Aujourd’hui j’ai été à la plage. Convié par Aaron et Queenie que j’ai rejoins dans l’après-midi. Ils mangeaient tous les deux du sable tant le “goone” qu’ils se sont enfilés à deux en quelques heures a aidé le soleil à les assomer. Satané goone… l’alcool pas cher du backpacker. Il s’agit d’une espèce de vin qui coute 10$ pour 4 litres. Autant dire que c’est vraiment, vraiment, vraiment, pas cher. Enfin, il ne faut certainement pas dire que c’est du vin devant un français qui deviendra instantanément fou, particulièrment en lisant sur la boite que ce liquide contient des oeufs, des noix et du… poisson. Le seul goone que j’arrive à avaler est le “Fruity Lexia”, une espèce de vin blanc sucré, ça passe.

Après deux/trois tasses -fini de boire dans des verres, c’est du luxe- je reprends le chemin du retour abandonnant Aaron en train de dormir effondré dans le sable. Heureusement qu’il a la peau dure ! Ce qu’il me prouve tous les jours d’ailleurs, le pauvre a un boulot dans une usine d’oignons. Et je pense pouvoir dire sans aucun jeu de mot qu’il doit en pleurer. “I’m kickin’ onions” dirait-il avec son accent canadien. Sa tâche est de décharger des camions d’oignons encore plein de terre ou de poussière. Une bonne vieille méthode old-fashion pour y parvenir… frapper les oignons avec ses pieds pour qu’ils s’effondrent sur la courroie les emmenant dans une “bin” un peu plus loin. Il faut approximativement une demi-heure pour décharger un camion de 25 tonnes, ensuite 20 minutes de pause le temps qu’un autre camion arrive. Mais ne vous méprenez pas, c’est excessivement physique. Et en plus du reste, les horaires sont fous, entre 10 et 15 heures de travail par jour, parfois de 1h de l’après-midi à 4h du matin. Respect !

1/2h pour rentrer jusqu’au backpack vie Sorell St que je connais déjà trop bien, je décide de prendre une autre rue… c’est comme ça qu’on pimente ses jours à Devonport ! J’ouvre grand mes yeux afin de ne pas rater les éventuelles voitures à vendre, et je fais bien. Une Mitsubishi Magna Station Wagon est à vendre à 2500$. C’est fort cher, mais aucun détail n’est indiqué. Je prends le numéro et continue ma route. Je suis déçu tous les jours du manque de voitures à vendre sur le net. Gumtree, le site incontournable des petites annonces n’a en stock que quelques très vieilles voitures, beaucoup trop chères pour ce qu’elles sont. Il faut que je prenne mon courage à deux mains et téléphone à ce supposé australien pour avoir des renseignements sur la voiture.

Je mettrai un peu plus d’une semaine à téléphoner, je déteste le téléphone car je ne comprends pas la moitié de ce qu’on me raconte et la plupart du temps lorsque je leur demande de répéter, ils rebobinent leurs phrases et répètent exactement de la même manière… inutile. Simon veut bien téléphoner pour moi et prendre quelques renseignements en vue de faire un drive test. Vu qu’on ne sait pas ce qu’elle vaut, et qu’on a du temps à tuer… François, comme Simon il s’y connait en voiture, ce qui est plutôt pas mal pour mes affaires. Simon tombe sur la messagerie… tant pis, on essayera une autre fois. Mais 3 minutes plus tard, mon téléphone sonne et je suis donc obligé de décrocher.

Un homme, avec un bel accent commence quasi instantanément à me décrire toutes les pièces du moteur ayant été changées dernièrement. Hum… déjà que j’ai du mal à comprendre une conversation normale, mais alors si il me parle de culasse, d’alternateur ou autre, je vais être paumé. Bref, je me débrouille plus ou moins et crois comprendre que je peux aller voir la voiture maintenant. On tente le coup et allons jusque là.

Surprise, le prix annoncé sur la voiture est passé à 1800$. En admettant que cette voiture soit une bonne affaire, j’avais déjà une réduction assurée de 700$, et c’est tant mieux pour 2500$ il aurait fallu qu’elle soit vraiment très bien. Le vendeur n’habite pas là, mais une dame ronde expirant la fumée de sa cigarette, typiquement “bogan” (terme pour désigner un beauf/baraki ici), nous ouvrira la voiture pour qu’on inspecte toutes les surfaces. Enfin, “on”, pour que François et Simon fassent l’analyse, moi je ne peux rien faire d’autre qu’ouvrir les portières et m’asseoir derrière le volant.

Le compteur affiche 174 000 kilomètres, c’est vraiment très peu pour ce prix. Sur Internet les voitures au même prix ont 300 000 dans le ventre. François lui-même a acheté la même voiture que celle que nous inspectons pour quelques centaines de moins, mais 60 000 kilomètres en plus. Les pneus sont en bon état, l’intérieur aussi. Elle est malheureusement automatique, mais on va pas faire le difficile. A quatre avec le propriétaire, François derrière le volant, nous partons pour le test drive. Mis à part que le démarrage est difficile elle l’air de vraiment bien rouler, les freins sont en bon état aussi. Et tout un tas d’autres trucs que Simon nous traduit au fur et à mesure car nous ne comprenons pas grand chose à ce que cet australien raconte.

Notre force, le français. Au moment où on se retrouve au point initial et que la voiture est adjugée intéressante nous parlons ensemble du prix que nous pourrions proposer. N’ayant pas confiance en mes talents de négociateur, François annonce 1500$. Le vendeur tire instantanément la gueule. C’est compréhensible d’ailleurs, il avait changé le prix initial de 2500$ aujourd’hui même. Il est conscient qu’il faut changer la batterie et nous propose 1600$. J’accepte !

Je retourne le lendemain avec cette somme en cash. On remplit le document de transfert de rego. Me voilà propriétaire ! Un grand merci à François et Simon car grâce à eux je sais que je fais une bonne affaire, même une très bonne affaire. Le lendemain je ferai les frais d’une nouvelle batterie, 145$ cette saloperie… Avec le coût du transfert et le reste cette voiture me coute 1800$, je ne pouvais pas espérer mieux.

Back off – The bitch bites

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