Alice Springs c’est… comment dire… mort ! Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais sachant qu’il y a un aéroport et que c’est la seule ville au milieu de nulle part j’aurais cru logique qu’il y ait du monde. Et bien non ! Non seulement les routes sont goudronnées (je suis déçu ahah), mais en plus c’est craignosse et plein d’aborigènes.

En quelques mots voici ce qu’on m’avait dit sur Alice Springs avant que je n’y arrive. C’est un “Fucking Shit Hole” où il ne faut pas sortir le soir, ni laisser sa voiture dans la rue car le lendemain elle est bousillée. Il y a quelques tensions entre les “abos” et les “blancs”, et passant sur le fait qu’ils soient en grande partie alcooliques et sans emplois, ils doivent encore avoir une certaine rancoeur concernant le vol de territoire et la maltraitance que les australiens ont eu envers eux. En bref, “ne sortez pas le soir” et “faites gaffe” faisaient partie des principales descriptions de la ville que nous avions eues.

Je peux maintenant imaginer ce qu’ont pensé les colons de l’histoire du monde en rencontrant des gens qu’ils n’avaient vu nulle part ailleurs. On se retrouve à être très critique et à très vite juger une “race” qu’on ne connait pas. Tristement, je les décrirais comme des êtres aux traits préhistoriques, noirs, racrapotés par le soleil, aux cheveux longs ni raides, ni lisses, ni bouclés. Ils se retrouvent en groupe, allongés dans l’herbe, dans les quelques espaces verts de la ville, je n’arrive pas à distinguer ceux qui sont saouls de ceux qui ne le sont pas tellement leur démarche m’intrigue. Leur style vestimentaire ne colle pas du tout au notre, et ce, malgré le fait qu’ils portent les mêmes vêtements.

En bref, après ce qu’on m’a dit sur la région, les insécurités, les addictions à l’alcool et leurs visages particuliers, ils me font peur et je préfère les éviter. C’est absolument stupide, ils sont humains, mais moi aussi. Et ma réaction envers l’inconnu est probablement normale, mais décevante.

Pour enfoncer le clou un peu plus, lors de nos 20 premières minutes en ville, nous partons chercher à manger. Et au moment où je fais remarquer à Hadrien que c’est étrange de se retrouver seul “blanc” dans la rue, un énorme “Hey” arrive dans notre dos. Nous continuons à marcher, mais un deuxième retenti dans nos oreilles. Sentant un mouvement derrière nous, nous préférons continuer notre chemin et nous enfoncer dans la galerie commerçante. Ce n’est qu’après une bonne longue minute que plus personne ne nous suit. Une entrée en matière dans la ville qui nous aura vraiment refroidi. Il était 11h du matin.

Après notre nuit blanche à Melbourne, le navette, l’avion et le décallage horaire, j’ai fait une grosse sieste jusqu’à ce matin. Et aujourd’hui la ville m’a paru beaucoup moins hostile, même si je ne me sens pas très à l’aise. Cela dit, elle est toujours aussi morte. Je remarque aussi que le problème d’alcool dans le coin est tellement grand que pour en acheter dans un Liquor Shop il faut présenter ses documents d’identité qui seront enregistrés. Les quantités d’alcool sont limitées et il est interdit de vendre de l’alcool entre 11h30 et 14h00 si ce n’est pas accompagné d’un repas.

En bref, si il n’y avait pas Uluru, je pense que ce coin ne vaudrait absolument pas la peine d’être vu. L’outback doit être absolument fabuleux, mais ça je vous le dirai après mes 3 jours d’expédition qui commencent demain matin. Je n’aurai très certainement pas de réseau, ne vous attendez pas à avoir de mes nouvelles avant le 27 novembre où je serai de nouveau de retour à Alice Springs.

Visuellement, la rivière qui borde Alice est sèche toute l’année, le ciel est bleu sans nuages, il faisait 36° à 17h, les batiments ne dépassent pas deux étages (rez de chaussée compris) et, malgré la chaleur, il y a de la verdure.

Pendant que j’écrivais ce billet, une espèce de cafard a débarqué de je-ne-sais-pas-où dans la chambre et est venu m’embêter en pleine écriture. Ca me rappelle, ce matin, lorsque j’ai vu la fourmi agripée à la barre du rideau de douche, m’observant en essayant de garder l’équilibre.

NB : Je ne dénigre pas les aborigènes, je ne les connais pas. J’essaie de retranscrire au mieux mon sentiment de première impression.

Ordo Ab Chao

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