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Archive for February, 2012


Le “retour chez kangourous” -comme disent tous les européens- c’est aussi retrouver les amitiés laissées derrière. Non seulement je retrouve Jim, mais François me réserve la surprise de passer à la maison le soir de mon arrivée. Il est accompagné de Sasha, Steve et Eriko. Tous venus jusqu’ici depuis la Tasmanie et ayant chacun fait un break en allant soit en Europe ou en Asie.

Dans les semaines qui suivent, je passerai énormément de temps en leur compagnie. A tel point que je les vois presque plus que Jim avec qui je vis.

Un samedi matin, nous nous retrouvons chez eux, à Fremantle, pour un départ vers l’improviste. A borde de la bonne vieille Magna tasmanienne de François, le Sud devant nous, nous bouffons du kilomètre sans trop savoir où nous ferons halte. Sasha n’est pas de la partie, contre son gré car elle n’a pas pu se libérer de son travail. Elle s’est, bien entendu, opposée au fait que nous partions sans elle, mais malgré l’engueulade qui l’attendra au retour, François a décidé que nous partions.

Plus bas sur la carte nous retrouvons Jan, ami de Steve rencontré en Tasmanie, le temps d’un saut dans la piscine du resort dans lequel il travaille, où François -le Crazy Guy comme le surnomme Jim- s’éclatera l’orteil en sang en jouant les acrobates.

Nous camperons sauvagement le bord de l’océan. Steve et Eriko dans la tente, moi et François à l’arrière de la voiture à descendre des bières jusqu’à ce que les étoiles s’évanouissent dans la clarté de l’aurore.

Réveillé quelques dizaines de minutes plus tard sentant les joggeurs passés à côté du coffre ouvert dans lequel nous sommes allongés, je me lève et les laisse dormir. Je pense qu’il serait judicieux de bouger avant qu’un ranger ne passe, mais ma paranoïa passera mal à 5h et demi du mat’. Je pars donc me balader sur la jetée.

Je reviens une heure plus tard. Ils sont levés, mais pas du bon pied. Et pour cause, c’est un ranger qui leur a indélicatement indiqué qu’une amende de 100$ nous attend pour camping sauvage. Notre moral remontera avec les souvenirs du magnifique, bien qu’inattendu, feu d’artifice de la veille et la haute des vagues sur cette plage de surfeurs.

Esquiver les vagues est obligatoire pour ne pas de retrouver sous l’eau dans le tonneau. Passer en dessous est la meilleur et seule option, mais après en avoir esquivé quelques-unes, je décide de retourner sur le sable, plus rassuré. Une vague de 2 mètres ça rigole pas !

Nous rentrerons le soir, sans embrouilles techniques, ni femme trop mécontente. Un très agréable week-end comme il en faudrait plus souvent. Et ce malgré les coups de soleil inévitables sur ma peau blanche de belge en hiver.

Cela fait un poil plus d’une semaine que je travaille pour la bibliothèque de Perth. Ma mission est de, en trois semaines, documenter une application. Le développeur initial a changé de département et une documentation est absolument nécessaire pour permettre aux suivants de reprendre le travail là où le précédent l’a laissé.

C’est au milieu d’un open space que se trouve mon ordinateur, équipé à regret de Windows. Les gens sont très accueillants mais mon anglais a méchamment pris un coup et certaines phrases m’échappent dans un sourire maladroit. La moyenne d’age de mes collègues est dans la quarantaine, et l’équipe de geeks programmeurs n’est constitué que de moi et de Paul.

Porter une chemise au boulot est quelque peu nouveau, mais je pense qu’en t-shirt je dénoterais trop. Je suis aussi équipé d’un badge de sécurité qui me permet de me balader librement dans les couloirs de la Library.

Au bout d’une semaine, j’ai fini de constituer la documentation qui aurait du me prendre 3 semaines. Après vérification de leur côté, elle devra être approfondie ou non, mais cela ne me prendra pas encore deux semaines. Ce qui les enchante, car, ils m’ont budgétisé pour la documentation et utiliseront les semaines qui restent à me faire corriger des bugs.

D’après un de mes collègues, je devrais avoir encore du travail pour les 5 prochaines semaines. J’espère cependant passer plus de temps à écrire ou corriger du code qu’à écrire de la documentation. Documenter le code de quelqu’un d’autre n’a rien de très excitant.

A suivre…

Je me sens à la maison.

Le soleil perdu dans son ciel bleu m’accueille chaleureusement, si bien que mes Ray-Ban ressortent de mon sac après deux-mois et quelques de chômage intensif.

Je retrouve Jim qui a le sentiment que je ne suis parti que deux semaines plus tôt. Retourner vivre chez lui me procure certainement ce sentiment d’être chez moi car j’y ai une chambre, la mienne, que je paie et décore.

Durant mon passage en Belgique, on m’a souvent demandé ce que j’allais faire en Australie et après. J’ai mis du temps à mettre mes idées au clair, mais au jour d’aujourd’hui l’objectif est de travailler pendant 3 à 6 mois à Perth, idéalement en tant que développeur, pour économiser de l’argent et continuer ma route.

Quelle route ? Simplement terminer la boucle du continent, soit majoritairement le Nord et l’Est. Quoi que l’Est m’attire de moins en moins. C’est beaucoup plus peuplé et festif. Bien que la grande barrière de corail soit un passage obligé. Et ensuite, direction l’Asie. Sans aucune idée de là où je voudrais aller, j’ai envie de me balader par là-bas.

Je me donne un mois pour trouver un emploi en tant que programmeur. Sans être critique sur le boulot il ne me faudrait qu’une semaine pour commencer à travailler, mais je n’en ai pas envie. J’ai suffisamment d’argent pour ne pas de m’en soucier et mettre des carottes dans des sacs, j’ai donné. Dans le cas où je ne trouverais pas de boulot je remettrais mes plans en cause.

Entre-temps, afin de valoriser mon temps de sans-emploi, je m’achèterai un Macbook et affûterai mes compétences de programmeur pour iPhone. Ayant acquis un iPad grâce à quelques boulots, c’est l’occasion ou jamais de rentrer dans le milieu des applications dites mobiles.

Je ne commence la recherche d’emploi et le développement iOS que la deuxième semaine de mon arrivée. Il n’y a pas beaucoup d’offres pour le moment, mais j’obtiens une interview à la bibliothèque du Western Australia. Levé à la bourre, mon réveil m’ayant joué des tours, je n’aurai que 15 minutes pour me préparer. Il est évidemment exclu de prendre 5 minutes pour raser ma barbe de 5 jours et de repasser ma chemise. Je fais le choix d’être à l’heure et j’y serai !

Quelques jours plus tard je me vois offrir le poste. Le contrat initial avec la State Library n’est que de 3 semaines, et serait éventuellement prolongé de 3 autres semaines, mais cela s’arrêtera là. Le salaire est très attractif et j’avoue que de travailler pour le gouvernement avec un statut de backpacker me fait délirer. J’accepte.

Il m’aura donc fallu une semaine pour trouver un travail. Je ne commencerai à travailler qu’une semaine après, ce qui tombe à pic pour mon développement iPad et pendre quelques nouvelles chemises dans ma garde-robe.