Il est 9h. Je fais mon sac et m’apprête à descendre rejoindre Roeland pour notre dernier petit déjeuner partagé. On a pris l’habitude de faire nos courses ensemble et de nous préparer déjeuners, lunchs ou diners. Ce matin, nous devons finir ce qu’il nous reste, ce qui nous fait 4 saucisses, quelques toasts et des oeufs. Un sacré petit déjeuner ! Autant je ne déjeune jamais en Belgique, autant si les petits déjeuners étaient chauds avec du bacon, des oeufs et des saucisses je déjeunerais tous les jours.

4 saucisses plus loin, nous échangons nos numéros de téléphone et prenons une photo de notre petit duo. Il m’accompagne, moi et mon sac qui semble pesé 20kg de plus qu’à l’arrivée, jusqu’au terminal des Greyhound Bus. Cette compagnie est connue pour ses nombreux cars circulant entre les grandes villes du continent. Le ticket pour aller jusqu’à Canberra m’aura couté 35$ ce qui apparemment est le tarif le plus élevé, en même temps je l’ai acheté la veille.

Première et dernière poignée de main, les adieux sont faits.

Je passe mon check-in, autrement dit je reçois mon numéro de siège griffoné sur ma réservation, et attends mon car. C’est étrange comme le fait de me retrouver à nouveau seul me procure de l’émotion, ce n’est pas la première fois que ça m’arrive et ce n’est très certainement pas la dernière. Vivement que ce bus arrive, que je monte dedans et en descende à Canberra où je rejoindrai Hadrien, un vieil ami belge.

Le car part à l’heure, et malgré une boite de vitesse qui semble jouer des tours à notre chauffeur tout se passe plutôt bien. Le car n’est pas fort rempli, ce qui est une chance car les sièges ne sont ni très grands, ni très confortables, j’aurai au moins le loisir de pouvoir remuer sur mon siège sans gêner un voisin.

Ce n’est qu’au bout de 30 minutes que les tunnels en direction du countryside laissent à nouveau place au ciel bleu. Première constatation, une perruche géante, que je pensais être une fidèle habitante des Botanic Gardens, compte les voitures depuis le haut d’un arbre le long du freeway. Il faudra que je me fasse à l’idée que ces animaux dits exotiques ne le sont pas ici.

Le long des 300km qui séparent Sydney de Canberra, je n’observerai pas beaucoup d’animaux. Et même si la faune la plus variée que j’ai eu à observer se trouvait dans mon interprétation de la forme des nuages, quelques bestiaux ont retenu mon attention. Au-delà des boeufs, vaches et autres chevaux qui me laissent indiférent, un oiseau d’à peu près la taille d’un merle affichant fièrement une poitrine de couleur rouge vif me tape à l’oeil. J’observerai aussi mon premier kangourou… du moins c’est ce que la forme de sa carcasse me laissera deviner. J’avais appris avant mon départ qu’il n’était pas rare d’en voir le long de la route à redevenir poussière.

A mesure qu’on s’enfonce dans le territoire le ciel devient plus sombre et déjà quelques gouttes de pluie viennent perler sur le pare-brise du chauffeur. La flore quant à elle ne change pas vraiment.

C’est sous ces quelques grosses gouttes humides que j’accompagne Hadrien jusqu’à sa résidence. Nous papoterons plusieurs heures, préparerons la suite du voyage et rigolerons comme nous n’en avons plus eu l’occasion depuis presqu’un an. Nous resterons à Canberra jusqu’à mardi ou mercredi prochain.

Pour vous donner une idée de grandeur, j’ai parcourur 300km en près de 3h15. Un saut de mouche correspondant à la traversée nord-sud de la Belgique. Et je n’ai même pas vu le temps passer !

Ten million fireflies

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