J’ai rencontré Sarah à Esperance. Ayant un peu bavardé avec Melissa lorsqu’elle faisait ses fameuses crêpes, Sarah a appris que j’avais l’intention de partir vers Darwin une fois arrivé à Perth. Sans savoir à l’avance quels seraient mes plans, j’avais pris note de son numéro. Quand je me suis décidé à prendre la route vers le nord, jusqu’à Broome et pas Darwin, à deux plutôt qu’à quatre, j’ai contacté Sarah pour savoir si elle cherchait toujours un lift.

Nous partons ensemble ce matin vers Broome. Elle devra être là-bas à la mi-mai, ce qui est parfait car je souhaite prendre mon temps pour la côte ouest de l’Australie. Notre première halte sera Lancelin. Recommandée par Tim pour ses conditions idéales de surf, notre première impression est mauvaise. L’idée d’y rester pour prendre quelques cours ne m’attire tout d’un coup plus du tout.

Lorsque nous arrivons au centre d’information, minuscule, il est fermé et pourtant devrait être ouvert. Ce n’est qu’après avoir fait un passage via le supermarché IGA (hors de prix), et s’être renseignés pour un camping gratuit auprès d’une dame qui n’aura jamais compris que nous n’avons pas de caravane, que le centre d’information est ouvert. Une dame à la coupe carrée nous accueille sans prêter la moindre attention à Sarah. Je serai son seul contact, répétant les questions de Sarah pour en obtenir les réponses. Un camping gratuit ? Sous un air d’institutrice autoritaire fronçant les sourcis, elle nous aapprendra que nous devons être à 17km d’un village pour pouvoir rester “overnight” quelque part. Munie d’un stylo à bille bleu, elle tracera sur notre brochure un P, pour Parking, comme si nous apprenions à lire. Nous pouvons rester sur les aires de repos (ou P) 24h, mais pas plus !

Nous reprenons la route avec de la documentation pour 2 semaines d’aventures où, attention, les couleurs des pages correspondent aux différentes régions de l’Australie occidentale. “Si c’est bleu, vous regardez à bleu”.

Le regard inquiet, je scrute mon rétroviseur. Il semble que de la fumée provienne de la voiture… Sarah estime que c’est la saleté de mes vitres et rétros qui donne cet effet, mais je ne suis pas de son avis. Pas bien grave, après quelques minutes il n’y a plus de fumée. Nous nous arrêtons à un lookout un peu plus loin pour admirer la vue et (quand même un peu inquiet), je jète un oeil sous la voiture. Merde ! Il y a des traces d’huile. A la minute suivante je vérifie mon niveau d’huile… rien ! Pas une goute d’huile. Le “dip stick” n’indique plus rien.

Là c’est la merde. Sarah commence à se faire un sang d’encre car elle a déjà eu quelques pannes en Australie et ne tient pas à revivre la même expérience, surtout que son temps est compté. Moi je peste sur le garagiste en carton qui m’a affirmé que j’avais roulé sur un sac en plastique, et me demande quoi faire. Grace à mon unique barrette de réseau je passe un coup de fil. Je ne dois pas rouler sans huile, je voulais la confirmation. Quelques minutes plus tard, nous poussons la voiture sur le bord de la route et arrêtons la premire voiture qui passe.

Murray et Marguerita nous embarquerons pour aller chercher de l’huile à 40km d’ici. Dans leur immense gentillesse ils nous redéposeront à la voiture et nous escorterons jusqu’à Jurien Bay (à 60km) où se trouve un garagiste. A Jurien Bay la voiture “pisse” de l’huile et il aurait été impossible d’aller plus loin. Nous dormons à l’arrache dans la voiture dans l’espoir qu’elle sera réparable et à faible coût. Car il est certain que si ça coute trop cher… je ne la réparerai pas !

Repère temporel : 28 avril

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