Il avance pas à pas, s’arrête sur chacun d’entre eux. Il les analyse à sa manière et décide ou non de les laisser continuer leurs courses. Sur ce tapis roulant, le chien de la douane renifle chacun des sacs des voyageurs. Il ne cherche pas d’explosifs, il ne cherche pas de drogue… il cherche des légumes, des fruits ou des aliments frais.

Mince, j’ai gardé mes courses de Sydney avec moi. Mon concombre et ma pomme sont dans mon sac, j’imagine que ce clébard va me dénicher… je n’attends pas de me faire avoir pour aller prévenir la douane de ce que j’ai osé transporter dans la soute de l’avion. Ce satané cabot est ravi, il a trouvé ce qu’il devait et est donc récompensé, et moi j’ai perdu mes vivres à prix d’or. Hobart, Tasmanie. La politique de quarantaine est encore plus ferme que lorsque je venais d’outre-mer.

Ravi de voir qu’il y a des réductions pour les membres YHA, je monte dans la navette en indiquant au chauffeur que je dois descendre à Salamanca. C’est mon point de rendez-vous avec Mike, le CouchSurfer qui m’offre un toit. Lui et moi n’avons pas défini de durée, ce qui est plutôt cool car je suis descendu à Hobart pour trouver du travail et je n’ai aucune idée du temps que ça va me prendre.

Assis sur mon banc, mon Lost Symbol au bout des mains, j’attends patiemment Mike. J’ai mis mon pull car le vent est frais et le soleil à moitié présent. La Tasmanie est encore plus au sud que le sud de l’Australie. Et qu’on se le dise, ici, le sud, c’est froid ! “Hey Fred”, c’est Mike. Américain d’origine et d’obésite, il me souhaite la bienvenue. Il a grandi à New York, et n’est à Hobart que depuis 6 semaines. Il se trouve qu’il est devenu le colocataire du CouchSurfer qui a décidé de l’héberger à Hobart. Et comme elle est en vacances, il y a de la place pour nous.

Au bout de 10 minutes en sa présence, j’avais fait la rencontre d’une demi-douzaine de personnes. Et plus tard, nous mangerons en compagnie de son autre CouchSurfer et de deux autres personnes. Cet aspect social est très agréable, mais pas toujours simple car une discussion en anglais ce n’est pas simple à suivre, et encore moins quand il s’agit de réagir.

Pour faire d’une histoire longue une histoire courte, je n’aime pas Mike, et il ne m’apprécie pas non plus. En tous cas, c’est ce que le contraste entre la façon dont il se comporte avec Bernardo et avec moi qui me le fait penser. Je resterai chez lui 4 nuits, ensuite je lui expliquerai que je m’en vais, que je vais rester dans le coin mais que je ne sais pas encore où.

Bien évidemment, je savais très bien où j’allais. J’avais réservé une nuit dans une auberge afin de savoir où débarquer une fois que j’aurais quitté sa maison. J’espérais trouver un travail plus vite mais mes coups de fil n’ont rien donné. Il faut dire que la saison de la récolte n’a pas encore commencé.

Décidé de ne pas rester à rien faire à Hobart, je contacte quelques hosts HelpX. Une demi-heure après on me rappelle en me proposant de venir me chercher le jour-même. J’accepte, très content de quitter Hobart et de cesser d’errer sans but dans cette ville, ma foi, fort petite.

J’ai fait quelques balades le temps de mon séjour chez Mike. Une d’entre elle m’a beaucoup plu, vraiment beaucoup plu. Elle donnait, du haut d’une forêt d’eucalyptus, un bel aperçu lointain de Hobart. La descente quand à elle ressemblait à une forêt pluviale. Dommage que j’ai du remonter Sandy Bay Rd de tout son long pour retourner d’où je venais.

Photo 1 : Battery Point
Photo 2 : Vue de Hobart depuis Mt Nelson (Signal Station)
Photo 3 : L’entrée dans Truganini Reserve (pour moi c’était la sortie)
Photo 4 : Un business à prendre ?

Cry me a river

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