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Archive for January, 2011


En route pour le 11ème jour de boulot. Je compte les jours avec une grande précision, le temps me semble long. Mes articulations souffrent de ce nouveau travail et me rouillent le moral. Je n’ai pas la motivation d’aller travailler, je dirais même que c’est plus fort que ça.

Une fois devant mes carottes, tous les moyens sont bons pour essayer de raccourcir la journée ou de la rendre plus attrayante. Je découpe les heures en dollars. 128 dollars composent ma journée, autant dire que la pause après les 32 premiers n’est jamais de trop. Une palette représente une heure de travail. Quoi que cela dépend du type de sacs que nous emballons. Cela dépend aussi de la machine car “la 3″ est notre monstre à tous avec son débit beaucoup plus important que les autres.

Toutefois, ce vendredi, je ne me retrouverai pas devant ma machine. Une rivière en crue nous empêche de prendre notre itinéraire habituel et c’est au bout de 15 minutes, perdus le long d’une autoroute que nous contactons notre superviseuse. Nous arrivons à échanger quelques mots avec elle, mais le manque de réception à cet endroit nous obligera à utiliser mon téléphone avec mon super opérateur super cher mais qui est le seul à bien couvrir la Tasmanie (Telstra). C’est suite à cet appel net que nous serons renvoyé chez nous. L’usine est évacuée.

Il se trouve que la dernière centaine de mètres pour arriver à l’usine est susceptible d’être inondée et qu’il serait dommage de ne pas pouvoir retourner chez soi après 128 dollars de travail. Il a plu pendant seulement trois jours et c’est déjà la merde… quoi que je pense que je n’ai pas trop à me plaindre comparé à tous ces pauvres gens qui sont (ou étaient) à Brisbane. D’après la caissière du Coles avec qui j’ai échangé quelques mots suite à son “Busy day?” il n’y trop rien à craindre pour que Brisbane s’écoule jusqu’ici.

Ce retour au backpack après un petit arrêt shopping est niquel ! Moi qui rêvait d’un jour off après quatre jours de pommade anti-inflammatoire, je suis aux anges. Je vais profiter de mon weekend de trois jours pour reposer mes mains et surtout mes poignets. C’est ce mouvement que nous faisons en finissant un sac pour le tasser par terre qui me les a ruinés. 20 kilos, maintenus du bout des doigts, frappés contre le sol et retenus à la force des poignets.

J’ai été trop happy trop vite. Ce matin, un message est affiché à l’accueil. Endroit typique pour les communications en tout genre, mais surtout concernant le travail. “Harvest Moon afternoon shift working on sunday morning at 7am”. Hurray ! Alors non seulement on me bousille le projet d’aller à Cradle Mountain pour la journée, une rando de 6h m’y attendait, mais en plus on doit travailler à 7h du mat’ alors que deux jours plus tôt on travaillait à 15h… je l’ai mauvaise !

Bref, on va savourer cette première journée de ciel bleu depuis une petite semaine de pluie. Petit passage à la plage, une demi-heure aller, trois quart d’heure sur place, une demi-heure pour le retour et j’ai déjà le nez rouge ! Il faut croire que la crème ne lutte pas contre ce soleil annoncé “extreme” en terme d’UV aujourd’hui.

Petit passage au centre de Devonport, il est 17h et les magasins sont déjà fermés. Le samedi n’est pas vraiment un jour de shopping comme j’en ai l’habitude chez nous. Deux cafés et une canette et nous voilà plantés sur un banc, au soleil, dans cette rue piétonne déserte. Les 22 000 habitants de Devonport sont bien cachés chez eux. Sur le chemin du retour, de l’animation nous fait faire un détour. Il s’agit d’un marathon. Une dizaine de coureurs tournent sur un parcours d’un kilomètre au plus. Nous ne regarderons qu’un de leurs passages avant de rentrer au backpack.

Une demi-heure plus tard, je suis ici, attrape mon portable et rédige ces lignes. L’étape suivante sera de les mettre sur le net.

Erratum : Je gagne un peu plus de 16$ net et non 17$ comme supposé. Je suis un peu plus taxé que 11%, sans doute 13% ou 14%. Peut-être est-ce du à une erreur de case dans un document à remplir… difficile à savoir.

Photo 1 : Arrivée imminente à Coles Beach après 25 minutes de marche
Photo 2 : Living du backpack
Photo 3 : Dining room avec ses frigos overloaded…
Photo 4 : Vue limitée de mon lit (au dessus) et des pieds de Biffman

Parcours

Cela fait un an déjà
Que je ne cicatrise pas
De t’avoir hors de moi

Ce morceau de moi qu’on a arraché
Ce morceau de toi que j’ai protégé
Ce morceau de nous qu’on a fracassé

Tu me donnes l’heure
Mais le temps est long

Combien de tour d’aiguilles à compter
Combien de soupirs à expirer
Combien de larmes à contenir
Pour finalement te retrouver

Ma vie a perdu de sa saveur
Et je la troquerais volontiers
Pour cinq minutes à tes côtés

What a Wonderful World

Cela fait déjà un an

Que je ne cicatrise pas

De t’avoir hors de moi

Ce morceau de moi qu’on a arraché

Ce morceau de toi que j’ai protégé

Ce morceau de nous qu’on a fracassé

Tu me donnes l’heure

Mais le temps est long

Combien de tour d’aiguilles à compter

Combien de soupirs à expirer

Combien de larmes à contenir

Pour finalement te retrouver

Ma vie a perdu de sa saveur

Et je la troquerais volontiers

Pour cinq minutes à tes côtésWhat a Wonderful World

Cela fait déjà un an

Que je ne cicatrise pas

De t’avoir hors de moi

Ce morceau de moi qu’on a arraché

Ce morceau de toi que j’ai protégé

Ce morceau de nous qu’on a fracassé

Tu me donnes l’heure

Mais le temps est long

Combien de tour d’aiguilles à compter

Combien de soupirs à expirer

Combien de larmes à contenir

Pour finalement te retrouver

Ma vie a perdu de sa saveur

Et je la troquerais volontiers

Pour cinq minutes à tes côtés

Après 10 jours d’attente et un peu de chance, me voilà de retour du travail. Il est minuit, je ne sens plus mes muscles de mes épaules à mes phalanges. L’extrémité gauche des doigts de ma main gauche est noire, et je dois même demander de l’aide pour décapsuler ma bière.

Lors de mon article sur le travail en Tasmanie j’ai oublié de préciser qu’il y avait aussi possibilité de travailler dans des usines. Je n’y avais pas pensé, mais il est certain que tous ces fruits et légumes récoltés depuis des semaines doivent être traités, vérifiés, conservés, emballés et distribués. La petite main d’oeuvre pas chère et occasionnelle que représente la communauté des backpackers est donc fortement demandée.

Je travaille en shift de nuit, cela signifie que je travaille de 15h30 à minuit. Deux pauses de 10 minutes et une pause d’une demi-heure pour le lunch. Sans oublier les passages à la pointeuse pour signifier que le travail commence ou se termine.

Harvest Moon. C’est sous ce nom qui fera sourire les amateurs de jeu vidéo que seront traités une multitude de légumes. A priori je ne m’occuperai que d’un seul d’entre eux, et que d’une seule et unique tâche. Autant dire que les minutes passent lentement et que ce n’est pas le boulot le plus épanouissant que j’ai eu l’occasion de faire.

Acheminées dans des caisses de plusieurs mètres cubes, elles passent d’abord par le stade du triage. Une femme, seule, vérifie l’état de qualité de chacune d’entre elles. Ensuite rincées à l’eau, elles se répartissent dans un des dix petits couloirs. Selon le poids choisi pour la journée, certains couloirs s’ouvriront pour en laisser passer une ou deux afin d’obtenir un poids le plus proche possible du kilo ou des 500 grammes. Elles sont ensuite glissées dans un sac en plastique, fermé automatiquement et acheminé jusqu’à une plate-forme tournante. Juste avant la plate-forme un dernier test de poids est réalisé car il n’est pas rare que la machine bloque ou se plante et que le poids requis soit manqué.

S’entassant sur la plate-forme en forme de roue horizontale, les paquets sont attrapés par ma main gauche. Chaque carotte replacée dans le même sens dans le sac, envoyé à ma main droite, et le petit sac se retrouve placé dans un plus grand sac de 20 kilos. Une fois le sac plein, je le ferme à l’aide d’un bout de fil de fer conçu pour être fermé rapidement à l’aide d’un petit outil torsadant les deux extrémités entre elles. Ce sac de 20 kilos est placé sur une palette. 6 sacs par niveaux, 10 niveaux au total, c’est 1200 kilos de carottes qui sont empaquetées, la palette est prête. Et alors que je prépare le sac suivant, un clark vient chercher la palette pleine et nous en ramène une vide. C’est reparti !

Pas réellement fatiguant pour le dos, cette tâche reste néanmoins assez stressante. La machine garde un rythme régulier, tout est chronométré pour une rentabilité extrême et être lent n’est pas une option. Liane, notre superviseuse d’un mètre cinquante au sourire allégé de deux incisives, viendra plus d’une fois me faire un démonstration rapide de la façon dont je dois placer les sacs dans le fond du grand, de comment mettre les carottes dans le même sens dans leur petit sac en plastique, de comment toujours avoir un sac de carottes prêt dans la gauche, etc…

Je ne comprends pas toujours ses instructions car son accent à couper au couteau sur un fond de cliquetis, de relachement de soupapes, de klaxons de clarck, des avertisseurs de leurs marche-arrière, est relativement difficile à cerner. La plupart du temps je prétendrai comprendre d’un air bêta qui la fera réexpliquer de manière simple ma future tâche.

Je suis chargé du packing, mais lorsqu’une machine foire, ce qui arrive régulièrement, il se peut que je sois envoyé à un autre endroit. C’est étonnant de voir à quel point Liane prend son boulot à coeur. Chaque carotte doit être parfaite. Quand elle ne court pas vers une machine qui ne fonctionne pas elle donne un coup de main, vérifie et analyse comment tout se déroule.

L’autre machine sur laquelle j’ai du travailler pendant une demi-heure est celle de la découpe. Armés de gants pour éviter d’avoir de la carotte sous les ongles, on les place sur une chenille, la queue vers le bas, pour qu’elles soient découpées. Je ne sais pas ce qu’il advient de ces carottes car elles étaient particulièrement grandes et peut-être d’une autre qualité/distribution. Ce que je sais c’est qu’après 10 minutes j’avais mal au dos.

Au niveau du salaire, je suis payé 18,75$ brut de l’heure. Etant backpacker je suis taxé à 11%, ce qui revient à quasi 17$ net. Sachant que je travaillerai au minimum 5 jours par semaine, mais que je pourrais aussi bien travailler un 6ème jour. Sachant que j’ai du accepter de faire des heures supplémentaires jusqu’à 2h du matin quand nécessaire. Et si je tiens mentalement 10 semaines comme je le souhaite, je vais me faire un paquet de dollars. Je compte sur une économie de minimum 400$ par semaine.

Vous l’aurez compris, ce boulot n’est pas le plus épanouissant du monde. Il n’y aura pas de rebondissements tous les jours et je risque donc de manquer de contenu pour alimenter le blog. Prenez votre mal en patience car les quelques milliers de dollars que j’économiserai combleront le vide de ces prochaines semaines.

Ne me parlez plus de carottes…

Less is more

Comme vous ne l’ignorez pas, ici c’est l’été. Quoi qu’en Tasmanie on pourrait se plaindre du temps. Les températures sont assez fraiches et la moyenne tournera autour de 16° et 18° à l’extérieur. Autant dire que quand les rayons du soleil sont stoppés par les nuages il fait frais. Je rajouterais d’ailleurs que le pull encombrant mon sac à dos n’est pas inutile.

L’ambiance de Noël ne se fait pas sentir malgré les quelques sapins à gauche et à droite. J’imagine que ne pas faire la courses aux cadeaux, ne pas entendre tout le monde en parler et avoir un soleil radieux m’empêche de vraiment ressentir cette période de l’année. Cela dit, j’ai beau n’en avoir rien à faire de Noël, j’aurais été vraiment désappointé de le passer seul dans la chambre d’une auberge. La chance est avec moi car beaucoup de personnes passeront les fêtes au backpack. Ane, la “chef”, organisera une petite fête pendant laquelle chacun offrira un petit cadeau à une personne tirée au sort. Snacks et boissons offerts par la direction nous feront passer le réveillon dans une atmosphère agréable.

Le lendemain, jour de Noël proprement dit, chacun préparera un petit plat et nous mettrons tout en commun pour une grosse bouffe. Il y a tellement d’asiatiques dans l’auberge qu’on ne pouvait pas manquer les makis, ce qui ne manquera pas d’enchanter mes papilles ! Dans la bonne ambiance, les groupes restent formés, et on constatera généralement que les origines se retrouvent et discutent dans leur langue. Contre 85% d’asiatiques venant de Chine, Hong Kong, Taïwan, du Japon ou encore de Corée, nous ne sommes que quelques francophones (de France, Belgique et Québec), allemands ou finlandais.

Lorsque j’étais arrivé nous étions 4 francophones, maintenant il y en a 7. Je dois avouer que je passe la majorité de mon temps à parler français… Shame on me !

Pour le nouvel an, la fête s’est bien déroulée. Cependant, Ane, habitant au sous-sol et craignant les plaintes de voisins viendra plus d’une fois nous demander de baisser le son. Il n’est pourtant pas tard, mais le quartier dans lequel nous nous trouvons est loin d’être hyper actif. Ane est une petite dame de près de 60 ans, habillée pour l’occasion dans une robe de chambre rose accompagnée de ses cheveux chatains ébouriffés par son oreiller.

Et enfin, en ce jour du premier de l’an qui ne ressemble pas du tout au premier janvier que je connais, j’ai été me baigner à la plage. Le soleil tape sévère, mais l’eau ne doit pas atteindre plus de 8°… pretty cold !

Where’s your head at

Quick news!

Petite news rapide et sans accents pour vous signaler que j’ai enfin trouve du travail. Je fais des horaires assez tordus et ca me fatigue pas mal, je risque de manquer de force pour ecrire quelques articles.

Je ne vous en dit pas plus concernant ce boulot car je le decrirai en detail dans un prochain article, laissez-moi le temps de retrouver l’usage complet de mes bras, de mes avant-bras et de mes doigts… I’m not yet used to it !

Ceux qui sont mes amis sur Facebook avaient l’habitude de commenter certains de mes tweets. Cela n’est desormais plus possible. Je vous invite a me suivre sur Twitter et surtout a me repondre directement via le site. Le gros avantage c’est que je recois les reponses en temps reel sur mon GSM et que je peux vous repondre. Les messages sont publics, mais je sais que vous n’hesiterez pas a m’envoyer un e-mail pour les messages plus oses :-) !

Me suivre sur Twitter pour les nuls.

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(Dans quelques temps mes tweets ne seront plus visibles via Facebook du tout)

Sur ce, je vais prendre mon petit dejeuner de champion (oui Mamy, il est tres sain ;-) ), faire mes courses et preparer mon repas pour mon travail ce soir. Aujourd’hui est un jour de “public holiday”, mais moi je travaille tout de meme. Courage Fred !

Vers l’infini et au-delà !

Happy New Year!

Photo : Coles Beach, Devonport