En route pour le 11ème jour de boulot. Je compte les jours avec une grande précision, le temps me semble long. Mes articulations souffrent de ce nouveau travail et me rouillent le moral. Je n’ai pas la motivation d’aller travailler, je dirais même que c’est plus fort que ça.

Une fois devant mes carottes, tous les moyens sont bons pour essayer de raccourcir la journée ou de la rendre plus attrayante. Je découpe les heures en dollars. 128 dollars composent ma journée, autant dire que la pause après les 32 premiers n’est jamais de trop. Une palette représente une heure de travail. Quoi que cela dépend du type de sacs que nous emballons. Cela dépend aussi de la machine car “la 3″ est notre monstre à tous avec son débit beaucoup plus important que les autres.

Toutefois, ce vendredi, je ne me retrouverai pas devant ma machine. Une rivière en crue nous empêche de prendre notre itinéraire habituel et c’est au bout de 15 minutes, perdus le long d’une autoroute que nous contactons notre superviseuse. Nous arrivons à échanger quelques mots avec elle, mais le manque de réception à cet endroit nous obligera à utiliser mon téléphone avec mon super opérateur super cher mais qui est le seul à bien couvrir la Tasmanie (Telstra). C’est suite à cet appel net que nous serons renvoyé chez nous. L’usine est évacuée.

Il se trouve que la dernière centaine de mètres pour arriver à l’usine est susceptible d’être inondée et qu’il serait dommage de ne pas pouvoir retourner chez soi après 128 dollars de travail. Il a plu pendant seulement trois jours et c’est déjà la merde… quoi que je pense que je n’ai pas trop à me plaindre comparé à tous ces pauvres gens qui sont (ou étaient) à Brisbane. D’après la caissière du Coles avec qui j’ai échangé quelques mots suite à son “Busy day?” il n’y trop rien à craindre pour que Brisbane s’écoule jusqu’ici.

Ce retour au backpack après un petit arrêt shopping est niquel ! Moi qui rêvait d’un jour off après quatre jours de pommade anti-inflammatoire, je suis aux anges. Je vais profiter de mon weekend de trois jours pour reposer mes mains et surtout mes poignets. C’est ce mouvement que nous faisons en finissant un sac pour le tasser par terre qui me les a ruinés. 20 kilos, maintenus du bout des doigts, frappés contre le sol et retenus à la force des poignets.

J’ai été trop happy trop vite. Ce matin, un message est affiché à l’accueil. Endroit typique pour les communications en tout genre, mais surtout concernant le travail. “Harvest Moon afternoon shift working on sunday morning at 7am”. Hurray ! Alors non seulement on me bousille le projet d’aller à Cradle Mountain pour la journée, une rando de 6h m’y attendait, mais en plus on doit travailler à 7h du mat’ alors que deux jours plus tôt on travaillait à 15h… je l’ai mauvaise !

Bref, on va savourer cette première journée de ciel bleu depuis une petite semaine de pluie. Petit passage à la plage, une demi-heure aller, trois quart d’heure sur place, une demi-heure pour le retour et j’ai déjà le nez rouge ! Il faut croire que la crème ne lutte pas contre ce soleil annoncé “extreme” en terme d’UV aujourd’hui.

Petit passage au centre de Devonport, il est 17h et les magasins sont déjà fermés. Le samedi n’est pas vraiment un jour de shopping comme j’en ai l’habitude chez nous. Deux cafés et une canette et nous voilà plantés sur un banc, au soleil, dans cette rue piétonne déserte. Les 22 000 habitants de Devonport sont bien cachés chez eux. Sur le chemin du retour, de l’animation nous fait faire un détour. Il s’agit d’un marathon. Une dizaine de coureurs tournent sur un parcours d’un kilomètre au plus. Nous ne regarderons qu’un de leurs passages avant de rentrer au backpack.

Une demi-heure plus tard, je suis ici, attrape mon portable et rédige ces lignes. L’étape suivante sera de les mettre sur le net.

Erratum : Je gagne un peu plus de 16$ net et non 17$ comme supposé. Je suis un peu plus taxé que 11%, sans doute 13% ou 14%. Peut-être est-ce du à une erreur de case dans un document à remplir… difficile à savoir.

Photo 1 : Arrivée imminente à Coles Beach après 25 minutes de marche
Photo 2 : Living du backpack
Photo 3 : Dining room avec ses frigos overloaded…
Photo 4 : Vue limitée de mon lit (au dessus) et des pieds de Biffman

Parcours

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