FMCorz Network

See also :

Archive for June, 2011


Confortablement installé sur une des banquettes de la bibliothèque de Perth, j’utilise la connexion WiFi de mauvaise qualité. Me loger gratuitement serait une bonne chose. Bien entendu parce que ça coute rien, mais aussi parce que cela me laisserait du temps pour chercher du travail sans être pressé. C’est pour cette raison que je vais à nouveau tenter le CouchSurfing.

Contraire à tout ce que les membres demandent, je me lance dans une série de copier/coller. J’ai ciblé les membres récents, qui n’ont pas trop l’habitude du CouchSurfing, n’étant généralement pas ciblés par les utilisateurs du site. C’est alors que je suis encore en train de contacter les 14 hôtes potentiels que je reçois un SMS. Jim souhaite avoir plus d’information et après un bref coup de téléphone, c’est assis dans sa voiture que nous échangerons réellement.

Ce petit asiatique accroché à son téléphone portable, à l’attitude un peu effeminée, se sens seul. Dans la première minute, il m’explique qu’un très bon ami à lui vient de quitter le pays. Un backpacker français rencontré quelques semaines plus tôt avec lequel il avait eu une chouette relation. En lisant entre les lignes, je me rends vite compte qu’il se sent seul et déprimé. Il idéalise les backpackers et la vie au-jour-le-jour que nous avons.

C’est dans son living qu’il accepterait de me laisser dormir pendant deux semaines. J’avais été très clair dans mon annonce, une période de moins de deux semaines ne m’intéressait pas. Cependant, il dormira lui aussi dans son living car il loue les deux chambres de son appartement. M’inquiétant de l’espace dans lequel je devrais vivre, il me propose de passer vois chez lui, à Tuart Hill.

C’est à une quinzaine de minutes du centre que nous nous rendons à bord de sa petit voiture rouge. Sur place, il me désigne le matelas dont il se sert, pointe l’autre côté du canapé qui serait mon espace. Il m’offre une bière et me propose de me faire à manger, ce que je ne refuse bien évidemment pas. Ensuite, comme j’avais mentionné ne pas encore avoir vu la plage de Scarborough, il m’y emène avant de me redéposer en ville.

En le saluant, je lui précise que je vais réfléchir et le recontacter le lendemain. A ce stade, je me demande si c’est une bonne idée de “combler” le vide dans la vie de ce bonhomme. Qu’attend-il de moi ? Il m’a bien accueilli et j’ai presque eu l’impression qu’il essayait de m’acheter en agissant comme il l’a fait. Le monde à l’envers, c’est lui qui veut m’héberger au final, et moi qui doit accepter ou pas.

J’accepte. Un peu étrange, mais je me sens OK à l’idée de jouer l’ami et de combler son manque de vie sociale. Après tout, deux semaines gratuites et un accès à Internet décent m’arrangent, d’autant plus que je peux à tout moment partir de chez lui et retourner dans une auberge.

Quelques jours plus tard, il passera me prendre en ville, m’hébergera, et me confiera les clés de son appartement.

Premières retrouvailles 2000km plus loin, un deuxième jour commence. Surprise de la rapidité de mon arrivée, c’est avec le souffle court que Sonja vient me chercher à la petite gare de Bassendean. Elle vit chez l’habitant dans ce quartier calme de Perth. La maison n’est habitée que par Rod, deux larges chiens, un chat capricieux et deux poissons rouges pas farouches. Les propriétaires sont en vacances.

J’aurais du rester là à partager un modeste lit d’une personne, mais comme rien ne pouvait se passer comme prévu, c’est dans une auberge que je déposerai mon bardas deux nuits plus tard. Ceci s’explique simplement. Le colocataire brézilien, ne souhaitait plus couvrir ma présence et les proprios ne souhaitaient pas m’accueillir dans leur maison.

La vente de ma voiture et tous les événements de ces derniers jours se sont déroulés tellement vite que maintenant c’est l’après-coup. J’ai perdu ma carapace. Etre posé dans une maison, ne fut-ce que pour quelques jours, m’aura permis de m’en rendre compte et de réfléchir à quoi faire ensuite.

Vendredi, cette végétarienne venue à Perth pour travailler sa thèse s’envole pour l’Inde. Sous la pluie, sur la jetée, mes idées sortaient du flou et prenaient forme. Je vais rester à Perth car changer de ville ne rime à rien. Chercher du boulot est donc ma première priorité et pour me donner du temps, je vais tenter de trouver un hôte en CouchSurfing.

A suivre…

Repère temporel : du 30 mai au 3 juin

Je quitte Karijini et me met en direction de Perth. Il me reste entre 1300 et 1400km, ce que je ferai sans doute en trois étapes. La première aire de repos est trop proche et il est encore trop tôt, je ne m’y arrêterai pas. Par contre, la deuxième se trouve très très loin, j’aviserai donc en chemin.

Dépasser un road train sur un route sinueuse, c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Après avoir attendu de longues minutes derrière ce géant, je me lance. Cet imbécile semble accélérer ce qui ne me rassure pas au vu du tournant qui se rapproche dangereusement. N’ayant pas envie de faire un face à face avec un autre véhicule, j’enfonce la pédale et dépasse le monstre.

Quelques minutes plus tard, une drôle d’odeur. Mon moteur fume… encore ! J’ai de la chance car je me trouve à 25km de Newman et espère donc que le moteur tiendra le coup jusque-là. A Newman, un samedi fin d’après-midi, je n’espère même pas demander son avis à un mécanicien et fais mon propre diagnostic. Je commence à un peu connaitre mon moteur et les problèmes récurrents qu’il m’impose. Première inspection, j’ai en effet perdu de l’huile, mais pas de trop. Je ne constate pas de traces d’huile sous le moteur ce qui prouve que cela doit fuir lentement. Autre inspection, la pression dans le moteur. Il y a en a trop.

C’était d’ailleurs la cause de ma deuxième panne et j’étais bien heureux que Greg en ait trouvé la raison. Cette fois je sais comment vérifier et je constate que la pression est plus importante qu’avant ce qui n’est pas bon signe. Il est possible que ce ne soit à nouveau que la valve qui soit bloquée, mais puisque de l’huile a fuit on peut se douter que le front crank seal a subit des dommages.

Ma réflexion sera rapide. Je n’ai pas envie d’attendre lundi pour un diagnostic. Je me trouve à 1200km de Perth. Faire réparer la voiture m’obligera à attendre dans cette ville pendant une semaine. C’est décidé, je vais la vendre ici et prendrai un avion dès que c’est fait.

Me renseignant à tous les endroits possibles de la ville, j’apprends que les gens qui veulent vendre leur véhicule le garent à un certain endroit de la ville et attendent. C’est donc là que je me trouve aux premières heures dimanche, à attendre que quelqu’un s’y intéresse. Il n’y a pas de backpacker dans le coin, c’est donc à un local que je devrai la vendre et je n’espère pas en avoir plus de 250$. Je suis tellement pressé et le moteur étant en mauvaise état que 500$ serait le rêve.

Sous les conseils du centre d’information et d’autres personnes, je vais aborder un groupe d’aborigènes. N’ayant pas eu le temps de dire autre chose que “Hi guys”, ils me demandent de l’argent. Seul dans une rue face à 5 types qui détestent visiblement les blancs, je m’échappe de la situation en lançant très vite “J’ai une voiture à vendre, ça intéresse quelqu’un ?”. “Venez voir, elle est juste là”. Et me voilà accompagné de 5 aborigènes dans mon dos, avançant plus lentement qu’un manchot en chaise-roulante, en direction de ma voiture. Je perds vite espoir lorsque le plus arrogant et plus saoul d’entre eux m’en propose 5 dollars et tente d’obtenir une des bières que j’ai encore dans le coffre.

Deux femmes s’arrêtent et me demandent combien je veux pour la voiture. Armé de mes talents affûtés de vendeur , je lance craintivement “Je serais VRAIMENT très heureux avec 1000$”. Surpris elles ne s’enfuient pas. Elles tournent autour de la voiture. Passent des coups de téléphone. Et finissent par s’en aller : “On va faire un tour, on verra si tu es encore là quand on repasse”. Il est 11h du matin et j’en ai marre d’attendre. Je ne veux absolument pas rester dans cette ville et je suis même prêt à donner cette voiture pour pouvoir partir.

Plus tard, elle reviennent. Surpris, elles m’informent qu’elles étaient parties chercher l’argent, mais qu’elles n’ont pas pu réunir la somme complète. “J’ai pu réunir 700$”. Négociateur en carton que je suis, je ne dis rien, je me tourne vers ma voiture, me retourne vers elle, fronce les sourcis. Sa copine dit quelque chose que je ne comprendrai pas. Mon interlocutrice enchaine ensuite avec “Bon, je peux t’en donner 800 vu que ma copine veut bien me prêter 100$”. Plus qu’heureux, je donne mon accord. Cette voiture vaut beaucoup plus, mais la faire réparer, attendre ici et la vendre à Perth ne m’en fera pas gagner plus.

Prenant tout ce que je peux sur mon dos en abandonnant le gros de ce qui m’appartient dans la voiture, je retourne au camping. Mon vieux voisin d’emplacement avec qui j’ai discuté est là et je lui demande gentiment s’il pourrait me déposer au bord de la route car j’ai envie de tenter de faire du stop. Il me demande si j’ai déjà vu le lookout de la ville et si ça m’intéresse de le voir. A ce stade, je n’en ai strictement rien à faire, mais je ne veux pas le vexer et accepte.

Mes paquets et moi au bord de la route, j’écris Perth sur un bout de carton et tend les bras. Le premier road train passe dans un bruit infernal et ne s’arrête pas. Je me tourne vers l’admirateur du lookout et lance “Les camionneurs ne s’arrêteront jamais”, il est de mon avis, me souhaite bonne chance et s’en va. La voiture suivante d’une petite famille n’ose même pas me regarder. Le véhicule suivant est à nouveau un road train. Il s’approche. Bizarre il semble être plus lent que les autres. Je fais un bon en arrière en m’aperçevant qu’il est en train de se garer sur le bord de la route.

Je n’y crois pas. Il ne peut pas s’arrêter pour moi. Cela fait à peine 20 secondes que je suis sur le bord de la highway avec ma pancarte minable. Je cours jusqu’à la cabine du chauffeur “Where you headed ?”. “Perth”. Il me fait signe de monter ! Ca c’est de la chance. Une fois dans son camion, j’informe qui de droit du numéro de plaque du chauffeur et tente la parlote.

Dans la première demi-heure j’ai bien cru qu’il ne parlerait jamais. Mais si, après avoir fait le plein et chargé un quad dans la remorque, il m’a posé deux ou trois questions. Ce personnage est étonnant. Ma présence ne lui fait apparemment pas plaisir. Et sans doute q’il préférerait même être seul vu à quel point il est maniaque. A chaque mouvement il vérifie ce que je fais. Son camion est plus propre et rangé qu’un bloc opératoire et doit visiblement le rester. Ce vieil homme de 62 ans aime conduire, fume comme un pompier et jette ses ordures et mégots par la fenêtre. En 24h nous ne parlerons pas plus d’une demi-heure.

Le reste du trajet se passera dans une ambiance de radio grésillante, de CB crépitante l’informant des véhicules larges à contre-sens et de ses inhalations de cigarettes. Je me rassure en me disant que si il parle si peu c’est sans doute à cause d’un cancer des cordes-vocales ou quelque chose comme ça. Sa voix n’est qu’une expiration, et, le pauvre, je le fais répéter chaque fois car je ne le comprends jamais du premier coup.

Il m’enverra passer la nuit dans le conteneur vide sur la deuxième remorque. Je n’y dormirai pas trop mal emmitouflé dans mon sac de couchage, lui-même recouvert d’une couverture trouvée sur place. Nous reprendrons la route à 6h du matin, avec encore 600km devant nous. Autant dire que dans le silence de la cabine, j’ai eu le temps d’admirer les aigles sur le chemin. Les oiseaux verts se déplaçant en groupe. Le dingo marquant son territoire. Les machines-pour-la-mine transportées par convoi exceptionnel de la largeur de la highway.

Les road trains n’ont pas accès à la ville et il ne peut donc pas m’y déposer. Je descendrai au dépot où il a donné rendez-vous à quelqu’un qui récupérera le quad chargé la veille. Je n’ai pas le temps de le remercier qu’il m’a déjà arrangé le lift avec le propriétaire du quad et s’en va en coup de vent. Ces gens me déposeront à Bassendean où je peux être logé pour quelques jours.

Il ne sera passé qu’un peu plus de 24h entre le moment où je vendais ma voiture et la porte de la maison à Bassendean. Me revoilà en ville, avec un peu d’argent et sans voiture. Retour à la case départ.

Photo : Ma piaule

Repère temporel : 28, 29 et 30 mai

Je n’ai pas le temps de faire demi-tour qu’il avait disparu. Le long de la route se trouvait un lézard d’un bon mètre. J’ai sauté sur mes freins trop tard car à mon retour ce géant jaune s’était enfui dans le bush.

Un fou rire. C’est bien la première fois que ça m’arrive en conduisant seul dans le désert. Un minuscule lézard s’est mis en tête de traverser avant mon bolide lancé à 110km/h. Debout sur ses deux pattes arrières, il est passé à la vitesse de l’éclair. Tel un cartoon, je pouvais voir ses bras élancés derrière lui et entendre un “aaaaaahh” de peur et d’adrénaline.

A côté du camping où je passerai la nuit dans le parc national de Karijini se trouve la première gorge. Il ne me faudra pas plus de deux heures pour l’explorer et m’y baigner. C’est devant une petite cascade que je choisirai d’enfiler mon maillot. L’eau est bien moins chaude qu’à Exmouth, mais après quelques jours sans douche, c’est extrêmement agréable.

Le jour suivant c’est au bout des 43km de route poussiéreuse que je visiterai la deuxième gorge. Et c’est ici que le parc devient réellement intéressant.

Me résigner à garder mes chaussures sèches.
Escalader la roche pour éviter les profondeurs.
Avancer en prenant appui sur les parois sur Spider Walk.
Me baigner dans une eau glaciale.
Admirer le soleil se frayer un chemin dans la gorge étroite.

C’était beaucoup trop court !

Photo d’illustration : Ce n’est pas moi, l’ombre, sur la droite, c’est la roche

Repère temporel : 27 et 28 mai

Where to Now?

Cette phrase était imprimée à l’arrière d’une caravane que nous avons suivi sur le retour vers la ville. La tête complètement ailleurs, j’ai raté la “sortie” et ne m’en suis rendu compte que 40km plus loin, à Roebourne. Un détour de 80 bornes, comme si j’avais de quoi m’offrir ce genre de connerie.

La journée sera remplie d’émotions, de réflexions, de décisions. Nos choix sont faits. Je décide de rappatrier un peu de mon argent belge pour me permettre de rebondir. Je vais redescendre à Perth car le nord me tente de moins en moins. Je passerai par Karijini National Park sur le chemin. Et une fois en bas, j’aviserai de ce que je ferai de ma voiture. L’autre raison motivant mes choix a un prénom et prendra, comme prévu initialement, son bus vers Perth ce soir.

Rouler de nuit vers Port Hedland est une nouvelle expérience. La route semble être longée de part et d’autre par une forêt épaisse ou de hauts murs sombres, il n’en est pourtant rien, seules de vastes étendues désertiques défilent invisiblement à mes côtés.

A 80km/h, vitesse que j’estime kangourou-proof, je me fais dépasser par quelques camions et autres fous du volant. Je rejoindrai l’aire prévue juste à temps pour m’endormir, n’ayant pas pensé qu’à cette vitesse la fatigue arriverait plus vite que ma destination.

Photo : Le reflet de la lune dans les feuilles d’eucalyptus non loin de Norseman

Day One

Repère temporel : 26 mai

Alors que Sonja et moi discutons sur la route de notre habituel bin-diving, je lance “Viens à Karratha”. Son bus part dans deux heures et maintenant elle hésite. Réussissant le challenge de trouver une connexion à Internet à cette heure, elle annule son Greyhound et embraque dans ma Magna le lendemain matin.

Karratha c’est une ville bien plus grande que je ne le pensais. Je conduirai quelques six heures pour y arriver, mais le temps passera vite car, depuis quelques jours, elle et moi nous amusons à refaire le monde.

Au fil des bornes la végétation devient plus verte. Des petits arbres commencent à paraitre. Nous traverserons plusieurs nuages de grillons qui s’écraseront sur le pare-brise dans un rythme de grêle. Cette route est évitée par la grande majorité des backpackers car il n’y a rien à voir et surtout car cela revient à éviter Karijini National Park. Les seuls véhicules que nous croisons sont des utilitaires ou des jeeps de société. L’industrie, entre autres minière, y est très importante.

Au centre d’information nous apprenons une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, me concernant, est qu’en effet il y a une multitude de boulots disponibles. Ce qui s’explique largement par la mauvaise nouvelle : il est impossible de trouver un logement. Le seul backpacker de la ville est plein, très cher et comporte une liste d’attente de 15 personnes. Les campings sont hors de prix, sans parler des motels et autres logements devenant luxueux.

Nous avalons un bout de pain au lookout de Dampier, la petite ville résidentielle, et décidons de dormir dans la voiture en dehors de la ville. La mauvaise nouvelle nous a aussi appris que les rangers rodent car la plupart des backpackers tentent le camping sauvage.

Tous mes plans se retrouvent à nouveau bousculés : gros manque d’argent, pas de boulot, pas de logement, et plus du tout l’envie de rester dans cette ville… nous nous offrons une bière bien méritée dans un pub sans “naked chicks” avant de s’endormir au son des road trains roulant de nuit.

Photo : Sunset au lighthouse d’Exmouth

I’m glad you came

Petite ville de 1500 habitants, principalement alimentée par le tourisme à cette époque de l’année, je me suis dit que cet endroit n’était sans doute pas le pire pour chercher du travail. La plupart des personnes ne font qu’y passer, peu d’offre de travail, mais peu de demandes. J’ai mes chances !

J’ai distribué mes CVs à plusieurs endroits de la ville dont certains cherchent des personnes actuellement. Le “billboard” du “centre” fait office de journal local, petites annonces, publicités locales, agence d’intérim. Il n’y a que quelques offres de boulot pour lesquelles je postulerai ou pas.

Je ferai la rencontre de Tim (un autre, allemand celui-ci) et de Sonja (suisse allemande). Ensemble nous déciderons d’emprunter ma voiture pour aller visiter le parc national ce weekend. Cape Range National Park est l’endroit où aller pour plonger au milieu des coraux. A la malheureuse surprise de la plupart des voyageurs “a pied”, le parc se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres de Exmouth. La voiture est donc obligatoire si on veut éviter de payer un trip organisé à prix d’or.

Devant le bureau des rangers à 7h30 nous faisons la file en espérant obtenir un emplacement de camping pour la nuit. Nous avons loué du matériel de plongée pour deux jours et souhaitons prendre notre temps pour explorer les trois spots phares de la côte : Oysters Stack, Turquoise Bay et Lakeside. La petite marche à l’extrémité sud du parc ne nous laissera pas bouche-bée.

A Oysters Stack, les vagues sont fortes et la plage est inexistante. Il faut se glisser dans l’eau sans se faire projeter contre les rocs par les vagues. S’y trouver à marée haute est obligatoire tant l’eau est peu profonde. Cette petite profondeur nous offre la chance d’être en contact très particulier avec plein de poissons aux apparences aussi variées et colorées les uns des autres. Les coraux sont verts, aux pointes bleues, parfois mauves. Colorés sans être une aquarelle ils sont bien plus jolis que ceux de Coral Bay. Des gros coquillages se ferment à notre passage et les étoiles de mer d’un bleu plastique nous ont d’abord fait penser à un jouet abandonné. Des bancs de poissons gros comme mon avant-bras forment un cercle autour de moi.

A Turquoise Bay, on peu apprécier une plage clémente. Des vagues moins importantes mais un courant dangereux par endroit. Des panneaux explicatifs nous indiquerons où ne pas aller si on ne veut pas être “flushé” dans l’océan. Ici la profondeur est plus importante c’est pourquoi nous avons vu deux raies et une tortue. Nous chercherons les requins un peu plus loin dans les récifs, sans nous douter de la peur que cela nous procurerait si nous en avions vu un. Le lendemain au même endroit, une tortue me fera une démonstration d’apnée en remontant s’alimenter en oxygène à la surface.

Lakeside, notre dernier arrêt. Ici il n’y a aucun courant, mais moins de récifs. Nous chercherons d’autres spécimens dans les profondeurs sans coraux sans rien trouver de concluant. Ce n’est que lorsque Tim et Sonja seront hors de l’eau qu’une stingray fuira ma présence. Celle-ci est noire et a définitivement un dard au bout de la queue. Les autres n’en avaient pas et étaient plutôt grise avec des petites taches bleues sur le dos. Je recroiserai cette grande noire un poil plus loin, un peu effrayé par cet animal, je la suivrai en direction du bord et sortirai de l’eau.

Au fil des plongées, des coraux et des bancs de poissons, la meilleure façon d’exprimer ce que j’ai vécu est d’imaginer de plonger dans un aquarium.

De retour en ville, nous nous lancerons dans un autre type de plongée. Le bin diving ! Une fois la boulangerie fermée, nous plongerons dans la poubelle à l’arrière du bâtiment pour dénicher du pain frais du jour, gratuit et bien meilleur que le pain de mie habituel. Si, si, ça reste hygiénique ! J’ai même déniché un sandwich sous cellophane (ahah).

Au bout d’une semaine ici, j’en ai marre et ne suis pas certain d’avoir envie de rester plus longtemps. Je pense sacrifier un peu de mon budget devenant très court pour aller jusqu’à Karratha, plus d’habitants et donc d’opportunités de travail.

Repère temporel : du 17 au 24 mai

De mars à juillet, les requins-baleines viennent se régaler sur les bords de la barrière de corail. C’est ici, à Exmouth, un des seuls endroits au monde où il est donné de pouvoir nager avec eux, que je vais les admirer de près.

Equipés de notre combinaison de plongée, d’un tuba et d’un masque, nous irons tester l’équipement et apprécier les récifs. De cette première plongée, je ne souviendrai que du scorpionfish et de son apparence magestueuse.

En contact permanent avec des avions éclaireurs, le capitaine se dirige vers notre premier requin-baleine. Celui-ci est assez petit. Il ne mesure que quatre mètres alors que les plus grands peuvent en atteindre dix-huit. Toutefois, le plus grand observé dans ces eaux était de douze mètres.

L’eau est tellement transparente que nous pouvons déjà en avoir un bel aperçu alors que le premier groupe n’est pas encore rentré de sa nage. Une fois la tête dans l’eau, nous aurons vraiment l’opportunité de l’observer car, curieux du bateau, il en fera le tour plusieurs fois. Cet animal est lent et ne semble pas faire d’effort pour se mouvoir. Nager à ses côtés est très facile à condition qu’il le permette en n’accélèrant pas. En dessous de son corps se cachent de multiples poissons. Etre à l’abri d’un requin-baleine est une bonne idée pour décourager les prédateurs.

Le deuxième est beaucoup plus massif et fait huit mètres de longueur. Autant dire que quand cet avaleur de plancton décide de se diriger vers soi, on est content que ce soit un gros lent. Ils sont inoffensifs, et pas vraiment craintifs, si vous êtes dans leur chemin c’est pas leur problème. Par mesure de sécurité nous devons garder une distance permanente de 4 mètres avec le requin. Quand j’ai eu l’occasion de nager à ses côtés pendant plusieurs longues secondes, je me rendais difficilement compte de la distance me séparant de lui. Sarah, membre de l’équipage, m’a fermement demandé de garder mes distances. Avec la houle et une masse aussi importante à mes côtés, il était très difficile de savoir à quel point je m’en approchais.

Un peu plus tard, il en a eu marre et a décidé de plonger dans les profondeurs. Dans les faiscaux du soleil à travers l’eau, il s’enfonce jusqu’à ne devenir plus qu’une partie du sombre bleu des profondeurs. Me sentant un peu barbouillé, je n’accompagnerai pas les autres pour voir le troisième et dernier poisson géant.

Sur le retour, en nageant dans les coraux, j’aurai la chance d’être seul à côté de deux dugongs. J’en suivrai un qui ne me quittera pas des yeux et prendra le large dans un mouvement de nageoire.

Photo : Non, il n’y a pas de whaleshark, mais admirez la transparence

Protégez les requins, ne consommez pas leurs nageoires.

Repère temporel : 17 mai

Coral Bay

Coral Bay, 190 habitants, le double de touristes, du corail. Ma mission d’aujourd’hui est de faire du snorkelling ! Sur base des conseils du mini-centre d’information, je plongerai et me laisserai emporter par le courant. La présence des autres plongeurs me rassure et je m’autorise quelques écarts plus lointains.

Les coraux que j’observerai ne sont pas aussi colorés que je l’aurais imaginé, la plupart ont des tons de pierre. Les poissons toutefois sont bien plus intéressants. Ils se nourrissent, se baladent ou se cachent. Mes favoris seront celui ayant un bec jaune et dont le corps est entouré d’un néon bleu. Un autre vert et gris. Les bancs de petits poissons bleus. Les lignés noirs et blancs. Et enfin celui qui s’est approché de moi pour voir qui j’étais.

Une fois à l’aise dans l’eau, je m’amuserai à plonger de quelques mètres pour découvrir une autre perspective tout aussi agréable. Je suivrai mes favoris, ou les observerai dans leurs cachettes.

Après cet agréable moment dans l’eau, l’ambiance est vite retombée. En vérifiant mon niveau d’huile suite à une légère odeur sentie plus tôt, je constate une diminution, certes légère, mais une diminution tout de même… affaire à suivre !

J’arrive dans le visitor center de Exmouth. Réserve mon “tour” tant attendu de demain, me voilà pauvre ! Demain je m’amuse et après-demain je me mets en quête d’un travail.

Photo : Un des nombreux nids de termites de la région

Aujourd’hui je devrais être à Broome si tout c’était passé comme prévu, et j’en suis encore à un bon millier de kilomètres. Au nord de Monkey Mia il n’y a pas grand chose jusqu’à Coral Bay, le début de la barrière de corail Ningaloo. En chemin se trouve Carnarvon, un ville moyenne connue pour ses possibilités de travail pour Backpacker.

Tim y a travaillé il y a quelques semaines. Sur un bateau pendant 10 jours, le pauvre se levait à 16h et se couchait à midi. Oui, vous lisez bien, il a travaillé 20h par jour pendant 10 jours. Son salaire était toutefois proportionnel à la charge de travail et pas mauvais du tout !

François quant-à-lui est toujours à Carnarvon avec sa petite amie taiwanaise. Je passeari la journée avec eux et passera la nuit dans ma vvoiture garée à côté de leur caravane. Ils vivent dans la ferme où ils sont employés de temps à autre. Sasha a préparé de somptueux petits plats comme elle sait si bien les faire, nous avons mangé, ri et bu en s’échangeant nos histoires depuis la Tasmanie. J’ai aussi rencontré Marcel, voisin de caravane, un peu fou, mais très sympathique.

Une belle journée de vacances !