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Archive for July, 2011


Vous l’aurez sans doute déjà entendu, ou compris en lisant mes articles, ici la vie est chère. En faisant la rapport des choses à l’Euro, on sera vite surpris du prix d’un pain, d’une canette ou d’une pomme. Les éléments les plus basiques peuvent atteindre des prix fous. Cette année, c’est le cas des bananes qui atteignent plus de 13$/kg (10€).

Depuis mon arrivée, je tiens des comptes précis de mes dépenses, ceci en prévision de cet article. J’ai suivi toutes mes dépenses à l’exception de la nourriture quotidienne (hormis les fast foods, restos que je considère comme extras). Maintenant que je suis posé pour plusieurs mois à Perth et que mon train de vie n’a plus rien avoir avec celui d’un backpacker, je ne suis plus mes dépenses. Il est donc grand temps de vous donner une idée du coût de ma vie au cours de ces huit premiers mois.

Le budget du backpacker

Le logement

3.595 AUD

Certainement ce qui coute le plus. Le prix moyen d’une nuit en auberge est de 24$ selon le lieu et la durée de votre séjour. Les campings (non gratuits) coutent de quelques dollars à plusieurs dizaines ce qui ne rend pas toujours cette solution plus avantageuse si vous voyagez seul. Sur une période de huit mois, j’ai passé près de 150 nuits en auberges et campings.


Le transport

833 AUD

Avant d’acheter ma voiture, j’avais recours aux transports publiques. L’Australie c’est grand, et si vous souhaitez sauter d’un bout à l’autre, la solution la plus économique sera l’avion. Il arrive même que cela soit plus avantageux que le car pour les petits trajets. Faire du stop et trouver des lifts est évidemment encore mieux.


La voiture

3.962 AUD

Certainement très onéreux, cette achat vous donne la liberté d’aller où vous voulez, et d’y rester autant de temps que vous le voulez (contrairement aux locations). Attention aux pannes, frais inattendus et au coût de l’essence. Achetée 1.600$, ma voiture m’a coûté près de 1.000$ de réparation et 1.350$ d’essence (2.200$ partagés). Je m’en suis séparé pour 800$, ce qui couvre à peine le prix de la Rego (540$). J’ai parcouru 14.000km.


Le tourisme

978 AUD

Je n’ai fait que 3 excursions organisées mais cela représente 80% de cette rubrique. Le reste n’étant principalement que le prix d’entrée des parcs nationaux. Les “tours” coûtent de 100$ à plusieurs milliers selon ce que vous choisissez. Si vous n’avez pas vos propres roues, vous serez contraints de payer le prix.


 

Vie pratique

965 AUD

Du dentifrice aux vêtements de travail en passant par Internet et votre crédit téléphonique, tous les frais quotidiens auxquels vous devrez faire face mais qui ne rentrent dans aucune rubrique particulière.


Les extras

1.167 AUD

Rester huit mois sans faire d’entorse au règlement, pas trop pour moi. Les sorties, l’alcool, les restos ou les fast foods, et tout ce qui aurait pu ne pas être dépensé.


Total

11.500 AUD

Soit approximativement 48$ par jour. Rajoutez 10$ par jour pour vous nourrir (en étant sage).

Conclusion

La vie est chère, mais le salaire que vous gagnerez l’est d’autant plus. Si vous obtenez un boulot stable et faites vos 40h par semaine, vous serez généralement en mesure d’économiser 400$ par semaine en vous serrant un peu la ceinture. Le travail au rendement est beaucoup plus difficile, parfois très rentable, parfois pas du tout. J’ai gagné 6.075$ en travaillant 10 semaines en usine.

Si comme moi, vous venez avec un petit matelas d’euro, vous aurez peut-être la chance de ne travailler que 10 semaines sur une période de 8 mois. Attention tout de même qu’à la fin il ne me restait plus grand chose !

Après avoir passé deux semaines chez Jim avec l’excuse d’être CouchSurfer, se posait la question de savoir où j’allais aller ensuite. De retour du supermarché où nous allons désormais ensemble, je lui confie que ça ne me deplairait pas de rester chez lui, mais cette fois en payant quelque chose. Jim n’apprécie pas trop de devoir prendre des décisions, il me demande un temps de réflexion.

Quelques jours plus tard, je lui demande où il en est dans sa réflexion car je dois pouvoir me préparer à bouger si nécessaire. Il m’autorise à rester dans son appartement tant que je n’ai pas trouvé de boulot, mais m’invite à participer aux charges à hauteur de 35$ par semaine. Ce type est trop gentil et ça m’agace, n’ayant pas du tout envie d’abuser de sa gentillesse, je lui propose de le payer 10$ par jour. Pas plus car je n’ai pas de chambre à proprement parler, mais cette somme me semble plus que raisonnable. Il me répond: “Bon, tu sais quoi, 50$ par semaine et on en parle plus”. Il est incroyable !

Incroyable, je m’en étais déjà aperçu lorsqu’il m’avait organisé ma fête d’anniversaire. Après m’avoir invité au resto en compagnie de ses nombreuses copines, c’est dans une soirée karaoké “asiat style” que je me suis retrouvé. Pour cette soirée, il s’était fixé un objectif. Me saouler. Il voulait que je boive à tel point que je ne me rappelle de rien… Il a réussi. Avec l’aide de ses nombreux amis qui m’ont tous tendu un “shot” pour trinquer avec eux, j’ai perdu conscience de ce qui se passait assez vite. Pas bien fier le lendemain, Jim était (et est encore) ravi.

Après avoir trouvé un travail et que Sumit, notre colocataire indien, ait libéré sa chambre, je suis devenu un flatmate officiel. J’ai ma propre chambre minuscule, et paie mon loyer comme tout le monde. Cela ne change rien au fait que nous faisons toujours nos courses ensemble et que notre autre colocataire se cache toujours autant dans sa chambre.

Jomar est un personnage bien curieux. Voire inquiétant. Quoi qu’entre le moment où il jète un coup d’oeil rapide dans le living pour voir qui s’y trouve, ou le moment où il détourne le regard et fait semblant de s’intéresser à quelque chose, je ne sais pas lequel m’inquiète le plus. Le reste du temps, il est sur Skype avec sa famille aux Philippines ou en train de jouer à un jeu qui fait trembler les murs. Dans ses soirées mornes, Jim lui emprunte un film ou l’autre. Et maintenant, j’ai compris, il achète les films dont le scénario est le moins plausible au monde.

Jim est terrific ! Je crois que je n’aurais pas pu mieux tomber. Certes, je vis en Asie plus qu’en Australie et ne rencontre que d’autres asiats. Les nouilles n’ont plus de secret pour moi et bientôt j’attraperai les mouches avec mes baguettes. Mais à côté de cela, il me prête sa voiture, est intéressé, maléable et ouvert d’esprit. Si je n’insistais pas, je ne payerais pratiquement rien. Lorsque nous avons parlé du prix de la chambre, il m’a demandé plusieurs fois si ce n’était pas trop pour mois car il faut que je mette de l’argent de côté pour continuer à voyager. Et entre nous, lui qui connait mon salaire, devrait se rendre compte que c’est loin d’être trop pour moi.

Au boulot, tout se passe très bien. Simon vient tous les jours me chercher une demi-heure en retard. J’ai droit à un jour de congé payé par mois, ce qui n’a rien avoir avec les jours de vacances auxquels j’aurai droit aussi. J’aime ce que je fais, et dans peu de temps un nouveau projet va débuter ce qui sera encore plus intéressant.

La seule chose qui m’effraie un peu maintenant, c’est de voir les gens partir. Bientôt, François, Sasha et Eriko, que je vois les weekends, reprendront la route. Antoine s’est déjà envolé, et d’ici quelques mois plus personne ne sera là. Je doute me lier d’amitié plus profonde avec mes collègues, mais nous verrons…

A côté de cela, mon niveau de vie me permet de faire des folies. C’est pourquoi le 17 septembre, je serai à Sydney pour deux jours. Cela fait des années que je veux aller à un festival, de musique détestée de tous mes amis, et que je n’en ai pas eu l’occasion. Cette année changera le sort, Defqon.1 prépare-toi !

Le rythme de parution de mes articles va encore se ralentir, mais gardez espoir, je compte pimenter mon métro/boulot/dodo.

NDLR : Vous préparez votre voyage en Australie ? Vous vous posez toutes les questions du monde ? Toutes les réponses à vos interrogations sur ce continent sont ici.

(English version below)

Ayant raté l’appel de Caren, la responsable des ressources humaines de ma dernière interview à Malaga, je la recontacte une fois à la maison. Heureuse de m’entendre, elle me confirme dans la seconde que je suis pris. Me donnant mon salaire sans me demander ce que j’en pense, elle m’informe de la période d’essai de trois mois. Après cette période, mon salaire sera revu à la hausse d’à peu près 10%. Que demander de plus ? Ce salaire me permettra de vivre comme un prince tout en épargnant plus d’argent qu’en Tasmanie.

J’accepte sa proposition et commencerai le lendemain. Pour ne pas me gacher la chance que j’ai depuis que je suis revenu à Perth, Caren m’informe que mon futur collègue, présent lors de l’entretien d’embauche, a proposé de venir me chercher car je suis sur son chemin. “Oh my fu#@ing God, so fu%*ing great !”. Cela m’épargne un périple interminable en bus. Il passera me prendre à 8h10.

Quelques minutes plus tard, je reçois un mail de Fremantle. “Have you taken a job yet?  If not, are you able to come and see me on Monday?  I have a project I want to talk to you about.”. Arf, il me recontacte un poil trop tard le Tony. A un moment, il faut prendre une décision et je l’ai prise. Ma réponse ira dans ce sens, et la sienne ne se fera pas attendre : “I’m very sorry to hear this – I have a project which I think is perfect for you, so if you’re interested, give me a call.”

L’appeler n’est pas dans mes projets, sauf si travailler pour Goods Galaxy s’avérait être une terrible erreur. Quoi qu’il en soit, je suis bien heureux d’être engagé par cette entreprise. Flatté qu’ils s’entichent d’un backpacker, malgré la première question à l’entretien : “Et qu’allez-vous faire à la fin de votre contrat ?”. Me voilà donc parti pour travailler un total de 10 mois à Perth. 4 mois sur mon premier visa, suivis de 6 autres si mon deuxième visa est accepté -ce qui est certain à 95%.

A plus tard pour les coulisses de mon travail. Oh, mais j’y pense, est-ce que je vous ai expliqué où je vis maintenant ?

NLDR : Toi qui lis cette page. Tu veux des infos en or ? Tu veux de l’actu en avant-première ? Tu veux des photos inédites ? Suis Un Belge en Australie sur Facebook (et aime).

English version

As I missed Caren’s call [...] I am now a Web Developer in Perth [...] 10 months [...] incredibly awesome salary. [...] Like me on Facebook!

Deux semaines. C’est le temps que je me donne pour trouver un job. Mais pas n’importe lequel. J’ai décidé de tenter d’utiliser mes compétences et d’avoir un boulot intéressant pour quelques mois. Etre un Web Developer à Perth pourrait être une expérience très enrichissante tant niveau professionnel qu’humain. Et même si certains me voient au pays des Bisounours… qui ne tente rien n’a rien !

Rencontrer Jim a été une bonne chose pour ma recherche d’emploi. Lors de mon premier passage chez lui il m’a renseigné un site Internet très prometteur. Armé d’une connexion de 24h à prix d’or au backpack, j’ai commencé à envoyer mes candidatures spontanées et CV sur seek.com. Je n’avais pas encore fini qu’une entreprise m’invitait à prendre contact avec eux.

Parler anglais au téléphone c’est pas ma tasse de thé, mais il semblerait que je n’ai guère le choix. Après m’avoir questionné sur mes intentions et mes compétences, il veut vérifier la qualité et rapidité de mon travail. Le lendemain matin, je devrai réaliser un site pour lui et le mettre en ligne. Il me faudra quelques trois heures pour assembler les éléments graphiques très moches que composent ce site de pompiers. Nous nous recontrerons quelques jours plus tard, il m’offre le poste pour une période de 6 mois avec un salaire de 40.000$ sur base annuelle… Je lui donnerai ma réponse dans les deux jours qui suivent.

Entre temps, j’ai une autre interview à Fremantle. J’ai un excellent feeling avec cette entreprise et sors très confiant de l’entretien. Après des jours d’attente interminable, Tony me recontacte et m’explique la situation. Il veut m’engager, mais ne peut pas car mon visa n’est pas permanent, cependant il va peut-être gagner un projet dans un futur proche et m’engagerait pour le réaliser.

Malgré l’incertitude d’obtenir le job de Tony, je décide de refuser l’offre que m’a faite la première entreprise. Je n’ai pas un bon feeling, le salaire est à peine plus élevé que celui que j’avais en Tasmanie et ma personne de contact m’avait déjà mis sous stress alors que nous ne travaillons pas encore ensemble. Toutes ces conditions réunies dans un engagement de plusieurs mois ne me conviennent pas.

Une de mes candidatures spontanées a porté ses fruits. Troisième interview. Cette entreprise a aussi l’air très intéressante même si le feeling n’est pas aussi bon. Le niveau du developpeur qui me questionne à l’interview est beaucoup plus haut qu’à l’habitude. Mes lacunes en Drupal se font très vite sentir aussi car je n’ai aucune expérience dans ce domaine et c’est le seul outil qu’ils utilisent. Ils décideront d’engager un permanent plus compétent dans le domaine.

La deuxième semaine arrive à sa fin. Je n’ai toujours rien de concret et attendre la réponse de Fremantle serait probablement une erreur. Je m’accorde quelques jours de plus pour m’inscrire dans les agences intérims spécialisées dans l’IT, sans savoir pourquoi je les avais ignorées avant. J’aurai une interview avec une d’entre elles, on m’apprendra que cela sera difficile de me faire engager sur du moyen terme. Même si j’ai découvert que je pourrais être engagé pour un total de 10 mois, il est peu probable que cela intéresse une entreprise locale. Un contrat temporaire de trois mois est plus à envisager. Quant au salaire, viser plus haut que 55.000$ à l’année serait rêver.

Finalement, j’ai une autre interview, mais cette fois pour une entreprise qui n’est pas spécialisée dans le web mais qui a besoin de développeurs pour travailler sur leur site de commerce électronique. Mes pieds de plomb m’accompagnent dans mon heure de bus jusqu’à Malaga. Devant Caren et Simon, le mauvais feeling que j’avais se transforme rapidement. Mes tâches seraient très intéressantes et variées malgré que tout ne tournerait qu’autour d’un seul site. Je montre un enthousiasme certain et cela a du jouer son rôle.

Dans l’heure, ils me recontactaient.
Et en rentrant chez moi -après 3h de bus car je me suis perdu, totalement perdu, si, si, vraiment perdu- je découvre un mail de Fremantle…