Confortablement installé sur une des banquettes de la bibliothèque de Perth, j’utilise la connexion WiFi de mauvaise qualité. Me loger gratuitement serait une bonne chose. Bien entendu parce que ça coute rien, mais aussi parce que cela me laisserait du temps pour chercher du travail sans être pressé. C’est pour cette raison que je vais à nouveau tenter le CouchSurfing.

Contraire à tout ce que les membres demandent, je me lance dans une série de copier/coller. J’ai ciblé les membres récents, qui n’ont pas trop l’habitude du CouchSurfing, n’étant généralement pas ciblés par les utilisateurs du site. C’est alors que je suis encore en train de contacter les 14 hôtes potentiels que je reçois un SMS. Jim souhaite avoir plus d’information et après un bref coup de téléphone, c’est assis dans sa voiture que nous échangerons réellement.

Ce petit asiatique accroché à son téléphone portable, à l’attitude un peu effeminée, se sens seul. Dans la première minute, il m’explique qu’un très bon ami à lui vient de quitter le pays. Un backpacker français rencontré quelques semaines plus tôt avec lequel il avait eu une chouette relation. En lisant entre les lignes, je me rends vite compte qu’il se sent seul et déprimé. Il idéalise les backpackers et la vie au-jour-le-jour que nous avons.

C’est dans son living qu’il accepterait de me laisser dormir pendant deux semaines. J’avais été très clair dans mon annonce, une période de moins de deux semaines ne m’intéressait pas. Cependant, il dormira lui aussi dans son living car il loue les deux chambres de son appartement. M’inquiétant de l’espace dans lequel je devrais vivre, il me propose de passer vois chez lui, à Tuart Hill.

C’est à une quinzaine de minutes du centre que nous nous rendons à bord de sa petit voiture rouge. Sur place, il me désigne le matelas dont il se sert, pointe l’autre côté du canapé qui serait mon espace. Il m’offre une bière et me propose de me faire à manger, ce que je ne refuse bien évidemment pas. Ensuite, comme j’avais mentionné ne pas encore avoir vu la plage de Scarborough, il m’y emène avant de me redéposer en ville.

En le saluant, je lui précise que je vais réfléchir et le recontacter le lendemain. A ce stade, je me demande si c’est une bonne idée de “combler” le vide dans la vie de ce bonhomme. Qu’attend-il de moi ? Il m’a bien accueilli et j’ai presque eu l’impression qu’il essayait de m’acheter en agissant comme il l’a fait. Le monde à l’envers, c’est lui qui veut m’héberger au final, et moi qui doit accepter ou pas.

J’accepte. Un peu étrange, mais je me sens OK à l’idée de jouer l’ami et de combler son manque de vie sociale. Après tout, deux semaines gratuites et un accès à Internet décent m’arrangent, d’autant plus que je peux à tout moment partir de chez lui et retourner dans une auberge.

Quelques jours plus tard, il passera me prendre en ville, m’hébergera, et me confiera les clés de son appartement.

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