Bizarre d’être à nouveau dans l’auberge. J’ai choisi d’y retourner quelques jours en attendant de prendre le ferry car c’était plus intéressant financièrement. Je m’étais aussi mis en tête que je trouverais peut-être quelqu’un pour m’accompagner vers l’ouest, mais ça ne sera pas le cas. Pas vraiment agréable de retourner dans ce backpack alors que tout le monde travaille et que la plupart des amis que j’avais sur place sont partis durant les deux dernières semaines.

Ces trois jours de libre me permettent de faire checker ma voiture. Depuis que je l’ai j’ai roulé 2500km et c’est maintenant que je constate le petits problèmes. Au niveau de la consommation, je n’ai pas trop à me plaindre car je tourne à 10 litres au 100 à condition de faire des longues distances. Pour le moteur, il se trouve que le “timing” (terme anglais pour désigner les tours/minute) a quelques défauts. Lent de base, maintenant lorsque je tente une marche arrière ou que je m’arrête à un feu rouge j’ai une chance sur deux pour que le moteur cale. Les désavantages des automatiques…

C’était bien désagréable à Hobart lorsque le moteur s’est coupé alors que je devais m’engager dans une voie importante tout en étant en pente… non seulement c’est dangereux, mais en plus très ennuyant… je la déposerai le matin de mon départ chez le “mecanic” pour qu’il vérifie tout ça. Je m’en sors pas trop mal avec une facture de 140$ comprenant la vidange (que je voulais faire), le réglage du problème et deux nouveaux essuie-glace que ce cher garagiste a tenu à changer. Je n’y connais pas rien en voiture, ni en tarifs, mais d’après ce que j’ai entendu dire les australiens sont pas aussi arnaqueurs que les mécaniciens d’Europe. Ces derniers vous changeraient les plaquettes de frein sous prétexte que cela est lié à la fumée sous le capot.

Ce soir il y a beaucoup de vent et je risque de le sentir passer à bord du Spirit of Tasmania. Ce ferry est le seul qui fasse le lien entre Melbourne et Devonport. En effet, la mer est très agitée et je ne m’aventurerai qu’une seule fois dans les couloirs, titubant à la manière d’un alcoolique en fin de journée, je préférerai rester allongé dans mon siège incliné. Tant que je suis à l’horizontale je me sens bercé. Une fois debout ma tête commence à tourner. Je ne comprends définitivement pas les passagers qui mangent au restaurant ou s’amusent dans le mini-casino du bateau.

C’est après une bonne dizaine d’heures, pendant lesquelles j’ai même réussi à dormir, que 6h30 sonne le débarquement des automobilistes. Me voilà plongé, dans la pénombre de l’aube, dans Melbourne… horreur pour moi, circuler dans une grande ville inconnue, sans carte ni aucune information de direction à prendre je m’aventure vers St Kilda. Je me suis dis que je pourrais peut-être trouver quelques compagnons de voyage pour aller jusqu’à Adelaide en passant par la Great Ocean Road. M’aidant de mon Lonely Planet et sa mini-carte, je finis après un temps infini par trouver St Kilda. Il faut maintenant se parquer… plus léger de 3$, j’abandonne ma voiture sur un parking payant et me met en quête de deux choses : une carte, un hostel.

Je ne trouverai ni l’un, ni l’autre, mais je serai intelligent de m’arrêter dans un supermarché et d’attraper quelque chose à manger. Une heure plus tard, après avoir suivi les indications en cascade des différents magasins, je retourne à la voiture sans carte. Fuck that ! C’est décidé, je prends la route pour Geelong, départ de la Great Ocean Road, et seul ! J’ai cru apercevoir une indication de Highway depuis le ferry. Je retourne donc sur mes pas, prends la highway dans la mauvaise direction, fais demi-tour après 20 kilomètres et me voilà en route !

Je me poserai à Torquay, ville énormément connue pour son surf et ses nombreux magasins vendant des planches, j’avalerai un morceau de pain en observant des surfeurs de tous ages et niveaux prendre les vagues. Juste à temps avant que le temps se gâte, je reprends la route. Je roulerai jusqu’à Apollo Bay, petite ville ayant plus de lits que d’habitants, et trouverai refuge dans le Surfside Backpackers. Le soir, je lirai mon livre en observant les vagues depuis la fenêtre du lounge.

Le temps est à ne pas mettre un chat dehors, il pleut ! Je n’ai pas vraiment de destination, mais je suis content d’une chose. Cette route et ses fameux lookout, je les ai déjà vu il y a quelques mois avec Hadrien. Une chance car ce n’est pas aujourd’hui que je me réjouirai de me retrouver devant les 12 apôtres. Je décide de pister le koala suivant les indications de la propriétaire de l’auberge. Cette chasse se déroule plutôt bien car il suffit de se garer aux mêmes endroits que les touristes qui regardent la cime des arbres pour les trouver. C’est de cette manière que je me retrouverai seul face à un koala à moitié trempé par la pluie à un mètre de moi. Je pourrais m’approcher et le chatouiller, mais ses longues griffes ne m’y incitent guère. Il me regardera d’un oeil mi-clos dans lequel je pouvais lire “vas-tu me laisser dormir ?” et “what the fuck are you looking at?” selon l’angle de vue.

Warrnambool, ville de 32 000 habitants et ma dernière étape de la journée. Bien que j’ai fait une halte aux Twelve Apostles -ce qui m’aura valu d’être trempé, mais néanmoins enchanté de voir cet espace toujours aussi beau, malgré le temps- et à part quelques stations service, c’est dans le McDonalds de Warrnambool que je fais halte après avoir acheté altas et carte à côté. Un coca et me voilà sur Internet. C’est magique, la plupart des McDonalds du continent offre le WiFi gratuit. Je fais quelques vérifications et me dirige vers le seul backpacker de la ville.

Entre temps, je fais un petit arrêt chez un garagiste car ma voiture commence à refaire le même genre de problème, mais de manière légère. N’ayant pas envie de prendre des risques, je questionne le professionnel sur les raisons pour lesquelles se problème pourrait survenir. Je n’ai pas bien compris ce dont il s’agissait, mais après avoir ouvert le capot, il chipotera à une vis (qui n’est pas celle de la pédale d’accélération) et je me retrouve avec une voiture qui semble avoir une accélération bien plus importante et un moteur moins ralenti. Je crois comprendre qu’il s’agit d’un réglage sur la quantité d’huile utilisée dans le moteur…

Pensant que j’aurais un lit dans un dortoir de 16 personnes, je suis agréablement surpris d’apprendre que seuls deux lits sont occupés dans la chambre qu’on me propose, et encore mieux, il n’y a que 8 lits. La plupart des personnes dans ce backpack sont de passage pour la nuit, quelques-uns travaillent et logent ici, mais la majorité sont sur la fin ou le début de la Great Ocean Road.

Dans l’ambiance très familiale du séjour, j’essaie de planifier la suite de mon voyage. Je peux tout faire et cela m’empêche d’avoir les idées claires. Continuer, m’arrêter ici, visiter un parc national non loin, rester en HelpX chez quelqu’un, aller à Adelaide, prendre des cours de surfs, … difficile ! Je dois définitivement moins penser et plus agir !

Je prends une nuit de plus dans l’auberge pour mettre mes idées au clair, et après avoir appris qu’il n’y a pas de cours de surf en ce moment dans la ville, avoir été renseigné un host sympathique pour le HelpX, l’avoir contacté et ayant reçu une réponse de sa part, ma décision est prise ! Je resterai encore deux jours à Warrnambool avant de passer une semaine dans ce petit vignoble. Si j’avais pu y aller plus tôt je l’aurais fait, mais c’est impossible pour eux.

Après ça, on verra !

Photo 1 : Great Ocean Road
Photo 2 : Le koala !
Photo 3, 4 : Les 12 apôtres

Repère temporel : 22, 23, 24, 25 mars

PS : Félicitations à ceux qui ont lu ce bien long article !

« »