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Archive for December, 2010


A titre de partage, voici un résumé de ce que j’ai pu obtenir comme information concernant les Harvest Jobs en Tasmanie. Ce qui s’applique certainement à l’ensemble du continent.

Travailler dans les fermes n’est pas aussi simple qu’il y parait. Ce que peu de personnes disent quand on lit les forums ou se renseigne, c’est que les fermes ne fournissent pas de logement. Et tout aussi important, elles ne fournissent pas plus le transport. Autant dire que ce n’est pas aisé… Il existe bien évidemment des exceptions à la règle, mais la quantité impressionnante de personnes cherchant du travail met à mal ceux qui n’ont pas les pré-requis.

Une autre chose aussi sont les listes. Il n’est pas rare que les fermes prennent, plusieurs semaines à l’avance, les noms de personnes intéressées de venir travailler. Si vous débarquez au moment de la saison, les listes sont déjà pleines. J’entends qu’il n’y a pas que quelques personnes dessus, mais plusieurs dizaines de backpackers choisis pour venir travailler pour une période de plusieurs semaines/mois.

Le Harvest Trail recommande de ne pas arriver à l’avance sous peine d’être en pénurie de travail. C’est pas faux, mais arriver au moment où tout commence est peut-être trop tard, et d’une manière ou d’une autre vous devrez vous faire à l’idée qu’il faudra tuer le temps. Une semaine, deux semaines, voir plus peuvent être requises pour trouver du travail et enfin vous remplir les poches. Patience !

La Harvest Line, le numéro gratuit fourni par le gouvernement, est évidemment un must. Il ne m’a pas été d’une grande utilité, mais il m’a conseillé deux auberges que je n’ai pas eu l’occasion de tester. Cela dit, ne misez pas tout là-dessus. Ouvrez les Pages d’Or et appelez les fermes une à une.

Heureusement pour ceux qui n’ont pas de voiture, il y a certaines auberges qui vous aident à trouver du travail. Rien n’est garanti mais dans la pratique ça a l’air de fonctionner. Méfiez-vous toutefois car certaines auberges sont des arnaques et n’hésitent pas à abuser de votre crédulité. Faites quelques recherches sur Google afin de trouver des “reviews” du backpack que vous convoitez.

L’auberge à Devonport qui aide à trouver du boulot, dans laquelle je suis, et qui a l’air très sérieuse :
Tasman Backpackers

Le site du Harvest Trail, avec son numéro gratuit et son PDF de qualité :
Harvest Trail

Première journée à tuer. Je me suis réveillé en même temps que la plupart de mes compagnons de chambre, soit quand le soleil se lève, entre 5h et 6h du matin. C’est à cette heure-là qu’ils se lèvent pour partir travailler. J’ai essayé de me rendormir sans grand succès, le ciel déjà bleu à l’extérieur m’invitait trop à aller prendre l’air.

Après une bonne douche de 4 minutes chronométrée, quelques pages de mon livre que je n’ai toujours pas fini, je me mets en route. Petite escale au Woolworth du coin pour acheter mon picnic que j’ai prévu de manger à Coles Beach. L’idée étant de faire des économies, pardonne-moi Mamy, mais je mange léger. Je me passerai donc du pain de mie cher et déguaulasse pour laisser place à des peites baguettes moins mauvaises. En accompagnement, un concombre ou des carottes. Et en bonus, quelques nectarines. J’en ai pour moins de 4$, hourra !

C’est devant le Spirit of Tasmania, le ferry qui fait le lien entre Melbourne et Devonport, que je commence ma balade. Ce n’est que quand elle se retournera que Borim remarquera que je la suis depuis 5 minutes. Nous sommes tous deux arrivés hier dans l’auberge et avons apparemment prévu de faire la même marche. Nous voilà reparti vers le phare, échangant tout le long des histoires sur nos différentes culture, je ne savais pas qu’en Corée on élevait des chiens pour les manger, vu la façon dont elle en décrit la viande, je me laisserais bien tenter !

Les quelques petites plages le long du chemin n’ont pas grand chose à envier à Coles Beach sableuse et plutôt propre. Toutefois le vent est vraiment froid et nous ne nous y attarderons pas. La suite se passera dans une forêt principalement composée d’eucalyptus située en bord de la Don River. Mais alors que nous traversons la Don River, je remarque des choses se déplacer dans le sable et s’arrêter instantanément. Intrigué, je m’appoche et à mesure que j’avance des petites choses fuient dans des trous. Des miliers de petites choses. Ce n’est qu’en simulant l’effondrement d’un de leur repaire que j’arrive à identifier un petit crabe. Il y en aura encore des tonnes le long de notre balade, se cachant un dizaine de mètres à l’avance…

Dans quel film…

Repère temporel : 21 décembre 2010

Mon car me lache en plein Hobart, mais merci à Lonely Planet, je connais le chemin jusqu’à mon auberge. Située en dehors du centre, il me faudra une petite demi-heure pour y arriver. Cette auberge semble immense, et a un look d’hôpital. Pas très chaleureuse à première vue, chaque personne qui passera devant moi, affalé sur le sofa devant la réception vide, me saluera.

La gérante arrive une demi-heure en retard (la réception devait ouvrir à 16h) accompagnée d’une personne qui avait pris le même car que moi. Et oui, en s’arrangeant on peut avoir un lift entre l’auberge et le terminal des Redline Bus, mais je n’en savais rien. Très sympathique, Ane, nous explique comment fonctionne l’auberge. Elle est contente que je sois arrivé parce qu’elle essayait de me garder un lit de libre depuis que j’ai passé ma réservation il y a une semaine.

D’ailleurs, il y a quelques personnes au courant de mon arrivée. La réceptionniste avec laquelle j’avais parlé au téléphone avait déjà communiqué à un ou l’autre que j’arrivais. Ensuite, François, un backpacker rencontré à Melbourne avec lequel j’ai gardé contact se trouve être dans la même auberge et je l’ai informé de ma venue. Il a lui aussi relayé l’information.

L’ambiance ici est très familiale, et cela s’explique sans doute par le fait que les personnes présentes restent ici plus longtemps que dans un backpack traditionnel. Cette auberge aide les voyageurs à trouver du boulot à condition que l’on s’y loge bien évidemment. La saison n’a pas encore réellement débuté mais beaucoup ont déjà trouvé du travail.

  • Il y a le “weeding”, ramasser les mauvaises herbes.
  • Les “potatoes” comment on dit, ramasser les pommes de terre.
  • Les “lettuces”, ramasser les laitues.
  • Le “apple thinning”, soit éjecter les petites pommes des arbres afin de laisser place aux plus grandes.
  • Et enfin les cerises, mais cela n’a pas encore commencé.

J’espère, ainsi que beaucoup d’autres, trouver du taf dans les cerises car ça paie apparemment très bien. D’ailleurs, selon les fermes, il y deux méthodes paiement, au rendement ou à l’heure. L’un et l’autre ayant ses avantages. Le salaire à l’heure tourne en moyenne autour de 18$ brut, ce qui revient à 16$ net pour un backpacker (nous sommes très peu taxés). Ce qui fait grosso modo 12€ de l’heure. Elle est pas belle la vie ? C’est certainement un beau salaire, meilleur qu’en Belgique, mais souvenez-vous que tout est plus cher ici.

Je n’ai pas d’indication concernant le prix au rendement, ça dépend de la ferme, du fruit/légume et de la quantité. J’ai toutefois entendu dire que les cerises pouvaient rapporter 200$ la journée, voir plus. Et que l’ail rapportait 900$ par semaine, mais ça c’est pas en Tasmanie.

Tasman Backacker

Into the wild

Repère temporel : arrivée le 20 décembre 2010

Depuis Dr. Coffee, l’Internet Cafe dans lequel je vais pour accéder au Web à Hobart, je consulte les annonces de HelpX. Il n’y a pas de travail dans les environs et je n’ai aucune envie de rester dans mon auberge pourrie. Je décide de contacter deux hôtes, un des deux est une famille à une demi-heure d’Hobart, l’autre est un centre de vacances qui recrute 8 helpers.

Une demi-heure après mes messages, et alors que je suis toujours dans le Coffee Shop, Kylie m’appelle. Elle m’explique qu’elle peut venir me prendre à Hobart dans l’après-midi. Sans hésitations j’accepte. Isabelle est installée à l’arrière du 4×4 dans lequel ils viennent me chercher. Kylie n’a pas vraiment d’accent australien, ça facilitera les échanges, et malgré son débit assez poussé j’arrive à suivre.

A Margate, je retrouve Leslie, une française que j’avais rencontré à Melbourne, étant helpeuse chez eux aussi. Nous partagerons la même chambre dans une petite pièce confortablement aménagée à côté de la maison. Leslie doit s’occuper de faire répéter la musique à Isabella et Zoe, et participer aux tâches quotidiennes de la maison. Pour ma part, je m’occuperai des tâches dites “d’homme”.

Au bout des 14 jours que je passerai sur place, je me rendrai utile en :

  • Nettoyant de tout ses caillous et coquilles d’huitres le bord de mer en face de la maison, le but étant d’en faire une jolie plage de sable blanc
  • Tondant la pelouse
  • Peignant les façades de la maison
  • Aidant Glen à la manière d’un manoeuvre sur leur terrain à Bruny Island
  • Aidant Kylie à mieux s’organiser informatiquement

Je n’ai pas pu rester plus longtemps sur place car ils n’avaient pas de place pour moi à Noël, cela dit il est fort probable que je retourne les voir. Kylie a été très sympathique et a passé beaucoup de coups de téléphone pour me trouver du travail. Elle m’a aussi invité à revenir et m’a affirmé qu’il ne fallait pas que je paie une nuit dans une auberge si j’étais de retour à Hobart car ils pourraient m’héberger.

Google Street View

Hipitruc Barbatruc et son mini-studio

Repère temporel : du 7 au 20 décembre 2010

Depuis Dr. Coffee, l’Internet Cafe dans lequel je vais pour accéder au Web à Hobart, je consulte les annonces de HelpX. Il n’y a pas de travail dans les environs et je n’ai aucune envie de rester dans mon auberge pourrie. Je décide de contacter deux hôtes, un des deux est une famille à une demi-heure d’Hobart, l’autre est un centre de vacances qui recrute 8 helpers.

Une demi-heure après mes messages, et alors que je suis toujours dans le Coffee Shop, Kylie m’appelle. Elle m’explique qu’elle peut venir me prendre à Hobart dans l’après-midi. Sans hésitations j’accepte. Isabelle est installée à l’arrière du 4×4 dans lequel ils viennent me chercher. Kylie n’a pas vraiment d’accent australien, ça facilitera les échanges, et malgré son débit assez poussé j’arrive à suivre.

A Margate, je retrouve Leslie, une française que j’avais rencontré à Melbourne, étant helpeuse chez eux aussi. Nous partagerons la même chambre dans une petite pièce confortablement aménagée à côté de la maison. Leslie doit s’occuper de faire répéter la musique à Isabella et Zoe, et participer aux tâches quotidiennes de la maison. Pour ma part, je m’occuperai des tâches dites “d’homme”.

Au bout des 14 jours que je passerai sur place, je me rendrai utile en :

- Nettoyant de tout ses caillous et coquilles d’huitres le bord de mer en face de la maison, le but étant d’en faire une jolie plage de sable blanc

- Tondant la pelouse

- Peignant les façades de la maison

- Aidant Glen à la manière d’un manoeuvre sur leur terrain à Bruny Island

- Aidant Kylie à mieux s’organiser informatiquement

Je n’ai pas pu rester plus longtemps sur place car ils n’avaient pas de place pour moi à Noël, cela dit il est fort probable que je retourne les voir. Kylie a été très sympathique et a passé beaucoup de coups de téléphone pour me trouver du travail. Elle m’a aussi invité à revenir et m’a affirmé qu’il ne fallait pas que je paie une nuit dans une auberge si j’étais de retour à Hobart car ils pourraient m’héberger.

Google Street View

Hipitruc Barbatruc et son mini-studio

Repère temporel : du 7 au 20 décembre 2010

Comme son nom le laisse entendre il s’agit d’un échange d’aide. Principe très simple, en échange de quelques heures de travail par jour, votre hôte vous offre le gîte et le couvert. Quoi qu’il peut y avoir quelques variations, certains hôtes demandent plus de travail que d’autres, certains n’offrent pas plus que le logement et vous devrez acheter et cuisiner vos repas.

A analyser au cas par cas, il reste toutefois un moyen intéressant de rencontrer des locaux, et de passer le temps en se rendant utile dans des fermes ou des familles. Certains hôtes peuvent aussi vous aider à obtenir le deuxième Working Holiday Visa en attestant d’un travail qualifié.

Je n’ai eu qu’une seule expérience le jour où j’écris cet article, mais j’en suis ravi. J’ai passé 14 jours dans une famille très sympathique en Tasmanie, aucune dépense à faire, cela valait vraiment le coup de payer les 20$ de l’inscription.

A voir aussi, dans un principe similaire, le Wwoofing. Vous devrez acheter le livre au prix de 65$ pour être inscrit, l’inscription vous fourni également une assurance dont je ne connais pas les détails.

HelpX.net
Wwoofing

Photo : Aucun rapport, vue depuis ma balade le long de Devonport

Comme son nom le laisse entendre il s’agit d’un échange d’aide. Principe très simple, en échange de quelques heures de travail par jour, votre hôte vous offre le gîte et le couvert. Quoi qu’il peut y avoir quelques variations, certains hôtes demandent plus de travail que d’autres, certains n’offrent pas plus que le logement et vous devrez acheter et cuisiner vos repas.

A analyser au cas par cas, il reste toutefois un moyen intéressant de rencontrer des locaux, et de passer le temps en se rendant utile dans des fermes ou des familles. Certains hôtes peuvent aussi vous aider à obtenir le deuxième Working Holiday Visa en attestant d’un travail qualifié.

Je n’ai eu qu’une seule expérience le jour où j’écris cet article, mais j’en suis ravi. J’ai passé 14 jours dans une famille très sympathique en Tasmanie, aucune dépense à faire, cela valait vraiment le coup de payer les 20$ de l’inscription.

A voir aussi, dans un principe similaire, le Wwoofing. Vous devrez acheter le livre au prix de 65$ pour être inscrit, l’inscription vous fourni également une assurance dont je ne connais pas les détails.

HelpX.net

Wwoofing.xxx

Photo : Aucun rapport, vue depuis ma balade le long de Devonport

Hobart

Il avance pas à pas, s’arrête sur chacun d’entre eux. Il les analyse à sa manière et décide ou non de les laisser continuer leurs courses. Sur ce tapis roulant, le chien de la douane renifle chacun des sacs des voyageurs. Il ne cherche pas d’explosifs, il ne cherche pas de drogue… il cherche des légumes, des fruits ou des aliments frais.

Mince, j’ai gardé mes courses de Sydney avec moi. Mon concombre et ma pomme sont dans mon sac, j’imagine que ce clébard va me dénicher… je n’attends pas de me faire avoir pour aller prévenir la douane de ce que j’ai osé transporter dans la soute de l’avion. Ce satané cabot est ravi, il a trouvé ce qu’il devait et est donc récompensé, et moi j’ai perdu mes vivres à prix d’or. Hobart, Tasmanie. La politique de quarantaine est encore plus ferme que lorsque je venais d’outre-mer.

Ravi de voir qu’il y a des réductions pour les membres YHA, je monte dans la navette en indiquant au chauffeur que je dois descendre à Salamanca. C’est mon point de rendez-vous avec Mike, le CouchSurfer qui m’offre un toit. Lui et moi n’avons pas défini de durée, ce qui est plutôt cool car je suis descendu à Hobart pour trouver du travail et je n’ai aucune idée du temps que ça va me prendre.

Assis sur mon banc, mon Lost Symbol au bout des mains, j’attends patiemment Mike. J’ai mis mon pull car le vent est frais et le soleil à moitié présent. La Tasmanie est encore plus au sud que le sud de l’Australie. Et qu’on se le dise, ici, le sud, c’est froid ! “Hey Fred”, c’est Mike. Américain d’origine et d’obésite, il me souhaite la bienvenue. Il a grandi à New York, et n’est à Hobart que depuis 6 semaines. Il se trouve qu’il est devenu le colocataire du CouchSurfer qui a décidé de l’héberger à Hobart. Et comme elle est en vacances, il y a de la place pour nous.

Au bout de 10 minutes en sa présence, j’avais fait la rencontre d’une demi-douzaine de personnes. Et plus tard, nous mangerons en compagnie de son autre CouchSurfer et de deux autres personnes. Cet aspect social est très agréable, mais pas toujours simple car une discussion en anglais ce n’est pas simple à suivre, et encore moins quand il s’agit de réagir.

Pour faire d’une histoire longue une histoire courte, je n’aime pas Mike, et il ne m’apprécie pas non plus. En tous cas, c’est ce que le contraste entre la façon dont il se comporte avec Bernardo et avec moi qui me le fait penser. Je resterai chez lui 4 nuits, ensuite je lui expliquerai que je m’en vais, que je vais rester dans le coin mais que je ne sais pas encore où.

Bien évidemment, je savais très bien où j’allais. J’avais réservé une nuit dans une auberge afin de savoir où débarquer une fois que j’aurais quitté sa maison. J’espérais trouver un travail plus vite mais mes coups de fil n’ont rien donné. Il faut dire que la saison de la récolte n’a pas encore commencé.

Décidé de ne pas rester à rien faire à Hobart, je contacte quelques hosts HelpX. Une demi-heure après on me rappelle en me proposant de venir me chercher le jour-même. J’accepte, très content de quitter Hobart et de cesser d’errer sans but dans cette ville, ma foi, fort petite.

J’ai fait quelques balades le temps de mon séjour chez Mike. Une d’entre elle m’a beaucoup plu, vraiment beaucoup plu. Elle donnait, du haut d’une forêt d’eucalyptus, un bel aperçu lointain de Hobart. La descente quand à elle ressemblait à une forêt pluviale. Dommage que j’ai du remonter Sandy Bay Rd de tout son long pour retourner d’où je venais.

Photo 1 : Battery Point
Photo 2 : Vue de Hobart depuis Mt Nelson (Signal Station)
Photo 3 : L’entrée dans Truganini Reserve (pour moi c’était la sortie)
Photo 4 : Un business à prendre ?

Cry me a river

Mouvement de plus en plus populaire chez les voyageurs, le CouchSurfing est un moyen de se loger gratuitement tout en rencontrant des gens de partout dans le monde. Le principe veut que l’on se fasse héberger en “surfant” sur le canapé des personnes le proposant. Cela n’implique rien d’un côté comme de l’autre, on prête son sofa ou on dort.

Dans la pratique, c’est un peu différent. Je n’ai pas une grande expérience en CouchSurfing, mais ce que j’en dirais c’est que les hosts (personnes qui vous hébergeront) ne raffolent pas des voyageurs pauvres dont l’argent est le principal motif de votre venue chez eux. Je trouve ça très hypocrite. Oui c’est sympathique de rencontrer des gens, mais il va falloir admettre que la majorité des CouchSurfers ne pensent pas comme ça et que le logement gratuit est l’intérêt principal. De plus, lorsque vous serez hébergé, même si rien ne vous y oblige, il sera apprécié que vous fassiez à manger ou rendiez quelques services.

Selon les hosts vous aurez les clés de la maison ou pas. Vous aurez droit à une visite touristique vous emmenant aux endroits phares de la ville et la possibilité de rencontrer des tas d’autres gens, y compris, parfois, d’autres CouchSurfers chez ce même host.

Qu’on se le dise, ce n’est pas si évident de trouver des hosts. Il m’est déjà arrivé d’envoyer des dizaines de messages et de n’avoir que des refus. Certains préfèrent être prévenus au dernier moment, d’autres longtemps à l’avance. Certaines villes sont très prisées à l’approche d’événements, c’est le cas de Sydney par exemple qui est overbooké de CouchSurfers 2 mois à l’avance en prévision du nouvel an.

Beaucoup de hosts demandent des messages personnalisés, d’expérience je ne peux que vous conseiller d’en faire. Essayez de trouver des gens qui vous intéressent et de leur montrer que leur profil vous plait. Eviter de tomber dans la tentation de contacter 60 personnes avec le même message car cela ne paie pas. Ne contactez pas forcément les premiers de la liste, contactez aussi les gens qui vivent dans les quartiers, ne contactez pas que les gens qui “ont un canapé à coup sûr”, et si possible… soyez une femme, ça aide !

En parlant de ça, je ne peux que vous conseiller d’être prudent(e). Les mauvaises évaluations sont plus difficilement écrites que les bonnes, il se peut que des personnes malhonnêtes s’en sortent plusieurs fois sans être marquées de rouge. Et surtout ne restez pas sur place si vous vous sentez mal à l’aise, même si cela peut paraitre malpoli.

En bref, je trouve que CouchSurfing est basé sur une idée vraiment géniale, j’adore la philosophie du système, mais il y a un mais.

Le site de CouchSurfing

Sydney. Il pleut. Hadrien achète son billet pour Canberra. Nous nous faisons la bise -ce qui n’est pas commun ici. Il s’en va.

Le lendemain. Katoomba. Après deux heures de train, espérant que sur le trajet le temps s’éclaircisse, j’arrive à destination. Katoomba est une ville qui vit clairement du tourisme que provoquent les Blue Moutains. Dans la brume la plus totale, accompagné d’une pluie de micro-gouttes, je descends Katoomba Street vers mon YHA*.

Je suis déçu. J’ai déjà eu l’occasion de voir les Blue Mountains en photo et c’est tout simplement magnifique. Une étendue vallonnée verte jalonnée par endroits de magnifiques lookouts. Il pleut, il fait frais, misty, je ne verrai rien… Je traine dans le lobby de l’auberge, en attendant qu’une élaircie s’amène ou que la motivation me vienne d’un coup pour retourner mettre mon nez dehors.

Il n’est pas impossible que la motivation monte d’un coup. Le français avec qui je partage ma chambre de quatre lits est revenu d’une petite balade. Il a été jusqu’à Echo Point, le point de vue depuis lequel on peut observer les Three Sisters. Les Three Sisters sont une formation rocheuse, lieu incontournable de la région, constituée de trois blocs adjacents pointant vers le haut. La légende voudrait que ces trois soeurs aient été figées en pierre afin d’être protégées des vilains garçons, mais le sorcier ayant lancé le maléfice décédera avant de les libérer.

Moi aussi j’aimerais les voir, même dans la brume. Je vais donc à la réception où on m’indique un itinéraire sympa malgré le temps pourri. Je signe le registre des bushwalkers, mesure de sécurité mise à disposition des visiteurs dans le cas où ils leur arriveraient quelque chose. Dans mon guide ils recommandent d’être toujours accompagné lors des bushwalks, de prévenir de notre départ et d’avoir une bonne carte car il n’est pas rare de se perdre.

Je descends la ville jusqu’à l’entrée du parc national. Mon idée est de descendre les Furber Steps, soit quelques 800 marches. En bas, il y a la possibilité de remonter via un téléphérique ou sur rail. Arrivé au premier lookout je suis émerveillé. Depuis que je descendais je longeais une falaise sans même m’en rendre compte, et maintenant la vue que j’ai me coupe le souffle. Malgré la brume qui laisse à peine apparaitre les formations rocheuses devant moi, c’est magnifique !

Finalement, la pluie dans la rainforest c’est pas si mal. Mes pieds et moi remercieront plusieurs fois mes chaussures qui ne prennent pas l’eau contrairement à ma veste sensée être imperméable. La pluie de micro-gouttes ne semble pas être humide, mais on a vite fait d’être trempé. Des gouttes d’eau plus épaisses se forment sur les feuilles des arbres qui, en s’écroulant sous le poids de l’eau, les feront atterrir plus d’une fois sur ma tête. Le clapoti constant des gouttes s’écrasant de tous côtés et ruisselant contre les parfois rocheuses n’est pas masqué par le bruit de la cascade que je ne situe que par son fracas.

Enfilant les volées d’escaliers taillées dans la pierre, façonnées pour les touristes ou métalliques, je m’enfonce dans cette forêt. Arrivé en bas, le coin des touristes, il est très simple d’y avancer grâce au ponton de bois. Quelques plaques informatives nous renseignent sur différents aspects de la forêt, mais je n’ai pas envie de lire. Je ne croiserai qu’une seule personne sur tout mon trajet : ici bas. Il s’agit d’un employé du téléphérique, très sympathique, s’assurant que je suis conscient de l’heure du dernier passage. Je lui répondrai que je préfère remonter à pied, sans préciser que 12$ c’est exagéré pour 1 minute de remontée.

Un poil plus loin, un arbre dont le tronc est creux est accompagné d’une plaque explicative nous invitant à nous pencher à l’intérieur. Sur près de 3 mètres de haut l’arbre aux dimensions gigantesques n’a comme tronc que quatre pattes apparemment costaudes. En me penchant à l’intérieur, je remarque une bestiole. Elle ressemble à une fourmi, seule, rouge presque transparent donc la dernière partie de son corps est noire. Elle doit mesurer un bon deux centimètres. Elle semble chercher quelque chose. Serait-ce une reine ? Aucune idée !

Ayant fait tous les petits chemins possibles du ponton je reprend les Furber Steps en sens inverse. Je veux remonter jusqu’à un certain point et ensuite faire la balade jusqu’à Echo Point en longeant la falaise. La pluie s’intensifie. Au même endroit qu’à la descente je croise un oiseau, mais pas l’oiseau habitué aux touristes comme cette pie qui s’était posée deux mètres devant moi sur le ponton, m’invitant de son oeil presque jaune à laisser tomber de la nourriture. Cet oiseau me fait penser à un paon dont la queue n’a aucune allure, plutôt formée de quelques plumes sombres plus longues que son corps. Aussi surpris que moi, il me laisse le temps de bien l’observer en s’échappant à allure modérée dans les fourrés.

Au fil des marches je me demande comment décrire cette forêt dans laquelle je suis. Je remarque ces lianes ou branches pendant de toutes parts comme des spaghettis lancés au hasard dans un buisson. Des arbres morts se sont écroulés ça et là, très important pour la vie de la forêt. Un arbre énorme s’est écroulé suite à de nombreuses frappes de la foudre. Celle-ci a fragilisé son tronc qui est brûlé à l’intérieur de sa base. Il faudra près de 150 ans pour que cet arbre se décompose. Certains troncs sont épluchés. De grandes parties de leurs écorces tombant le long de leurs troncs, attendant d’être suffisamment moisis pour tomber à leurs bases. Des palmiers, ou plutôt des fougères au sommet d’un tronc de palmier. De l’eau ruisselante, des feuilles mortes.

Des eucalyptus bien sûr ! Une grande majorité des arbres en sont, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce lieu est surnommé les Blue Mountains. Apparemment l’huile contenue dans les feuilles des arbres créée une brume bleue avec la rosée du matin.

Arrivé au chemin vers Echo Point, je m’inquiète de l’heure. La balade complète aurait du prendre deux heures et j’ai déjà mis plus de deux heures jusqu’ici. Je décide de rentrer au YHA. Mais avant ça, je vais voir le lookout à 2 minutes.

Wow ! Je ne vois rien, que de la brume, du gris, du nuage, de la pluie, du vent, le son de la cascade au loin. Rien ! J’adore ! J’ai le sentiment d’être au bout du monde, sur le toit de l’univers, à l’entrée du paradis. J’ai beau ouvrir mes yeux et tenter de voir ce qui se cache de l’autre côté, je n’y parviens pas. Je reste là, seul, le sourire béat, à admirer ce néant.

Soudainement, la brume se dissipe légèrement, laissant transparaitre une forme. C’est la falaise en face de moi qui se dessine lentement dans un dégradé de gris. Je suis effrayé, comme si un bateau pirate venait de faire son apparition, surpris de voir qu’en face de moi se tenait quelque chose, caché dans l’ombre.

Cet endroit est magique.

Le lendemain, accompagné du Néerlandais qui partage aussi la chambre, je repars du point d’hier pour aller jusqu’à Echo Point. J’ai l’air stupide armé de mon poncho de plastique transparent. Mais au moins je ne serai pas mouillé, du moins c’est ce que je pensais. La pluie si fine se glisse en quelques endroits du poncho, m’humidifiant plus encore que la simple transpiration dans ce sac en plastique.

L’endroit a perdu de sa magie. Mon compagnon, que j’aurais préféré décourager en lui montrant les grosses flaques versus ses petites baskets, soutiendra “We see nothing” le long de la balade. C’est vrai que nous ne voyions rien, mais moi j’aimais ça, quand il n’était pas là. Arrivé devant les Three Sister, “We see nothing”. Fatigué de la pluie, de l’humidité, du poncho qui m’emmerde plus qu’autre chose et de l’individu qui m’accompagne, nous rentrons. Ma journée se résumera à ça, et à une avancée considérable dans mon bouquin.

Le lendemain, il pleut encore, le courage m’abandonne. Je reviendrai une prochaine fois, quand le temps sera plus ensoleillé.

* La chaine d’auberges dans laquelle je dors la plupart du temps

Dernière photo : Les Three Sisters. Cherchez pas, on ne les voit pas.

Dis, ça veut dire quoi “better off alone” ?