusqu’à ce qu’une mère et son petit bondissent non loin de là. Immobile, il hésitera un petit moment pour finalement les rejoindre de quelques rapides petits bonds.

Wineglass Bay, enfin ! Le highlight le plus célèbre de Tasmanie avec Cradle Moutain, nous y sommes ! Et nous comptons bien y camper. Nous nous équipons le plus malin possible en visant nos backpacks pour les re-remplir du strict nécessaire. Même les pâtes seront préparées à l’avance ! Malheureusement, il n’y a plus de points d’eau une fois que nous nous serons mis en marche, et pour aujourd’hui et demain il nous en faudra quelques litres. C’est moi qui m’y colle, et je joue les masos en y rajoutant du goone…

Et bien j’aurai souffert pour arriver au lookout. Heureusement que cette marche n’était pas trop longue car mon sac était bien lourd. Après un calcul rapide il devient bien faire 12kg… La plage de Wineglass Bay est certes magnifique, mais c’est surtout la baie qui en fait son charme. L’eau est, comme on commence à en avoir l’habitude, turquoise et transparente. Le sable est blanc presque sans aucun algue mort.

La baignade quant à elle… c’est moins paradisiaque. L’eau est tout simplement glacée, et sans l’aide des fortes vagues je n’aurais jamais pu rentrer dans l’eau en entier. C’était moins drôle lorsque je suis sorti car les nuages n’ont pas suivi l’itinéraire que je leur prédisais. Je me suis donc retrouvé, accompagné d’un demi-Simon mouillé, à prêcher pour que le soleil vienne me réchauffer car le vent me congèle.

C’est au bout de la plage qui représente une marche de 20 minutes que nous trouvons le camping. Seuls nous et un couple de français y passeront la nuit. Avec Simon nous avons pris l’habitude de parler anglais et nous passons souvent d’une langue à l’autre sans nous en rendre compte, le couple de français ne saura jamais que nous étions francophones.

Je me réveille sous la lueur d’une torche dans ma tente. Simon m’appelle ! Un possum s’est glissé sous la toile imperméable de la tente de mon pote pour ensuite attraper de la nourriture dans son sac à dos. “Il a bouffé notre pain ce salaud !”. Il faut comprendre qu’un possum n’a rien à faire de la présence humaine, c’était à 20cm du visage de Simon qu’il grinotait tranquillement notre pain. La frayeur au ventre, nous sortons en même temps de la tente pour contempler l’armée poilue de l’autre côté de la toile. Il est tout seul, pépère dans un arbre à nous regarder. Il s’éloignera à son rythme du faisceau de notre lampe de poche.

Pour parer à la perte totale de notre réserve de nourriture, Simon déplacera son sac en sécurité avec lui dans sa tente. C’est quelques heures plus tard qu’il rentrera dans ma tente en jetant son sac en premier. Ces saletés de bestioles ont grignoté la toile intérieure de sa tente le réveillant en passant sur ses jambes pour atteindre le butin. Tous les deux dans ma tente, nous dormirons d’une oreille, pensant à chaque instant qu’un possum nous attaque d’un côté ou de l’autre.

Photo 1 : Wally
Photo 2, 3, 4 : Wineglass Bay

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