FMCorz Network

See also :

Archive for April, 2011


De Albany à Perth en passant par Margaret River. Nos trois derniers jours seront pour moi les moins intéressants. La péninsule d’Albany est très jolie avec le Natural Bridge, le Gap et Frenchman Beach. Nous devrons par contre aller un peu vite pour l’apprécier.

Melissa et moi nous partageons de temps en temps la conduite. Je reprends le volant pour quelques minutes et paf… première panne réelle de ma voiture ! Les clignotants ne fonctionnent plus ! Ca aurait, en effet, pu être beaucoup-plus-bien-pire, mais cela reste néanmoins très ennuyeux. Dans l’idée de faire un saut chez un garagiste, nous ne nous attardons pas trop.

A chaque pause, je rejoins la voiture avec quelques minutes d’avance pour essayer de changer les fusibles. J’utilise ceux de rechange, je les échange, je les enlève et les replace. Rien n’y fait, mes clignotants ne fonctionnent toujours pas. Sur la route vers le “mecanic”, je teste tout le réseau électrique. Les phares, la radio, l’allume-cigare. Dernier essai, les feux de détresse… ils fonctionnent ! Et mes clignotants… fonctionnent à nouveau aussi… Ainsi que l’appareil à brancher sur l’allume-cigare pour écouter nos iPods. Bon, bizarre, mais tant mieux… Problem solved !

Je passerai les deux jours suivants derrière le volant. M’arrêtant ici et là où mes compagnons (et parfois moi) dégusteront vins, olives, chocolats et même nougats. Nous ferons étape au Tree Top Walk de Walpole. Lieu très touristique où l’on peut admirer les arbres dans The Valley of the Giants et même marcher à leur cime. Déçu par la petitesse des arbres comparée à ceux de Tasmanie, je ne paierai pas les 10$ pour marcher en hauteur. Lili entrainera Melissa avec elle par la porte de derrière, elles ne payeront pas.

Nous avons bataillé pour trouver une auberge pour ce soir, mais les réservations sont faites. Je resterai une semaine à Fremantle et Melissa un jour. Lili et Greg ont trouvé une auberge en pleine ville.

Arrivés à 60km de Perth, soit un saut de mouche, Lili me signale que ça sent le brûlé, de la fumée sort de la boite à gants ! Elle se trompe, c’est le capot de la voiture qui fume. Je m’arrête rapidement sur la bande d’arrêt d’urgence.

Me déplaçant un peu afin d’éviter de nous faire faucher par un camion, j’ouvre le capot et inspecte. Bien entendu, plus aucune fumée. L’odeur est dissipée et impossible de savoir d’où cela vient. Sans pouvoir rien faire d’autre, nous décions de continuer. Je roule à vitesse réduite -ce qui énervera pas mal d’automobiliste- en surveillant d’un oeil la température du moteur. Elle baisse !

Les 60 derniers kilomètres, les détours dans la ville alors que la nuit est tombée et le retour sur Fremantle me paraissent interminables. Aucune fumée ne s’échappera plus du capot. Je suis arrivé à bon port, et ce, dans ma voiture. Tout va bien ! J’irai faire vérifier la voiture par un garagiste dans les jours qui viennent. Il vaut mieux que cela soit bénin si je veux repartir vers le nord dans quelques jours comme prévu.

C’est aussi ça l’Australie !

Esperance

Après un déjeuner copieux et un départ tardif de Kalgoorlie, nous traçons vers Esperance. Ces derniers jours nous parcourions à peu près 500km en une journée, aujourd’hui nous devons en parcourir 400 en 4h. Ca parait long, très long !

Depuis le changement d’heure le soleil se lève et se couche très tôt. Arrivant vers Esperance en fin d’après-midi, nous n’aurons que peu de temps pour chercher un endroit où planter la tente. Nous décidons donc de nous assurer une nuit sympathique et une douche le matin en prenant un emplacement à prix d’or dans un caravan park d’Esperance.

Lors des courses, Melissa avait proposé que nous fassions des crêpes pour un de nos repas. Sans vouloir trop insister sur le fait que des crêpes en camping c’est difficile, malgré la pâte-toute-prête, nous avons chargé le caddie. Profitant de la cuisine du camping, Melissa nous cuisinera ses crêpes. Il faudra pratiquement une heure pour que nos freesbies (servants d’assiettes) soient recouverts de quelques crêpes noircies et fort huileuses. Yummy…

Vivre entre quatre portes, mal dormir la nuit et faire des concessions pour des gens qu’on ne connait pas ça passe un moment, mais là je commence à avoir besoin d’être un peu seul. S’isoler étant difficile je gèrerai mon énervement pour des bêtises comme je peux. Le lendemain matin, j’irai admirer le levé du soleil du bout de la jetée. Greg me rejoindra alors que je discute avec un pêcheur. Je venais de refuser un barracuda frétillant sur le sol. Note pour plus tard : Accepter le poisson d’un pêcheur, même à 6h du matin, cela évitera de longues séries d’excuses incomprises.

Nous décidons du jour où nous arriverons à Perth, cela va un peu presser les choses, mais réduit l’aspect “sans fin” du voyage. Maintenant pressés par le temps, nous n’aurons que peu de temps pour apprécier les magnifiques plages. Lucky Beach et Whistle Cove seront les seules.

Nager à Lucky Beach s’avérera beaucoup plus agréable que ce que j’ai pu vivre en Tasmanie. La baie n’est pas plus jolie, surtout qu’ici les 4×4 sont autorisés sur la plage (hum…), mais l’eau est d’une température bien plus accueillante. Empruntant le masque et tuba de Melissa, je m’avancerai vers les récifs plus lointains. Sur le chemin je remarquerai qu’il y a des méduses, et au plus j’avance au plus je les remarque ! Des dizaines de méduses partout autour de moi. Je ne sais pas quel danger elles représentent, mais ça m’a refroidi… je suis aussitôt sorti de l’eau !

Nous serions bien restés une nuit dans ce parc national équipé de douches, toilettes et même cuisine, mais les prévisions météo ne s’annonçant pas bonnes, nous décidons de bouffer quelques kilomètres pour s’approcher d’Albany, notre prochaine étape.

Photo 1 : La jetée d’Esperance
Photo 2 : Lucky Beach
Photo 3, 4 : Whistle Cove

Repère temporel : 16 et 17 avril

Arrivé à Norseman, la fin de la route sans rien, se présentent deux choix. Passer par Kalgoorlie, ou descendre sur la côte sud vers Esperance. Nous avons décidé de faire les deux ! Nous négocions ce petit détour de 400km afin de passer une nuit dans une auberge, et de voir Kalgoorlie.

Cette ville est la capitale de l’or. Ville minière encore en activité, elle est la plus grande ville isolée dans l’outback australien. Pas moins de 30 000 habitants et une économie basée en grande partie sur la mine. On m’avait laissé entendre que cette ville était débauchée et qu’on pouvait se baisser et trouver des lingots, mais il n’en est rien.

D’apparence comme les autres, avec un “brothel” ou deux apparents, cette ville n’a rien de différent des autres. Seul le Super Pit vaut vraiment le coup d’oeil. Cet énorme fourmillière, dont la largeur atteindra 3,5km et 500m de profondeur, sera inactive en 2021. L’or n’étant pas un matériau inépuisable, la ville pense d’ores et déjà à l’activité économique importante à remplacer d’ici peu. Un casino ? Un circuit de F1 ? Les idées s’échangent !

J’ai apprécié ce petit détour dans le grand désert. Les lacs désechés le long de la route. Les Road Trains de 3, voire 4, remorques beaucoup plus abondants que sur le Nullarbor. La douche et la nuit dans le backpack.

Photo 1 : 4 pelles remplissent un camion qui transportera 225 tonnes
Photo 2 : Le Super Pit, remarquez les camions sur la route diagonale du fond
Photo 3 : Vue de Kalgoorlie depuis le Super Pit
Photo 4 : Un lingot au musée de la ville

Repère temporel : 15 avril

En soi, nous ne sommes séparés de Perth que d’un peu plus de 2000km. Mais nous avons décidé de faire quelques détours pour voir des belles choses. Notre premier arrêt, sans compter le supermarché pour les vivres et l’eau, sera Port Augusta où nous enquêterons sur les choses à faire/à voir dans le coin. On nous conseille de nous rendre vers Port Lincoln. Nous n’aurons plus le temps de nous y rendre aujourd’hui et quêtons un espace camping gratuit. N’en trouvant pas avant la tombée de la nuit, nous planterons notre tente sur une plage. Des bicoques de pêcheurs comme voisins, prenant le risque d’être réveillé par l’autorité, nous nous endormons au son des vagues et du vent agité.

J’ai passé une meilleure nuit que les autres, et pourtant je n’ai pas bien dormi. J’avais juste prévu un sac de couchage plus chaud qu’eux. Il faut dire que la pluie n’a pas aidé à notre sommeil à moi et Melissa. Partageant la même tente de très mauvaise facture, un brin de pluie pèrce très vite le tissu “perméable”. Il faut alors arriver à dormir dans cette tente, soi-disant pour 3 personnes, dans laquelle il est impossible de s’allonger de tout mon long sous peine de rentrer en contact avec les parois trempées.

Sans l’envie de rester sur place, nous reprenons la route sans autre stops que celui de remplir le jerry can d’eau potable à Port Lincoln. L’eau est fournie gratuitement par le centre d’information pour les visiteurs, vachement pratique. Une chance aussi qu’une des employées soit une adepte du camping car elle nous indiquera son spot préféré où nous pourrons dormir gratuitement, et légalement.

Une nuit au bord de la mer, pour ne pas changer, avant d’arriver à Ceduna. La dernière ville avant de prendre la route du Nullarbor. A partir de Ceduna il y a 1200km à parcourir avant Norseman, la ville la plus proche dans cette direction. Le reste n’étant que du bitume et des roadhouse tous les 200km. Le long de ce désert, l’essence coute un prix d’or. Montant jusqu’à 1,99$ le litre contre 1,35$ en ville. Il ne s’agit pas non plus d’avoir une panne sur la route, quoi que… nous nous sommes arrêtés deux minutes pour prendre une photo, il n’aura pas fallu plus longtemps pour qu’un véhicule s’arrête et nous demande si tout va bien.

Le Nullarbor (prononcez “nelabore”), du latin “pas d’arbres”, est plat, constitué uniquement de petits buissons. Le nom original aborigène quant à lui signifie “sans eau”. Etrangement, nous faisons partir des rares à témoigner qu’il pleut de temps à autre à cet endroit, le jour et/ou la nuit ! J’y apprécierai particulièrement la nuit. Sorti de la tente pour arroser un buisson, j’admirerai un ciel comme je ne l’ai jamais vu. Etoilé à souhait, illuminé par la voie lactée, baignant dans un calme absolu.

Pas de grands highlights sur la route. Je ne retiendrai que :

  • Les falaises magnifiques
  • Les Road Trains, camions de 2 à 3 remorques, impressionnants à dépasser
  • Le nuage de sauterelles que nous avons traversé
  • Le camping autorisé sur les aires d’autoroute
  • La ligne droite de 146,6km pas plus impressionnante que les autres
  • Le paysage aride, mais pas désertique
  • Le silence infini pendant la nuit

Photo 1 : Port Lincoln
Photo 2 : Le Nullarbor Road House
Photo 3 : Les falaises le long du Nullarbor
Photo 4 : Un Road Train
Photo 5 : En route

Repère temporel : du 11 avril au 15 avril

Adelaide

600km, c’est la petite distance à parcourir depuis le vignoble pour arriver à Adelaide. Changement d’état, changement d’heure et abandon des aliments interdits. Passer d’un état à l’autre avec des fruits, des légumes, des plantes, du miel, des graines, etc… est passible d’une grosse amende et de transporter des maladies. Il me faudra un peu plus d’un plein et près de 7h de porte à porte. La vitesse est limitée à 100 km/h dans le Victoria et 110 km/h en South Australia. Le risque de croiser des kangourous ou des policiers ne m’encouragera pas à enfreindre le règlement.

Adelaide, capitale du South Australia, 1 million de têtes. Ma première impression m’a séduit. J’arrive sur place avec un temps magnifique, la ville est calme mais animée. La circulatione est fluide et facile, je ne me perdrai pas une seule fois pour arriver à mon auberge. Le centre-ville, d’à peu près 1km de côté, se sépare des quartiers par des parcs de tous côtés. Dans ce rectangle de verdure on trouvera les Botanic Gardens toujours aussi séduisants, ainsi que d’autres parcs plus et moins mignons.

Pour accéder à la plage il faut se rendre à Henley Beach ou à Glenelg. C’est la mission que je me suis donnée le deuxième jour. Ray-ban, short, t-shirt et chaussures légères, un peu d’eau, du pain et du peanut butter, un coup d’oeil vite-fait au plan et me voilà parti. Après une bonne heure de marche, je commence à me demander si je ne longerais pas la plage et m’enfonce dans les petites rues. Je vais me perdre et décide de reprendre la rue princippale… les minutes passent et je commence sérieusement à me demander où je vais, où je suis.

Ma rappellant un conseil reçu à Porto pour retrouver le sud, je dirige ma montre vers le soleil. Par chance il est midi, ce qui m’évitera de devoir me rappeler positionner ma montre (sur midi ou sur les heures ?). Je poursuis ma route malgré tout. La rivière ! Voilà que je me trouve devant Torrens River. Il est évident qu’elle se jète dans la mer, je décide donc de la suivre.

Sous ce soleil de plomb, je m’arrête. Eurêka ! Devant le plan de mon Lonely Planet je constate que cette rivière se jète bien dans la mer, mais pas à l’endroit où je veux me rendre. La rue que j’empruntais jusqu’alors était aussi la bonne car elle traverse Torrens River. Tout s’éclaire, ma montre, étant dans l’hémisphère sud, m’indique le nord et non pas le sud, voilà pourquoi l’ouest était à l’est !

2h30, c’est le temps de marche entre le centre-ville et Henley Beach. Autant dire que je n’ai pas une minute à perdre car je dois rencontrer des travel mates potentiels à 15h au centre. Je longe la côte jusqu’à Glenelg, plage beaucoup plus populaire et touristique. Après un coca minuscule et ridiculement cher devant la Marina, deux trois photos, et me voilà dans le tram qui me ramènera au centre. J’ai juste le temps de sauter dans mes tongues et me voilà devant une bière, d’un américain et d’une flamande.

Des dizaines de SMS, des appels, des rencontres. Les prétendants aux sièges disponibles dans ma voiture pour Perth se bousculent, mais pas longtemps. Certains annulent, d’autres ne sont pas sûrs, d’autres ont trouvé un autre plan, certains ne m’attirent pas ou ont des contraintes de temps. Bref, mes deux jours suivants à Adelaide se limiteront à trouver mes 3 compagnons.

Je trouverai malgré tout un peu de temps pour revoir une rencontre de Melbourne. Victoria travaille à Adelaide depuis plusieurs mois. Cette retrouvaille nous fera tous les deux sourire. Nous ne connaissons rien l’un de l’autre, à part quelques infos ayant percé lors de quelques mots échangés au backpack ou sur Facebook, mais nous nous retrouvons comme des vieux amis. En se baladant autour de la Torrens River by night nous apercevront deux possums (je hais les possums) et un renard, surprenant !
Lundi, 9h, en route pour Perth en Touring Mode. Lili la française, Greg le roumain et Melissa l’anglaise partageront “fun and fuel” avec moi, comme on dit ici.

Photo 1 : Victoria Square
Photo 2 : Un des parcs
Photo 3 : Henley Beach
Photo 4 : La marina à Glenelg

Repère temporel : du 7 au 11 avril

The Grampians

Les Grampians sont une formation rocheuse que je pouvais apercevoir dans l’ombre de l’horizon depuis le vignoble. Malheureusement, à cause de fortes précipitations lors des derniers mois, une grande partie du parc national est fermée. Des glissements de terrain ont dévasté routes et sentiers.

Il me faudra parcourir quelques 150km pour arriver à Halls Gap. Autant dire que ce genre de distance c’est de la rigolade ici, et dire qu’en Belgique faire 50km ça se prévoit deux semaines à l’avance ! Halls Gap c’est la ville de référence pour visiter les Grampians. De là que partent beaucoup de mmarches autour de ces petites montagnes. De nouveau, à peu près la totalité des marches seront fermées.

Je me déciderai donc à faire le plus de marches possible. La première, n’ayant rien d’exceptionnel, me donnera enfin la possibilité de voir un vrai kangourou ! Et je serai servi car j’en apercevrai quelques dizaines : debouts, allongés, se grattant le dos, se relevant pour mieux me surveiller, …

Les deux autres marches m’emmèneront au sommet des deux pics du coin. Comptez une bonne heure trente d’ascension. La dénivelé n’est pas très importante entre 200 et 300 mètres pour le plus haut, mais la vue était absolument magique. Le sommet à l’état brut -entendez par là qu’il n’était pas adapté aux touristes- me laissera sans mot.

Petite frayeur sur la descente du deuxième sommet, non pas le serpent dont la queue sortait de dessous une pierre, mais mes pieds qui ont glissés ! Jouant au chamois en sautant de pierre en pierre, un mouvement m’a échappé. Me rattrapant aux seuls 2 mètres de barricade de tout le parcours, j’éviterai le pire. Une fois stabilisé, je constaterai que mon tibia est posé sur l’arête d’une roche. Sans mon bras droit la suite de la descente aurait été critique ! Je ferai plus attention pour la suite.

Repère temporel : 2 avril

Depuis Warrnambool j’ai roulé une bonne heure à travers les champs. Les villages espacés de dizaines de kilomètres sont minuscules et la plupart des villes ne sont pas formées de plus de quelques rues. Dans Stonefield Rd, rue goudronnée pas beaucoup plus large que ma voiture, j’observe et recherche le numéro 899. Je dérangerai des centaines de grillons prenant le soleil tranquillement au milieu de cette route déserte. Des couples de papillons blancs batifolent, évitant ma voiture de quelques secondes. Après plusieurs kilomètres, je n’ai toujours croisé que deux maisons. Le numéro de la première était dans les 600, et dans les 700 pour la seconde, où sont passés les 698 autres ?!

La voilà, Stonefield Estate Vineyard ! Je ne peux pas encore distingué la maison mais je m’en approche. Un petit chemin tortueux arborant quelques nids de poule me conduit jusqu’à ladite bâtisse. Je laisse ma voiture sous la surveillance d’un paon tandis que je tente de rentrer en contact avec un des occupants. Je sonnerai plusieurs fois mais le vieux rock venant de l’intérieur masque mes tentatives. Après mon coup de téléphone, Vivienne m’accueille en précisant que la sonnette ne fonctionne plus et qu’en plus, ce n’était pas la bonne porte. Le paon qui garde ma voiture s’appelle Andrew et malheureusement pour lui il vient de perdre sa queue. Un chien, deux chats (blanc et roux, Djurek; et Barack, le noir…), des oies, des cygnes et un autre paon se baladent autour de la maison. Les vaches, quant à elle, sont dans leur enclos.

Alors que Bill est encore en train d’acheter le nécessaire pour le repas de ce soir, Vivienne me fait faire le tour du propriétaire. Le potager est absolument fascinant. Des tomates, du maïs, des courgettes, des aubergines, des tomates-cerises, des tomates noires, des citrons verts, des pamplemousses, du basilique, de la coriandre, et j’en passe. Bien entendu le tout bio. Sans oublié le raisin car le petit vignoble englobe la maison d’est en ouest.

Cette vieille maison a plus de 100 ans et me rappelle beaucoup le moulin dans lequel j’ai grandi. La fraicheur a l’intérieur de la maison, les pierres bleues, les planches de bois craquant sous mes pas, les murs d’un blanc vieilli, la poussière et les toiles d’araignée. Le poële en fonte dans la cuisine fonctionne, un peu pour la chaleur, un peu pour la cuisine. Situé dans la ville de Penshurst, mais à 10km du centre, il n’y a pas de réseau de distribution d’eau, ni de gaz jusqu’à eux. L’eau de pluie est récupérée dans d’énormes cuves et alimente la maison toute l’année. C’est avec cette même eau que je me douche, me lave les mains, fais la vaisselle et me désaltère.

Enjambant la clôture j’irai me perdre dans les champs derrière la maison. Les alentours sont légèrement vallonnés. Des amas de pierres jonchent les champs ici et là. Le volcan du coin, inactif depuis des milliers d’années, est responsable de cette découpe de paysage. Armé des bottes en caoutchouc de Bill, qu’il m’a obligé à porter car il y a des serpents dans le coin, je fais peur à toute sorte d’insectes inhabitués de voir autre chose que des moutons. Du haut de la petite butte à 10 minutes de là, je contemple le décor. Je suis seul et ne parvient pas à voir un quelconque signe de vie humaine. Le vent murmure à mes oreilles, les grillons grincent et les ombres des nuages se promènent dans les champs.

L’apéritif commence à 16h, mais ne me concerne pas car la bière et le vin ne font pas partie de ce dont j’ai le droit de profiter pendant mon séjour. Je n’oserai pas dire que je ne bois pas de vin lorsqu’ils me proposeront un petit verre de leur vin rouge. Je trouve ça immonde et leur fait comprendre que ce n’est pas mon affaire. Ce soir, ce sont des dumplings pour le repas, et rien qu’à les regarder j’ai pris deux tailles. Vivienne ne manque pas de m’informer que les jours suivants le repas sera plus “healthy”, elle n’a eu qu’à moitié tord. Ses salades, quant-à-elles, sont les meilleurs du monde d’après ses enfants. Elles sont très bonnes, mais il ne fait aucun doute que ses enfants n’ont pas été invité à la table du Paternel !

C’est devant un groupe de barbus jouant et chantant de la country à travers le home cinéma du salon que nous mangerons. Les Highwaymen metteront l’ambiance. Du moins pour ce vieux couple. S’étant tous deux servis du blanc à la manière pas-plus-haut-que-le-bord, ils vivent le concert devant leurs assiettes. Bill attrape sa bass et s’improvise accompagnateur du couple. Tout en jouant sur l’instrument, muet car non branché, il chantera, hors tempo, les paroles d’une vérité profonde. Vivienne a les yeux plein d’admiration pour son mari, et pour un barbu qu’elle ne manquera pas non plus de me montrer (il est mort d’après Bill, mais c’est un détail). Alors que les yeux de Vivienne jonglent entre Bill et moi, je me concentrerai sur mon assiette afin d’éviter ce regard que, d’une certain manière, je connais trop bien. Quelques instants plus tard, elle s’endormira, à mes côté, sa chienne Jess sur les genoux.

Cette soirée, me rappelant délicatement celles passées dans une famille à laquelle je n’appartiens plus, se termine à 21h, pour eux. Les autres jours se dérouleront dans un peu plus de sobriété (ou pas), mais se termineront toujours à la même heure. Les barbus mis de côté pour les beaux hommes et femmes présentant les infos.

Mon travail commencera à 9h du matin. Heure à laquelle j’irai élaguer les vignes. Selon le type de vigne l’élagage est différent mais reste facile. Encore une fois, je dérangerai des tonnes d’insectes colorés, des grillons et même quelques mini-grenouilles vertes cachées sur les feuilles. Pause-café à 10h30, lunch à midi, encore deux heures de boulot dans l’après-midi et la ma journée est finie. J’ai même droit à un day-off dans la semaine, je le passerai aux Grampians National Park.

Ce jeudi (7 avril) je prendrai la route pour Adelaide où je passerai quelques jours avant de continuer vers Perth (ou pas). A suivre…

Will be to me

Repère temporel : Du 28 mars au 7 avril

Bizarre d’être à nouveau dans l’auberge. J’ai choisi d’y retourner quelques jours en attendant de prendre le ferry car c’était plus intéressant financièrement. Je m’étais aussi mis en tête que je trouverais peut-être quelqu’un pour m’accompagner vers l’ouest, mais ça ne sera pas le cas. Pas vraiment agréable de retourner dans ce backpack alors que tout le monde travaille et que la plupart des amis que j’avais sur place sont partis durant les deux dernières semaines.

Ces trois jours de libre me permettent de faire checker ma voiture. Depuis que je l’ai j’ai roulé 2500km et c’est maintenant que je constate le petits problèmes. Au niveau de la consommation, je n’ai pas trop à me plaindre car je tourne à 10 litres au 100 à condition de faire des longues distances. Pour le moteur, il se trouve que le “timing” (terme anglais pour désigner les tours/minute) a quelques défauts. Lent de base, maintenant lorsque je tente une marche arrière ou que je m’arrête à un feu rouge j’ai une chance sur deux pour que le moteur cale. Les désavantages des automatiques…

C’était bien désagréable à Hobart lorsque le moteur s’est coupé alors que je devais m’engager dans une voie importante tout en étant en pente… non seulement c’est dangereux, mais en plus très ennuyant… je la déposerai le matin de mon départ chez le “mecanic” pour qu’il vérifie tout ça. Je m’en sors pas trop mal avec une facture de 140$ comprenant la vidange (que je voulais faire), le réglage du problème et deux nouveaux essuie-glace que ce cher garagiste a tenu à changer. Je n’y connais pas rien en voiture, ni en tarifs, mais d’après ce que j’ai entendu dire les australiens sont pas aussi arnaqueurs que les mécaniciens d’Europe. Ces derniers vous changeraient les plaquettes de frein sous prétexte que cela est lié à la fumée sous le capot.

Ce soir il y a beaucoup de vent et je risque de le sentir passer à bord du Spirit of Tasmania. Ce ferry est le seul qui fasse le lien entre Melbourne et Devonport. En effet, la mer est très agitée et je ne m’aventurerai qu’une seule fois dans les couloirs, titubant à la manière d’un alcoolique en fin de journée, je préférerai rester allongé dans mon siège incliné. Tant que je suis à l’horizontale je me sens bercé. Une fois debout ma tête commence à tourner. Je ne comprends définitivement pas les passagers qui mangent au restaurant ou s’amusent dans le mini-casino du bateau.

C’est après une bonne dizaine d’heures, pendant lesquelles j’ai même réussi à dormir, que 6h30 sonne le débarquement des automobilistes. Me voilà plongé, dans la pénombre de l’aube, dans Melbourne… horreur pour moi, circuler dans une grande ville inconnue, sans carte ni aucune information de direction à prendre je m’aventure vers St Kilda. Je me suis dis que je pourrais peut-être trouver quelques compagnons de voyage pour aller jusqu’à Adelaide en passant par la Great Ocean Road. M’aidant de mon Lonely Planet et sa mini-carte, je finis après un temps infini par trouver St Kilda. Il faut maintenant se parquer… plus léger de 3$, j’abandonne ma voiture sur un parking payant et me met en quête de deux choses : une carte, un hostel.

Je ne trouverai ni l’un, ni l’autre, mais je serai intelligent de m’arrêter dans un supermarché et d’attraper quelque chose à manger. Une heure plus tard, après avoir suivi les indications en cascade des différents magasins, je retourne à la voiture sans carte. Fuck that ! C’est décidé, je prends la route pour Geelong, départ de la Great Ocean Road, et seul ! J’ai cru apercevoir une indication de Highway depuis le ferry. Je retourne donc sur mes pas, prends la highway dans la mauvaise direction, fais demi-tour après 20 kilomètres et me voilà en route !

Je me poserai à Torquay, ville énormément connue pour son surf et ses nombreux magasins vendant des planches, j’avalerai un morceau de pain en observant des surfeurs de tous ages et niveaux prendre les vagues. Juste à temps avant que le temps se gâte, je reprends la route. Je roulerai jusqu’à Apollo Bay, petite ville ayant plus de lits que d’habitants, et trouverai refuge dans le Surfside Backpackers. Le soir, je lirai mon livre en observant les vagues depuis la fenêtre du lounge.

Le temps est à ne pas mettre un chat dehors, il pleut ! Je n’ai pas vraiment de destination, mais je suis content d’une chose. Cette route et ses fameux lookout, je les ai déjà vu il y a quelques mois avec Hadrien. Une chance car ce n’est pas aujourd’hui que je me réjouirai de me retrouver devant les 12 apôtres. Je décide de pister le koala suivant les indications de la propriétaire de l’auberge. Cette chasse se déroule plutôt bien car il suffit de se garer aux mêmes endroits que les touristes qui regardent la cime des arbres pour les trouver. C’est de cette manière que je me retrouverai seul face à un koala à moitié trempé par la pluie à un mètre de moi. Je pourrais m’approcher et le chatouiller, mais ses longues griffes ne m’y incitent guère. Il me regardera d’un oeil mi-clos dans lequel je pouvais lire “vas-tu me laisser dormir ?” et “what the fuck are you looking at?” selon l’angle de vue.

Warrnambool, ville de 32 000 habitants et ma dernière étape de la journée. Bien que j’ai fait une halte aux Twelve Apostles -ce qui m’aura valu d’être trempé, mais néanmoins enchanté de voir cet espace toujours aussi beau, malgré le temps- et à part quelques stations service, c’est dans le McDonalds de Warrnambool que je fais halte après avoir acheté altas et carte à côté. Un coca et me voilà sur Internet. C’est magique, la plupart des McDonalds du continent offre le WiFi gratuit. Je fais quelques vérifications et me dirige vers le seul backpacker de la ville.

Entre temps, je fais un petit arrêt chez un garagiste car ma voiture commence à refaire le même genre de problème, mais de manière légère. N’ayant pas envie de prendre des risques, je questionne le professionnel sur les raisons pour lesquelles se problème pourrait survenir. Je n’ai pas bien compris ce dont il s’agissait, mais après avoir ouvert le capot, il chipotera à une vis (qui n’est pas celle de la pédale d’accélération) et je me retrouve avec une voiture qui semble avoir une accélération bien plus importante et un moteur moins ralenti. Je crois comprendre qu’il s’agit d’un réglage sur la quantité d’huile utilisée dans le moteur…

Pensant que j’aurais un lit dans un dortoir de 16 personnes, je suis agréablement surpris d’apprendre que seuls deux lits sont occupés dans la chambre qu’on me propose, et encore mieux, il n’y a que 8 lits. La plupart des personnes dans ce backpack sont de passage pour la nuit, quelques-uns travaillent et logent ici, mais la majorité sont sur la fin ou le début de la Great Ocean Road.

Dans l’ambiance très familiale du séjour, j’essaie de planifier la suite de mon voyage. Je peux tout faire et cela m’empêche d’avoir les idées claires. Continuer, m’arrêter ici, visiter un parc national non loin, rester en HelpX chez quelqu’un, aller à Adelaide, prendre des cours de surfs, … difficile ! Je dois définitivement moins penser et plus agir !

Je prends une nuit de plus dans l’auberge pour mettre mes idées au clair, et après avoir appris qu’il n’y a pas de cours de surf en ce moment dans la ville, avoir été renseigné un host sympathique pour le HelpX, l’avoir contacté et ayant reçu une réponse de sa part, ma décision est prise ! Je resterai encore deux jours à Warrnambool avant de passer une semaine dans ce petit vignoble. Si j’avais pu y aller plus tôt je l’aurais fait, mais c’est impossible pour eux.

Après ça, on verra !

Photo 1 : Great Ocean Road
Photo 2 : Le koala !
Photo 3, 4 : Les 12 apôtres

Repère temporel : 22, 23, 24, 25 mars

PS : Félicitations à ceux qui ont lu ce bien long article !

En résumé de cette semaine, la Tasmanie est magnifique !

Cet état de la taille de la Belgique à peine peuplé d’un demi-million d’habitants m’a permi de découvrir : des plages paradisiaques, des rainforests, des waterfalls, des montagnes, des plaines, des vallées, des lacs, des champs et je n’ai pas eu la chance de visiter l’ouest. Comme nous l’ont dit les pensionnés au sommet de Mont William : “il faut se laisser des excuses pour revenir”.

Encore une fois, je doute que mes photos témoignent de la beauté des paysages.

Ce dernier jour commence dans le froid et les nuages, mais merci aux infrastructures australiennes, nous nous posons dans la day area de Mount Field. Equipée de cabanes ouvertes et de barbecues, je fais chauffer un peu d’eau sur les plaques chauffantes et griller quelques toasts tandis que Simon allume un feu dans la cheminée de notre bel abris.

Notre planning est assez serré car nous devons rentrer au backpack avant 21h et surtout visiter Mole Creek. La petite balade de deux heures à Mount Field suffira à nous faire découvrir quelques magnifiques waterfalls, des arbres de 80 mètres et les pademelons. Un pademelon a la tête d’une souris, la taille d’un agneau et des pattes de kangourous. Mais à la différence de tous ces animaux, ce sont des hyperactifs dopés aux amphétamines. Impossible d’en prendre un en photo !

Nous passerons pas les Highland Lakes pour remonter jusqu’à Mole Creek. Encore une fois nous serons surpris par la diversité du paysage. Sur la route unsealed qui longe le lac, voir un homme à côté de sa voiture dans le fossé me rappelera qu’il ne faut pas faire l’andouille et être prudent.

Les grottes de Mole Creek sont sympathiques malgré l’entrée à 19$. Entrée dont j’ai fait chuter le prix en demandant simplement s’ils avaient des réductions pour backpackers. Malgré un “non” catégorie, il enchainera en nous proposant une réduction de 10%. De cette “cave”, je retiendrai principalement les vers verts au plafond des premières salles, et l’araignée pouvant atteindre 22cm et 35 ans.

De retour au backpack je constate avec peu d’enthousiasme que je n’y connais plus grand monde. Triste aussi de voir partir Simon une heure à peine après notre retour, Sylvain étant près et sur le départ, il n’a pas eu le choix. Pour ma part, je ferai mes adieux dans trois jours en prenant le ferry pour Melbourne, accompagné ou non, je me dirigerai probablement vers l’est.

Photo 1, 2, 3 : Mount Field
Photo 4 : Mole Creek (la surface éclairée sur le contour est de l’eau)

Repère temporel : 19 mars