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Archive for November, 2010


Certains l’appellent Ayers Rock, mais en réalité il s’agit d’Uluru. Uluru est le nom qu’ont donné les Anangus à ce monolithe de plus de 350 mètres de haut et 3 km de large. Il n’est pas consituté de la même roche que Kata Tjuta, celle d’Uluru est plus “fine” et ressemble moins à une aglomération de gravats. Par endroit le rocher ressemble à du métal. Sa couleur rouge et certaines perforation par endroit laissent croire à une tôle épaisse qui rouille là depuis des années.

Dans le folklore Uluru est créé par deux enfants. Toutes les histoires liées à Uluru et sa création mettent en scène des personnages de la Création, de taille beaucoup plus importante que la notre, de forme animale et humaine, voire de plantes. Par exemple, la création des fleuves vient d’un serpent géant qui parcourait le monde en chantonnant. La trace qu’il laissera derrière lui formera une rivière, tandis que ses chansons conteront l’histoire du monde.

Un jour, deux enfants décident de faire un énorme tas de boue. Il s’amusent à regrouper un maximum de boue et d’en faire un joli monticule. Ils jètent derrière eux les rochers qui se sont mêlés au tas de boue, et continue à rassembler de la terre pour faire de ce tas, un tas énorme. Afin qu’il soit encore plus grand un des enfants monte sur les épaules de l’autre et continue de façonner Uluru. Satisfait de leur réalisation, du sommet ils observent leurs familles s’adonner aux tâches quotidiennes. Maintenant qu’ils doivent descendre un problème se pose tant le rocher est haut. Ils se mettent à plat ventre et se laissent glisser le long de la falaise en se retenant de leurs mains. Uluru est né. Ainsi que Kata Tjuta grâce aux morceaux de rochers lancés derrière eux.

“Bah c’est un gros rocher quoi !”. C’est ce que j’ai entendu plusieurs fois avant de le voir moi-même. Et je trouve ça tellement faux. Ce rocher a une âme, une histoire, il est sacré et dégage quelque chose. En observant le coucher du soleil sur Uluru, je ne pouvais m’empêcher de penser à l’effet que devait avoir un pareil spectacle sur les hommes il y a des miliers d’années. Un gros rocher, rouge, sortant de nulle-part et visible à des kilomètres. A son pied, plusieurs choix possibles. Le climb ou le base walk. Le climb, vous l’aurez compris, consiste à monter dessus. Tandis que le base walk propose d’en faire le tour via les 10 kilomètres que constituent sa base.

Sarah aura vite fait de convaincre la plupart d’entre nous à ne pas faire le climb. Ce lieu est sacré et le chemin emprunté par les touristes est le chemin utilisé jadis par les anciens. Les Anangus eux-mêmes ne grimpent jamais sur Uluru. Pour faire une comparaison grotesque, c’est un peu comme si nous grimpions sur nos croix représentant la crucifixion. Au-delà de l’aspect spirituel, il y a aussi le danger. Déjà plusieurs dizaines de personnes sont mortes en escaladant le rocher. D’ailleurs, sous certains conditions le climb est fermé : température excédant 36°, vent violent, pluie, orages. Il y a des négociations entre les Anangus et le gouvernement pour fermer définitivement le climb, mais craignant que cela fasse chuter le nombre de touristes aucune décision n’a encore été prise.

Le long du base walk on admirera les différentes faces d’Uluru. Un certain nombre d’entre elles avaient jadis une utilité. Un lieu sacré pour les hommes, un pour les femmes, une endroit idéal pour la préparation de la cuisine, un autre pour se cacher des prédateurs, etc… des panneaux nous signaleront par endroit que nous n’avons pas le droit de prendre de photos. Et que ceux qui s’y risquent aient bien en tête que ceci peut entrainer des amendes jusqu’à 5000$. Je vous ai dit que les femmes et les hommes ne mélangeaient pas leurs savoirs, ils ne peuvent pas voir les lieux sacrés qui ne les concernent pas non plus. Même si ils ne l’ont pas fait exprès ou qu’il s’agit d’une photo. Si un homme est obligé de passer devant un lieu sacré pour femmes, il tournera la tête et ne regardera pas. Nous, touristes, ne devons pas leur faire prendre le risque de voir ce qu’ils ne doivent pas voir.

Sur les 5h du chemin du retour, nous verrons un dromadaire sauvage. Nos chevaux n’étant pas aussi performants qu’un dromadaire, certains ont été importés en Australie. Lorsque nous n’avons plus eu besoin d’eux, ils ont été relâchés dans la nature. Et survécurent. Si bien que l’Australie est le pays avec la plus grosse population de dromadaire au monde, à tel point qu’ils en exportent !

Sarah freine brusquement. Le van part en vrille de gauche à droite, elle se gare sur le côté de la route, ouvre sa portière et court à l’arrière du véhicule. Que se passe-t-il ? Ce n’est pas dans son habitude de s’arrêter de parler en pleine phrase et de se garer sur le côté d’une route désertique. Nous spéculons tous sur les raisons. A-t-elle perdu quelque chose ? Le van a-t-il un sérieux problème technique ?

Elle revient, heureuse d’avoir réussi sa bonne action, avec un lézard entre les doigts. Elle l’avait aperçu sur la route et s’était empressée d’aller le sauver d’une mort certaine. Ce petit lézard aux formes piquantes imitant la roche a une fausse tête sur son cou. Si bien que lorsqu’un oiseau décidera d’en faire son repas il se retrouvera avec une tête de fortune dans le bec et donnera ainsi une seconde chance au petit “thorny devil”.

Nous nous arrêterons en chemin pour une mini-course de dromadaire que je ne ferai pas. Et nous retrouverons au Rock Bar pour une bonne petite soirée après une bonne douche bien méritée au backpack.

Alright kids ? Cool beans !

J’ai chaud. Il est dans les 5h du matin et alors que j’ouvre mon swag pour prendre une bonne bouffée d’air frais, la lune me sourit. Le ciel commence à se bleuter et le clair croissant de lune est encore visible dans le ciel. Quelques moustiques viennent siffloter dans mes oreilles, je les chasse et me recouvre à nouveau du swag. Ce sac de couchage est trop épais, j’ai très chaud, trop chaud, je transpire.

Sarah fait l’appel. “Get up guys !”. Je sors de mon sac de couchage et m’aperçois que je suis trempé, j’ai vraiment eu trop chaud pendant la nuit, et à l’inverse de certains autres j’ai préféré me protéger des moustiques en m’enfermant complètement dans mon swag. L’air est juste frais comme je l’espérais, il n’y a pas de rosée et déjà certains se regroupent autour du feu que Sarah vient d’allumer. Deux choix pour le petit déjeuner, toasts ou céréales. Les toasts peuvent être grillés ! Une passoire retournée au dessus d’un tas de braises et nous voilà avec un superbe grille-pain ! Astucieux Johnny* !

Après avoir tous enroulé nos swags et démonté le campement, nous reprenons la route destination Kata Tjuta ou, occidentalement parlant, les Olgas. Les Olgas sortent du paysage comme Uluru. A la différence qu’il ne s’agit pas d’un monolithe, mais de plusieurs assemblés les uns à côté des autres. Kata Tjuta est situé dans un parc national qui appartient au peuple aborigène. En 1985, le gouvernement australien a accepté de rendre aux Anangus cette terre qui leur est sacrée. A la seule condition que les aborigènes louent le parc pour 99 ans à l’état australien. Ce qu’ils ont accepté, et c’est sans doute la raison pour laquelle il faut payer 25$ pour y rentrer. Quelle hypocrisie… “Tiens voilà ce qui t’appartient, mais j’en garde l’usufruit !”.

Pour les aborigènes Uluru et Kata Tjuta ont une histoire, il font partie de leur culture, de leur spiritualité, de leur vie. Je ne connais pas la signification des Olgas, si ce n’est que dans leur folklore, la création des Olgas est liée à celle d’Uluru. Géologiquement les Olgas sont vieux de milliers d’années, datant de l’époque où l’Australie était recouverte d’une mer. Je ne l’ai pas mentionné mais King’s Canyon est en réalité fait de “sand stone” qui provient aussi du fait que l’Australie était une mer, puis plus, puis à nouveau etc… Je ne me souviens plus exactement des détails géologiques et historiques.

En gros, Kata Tjuta est formé de pierres cimentées entre elles par du sable qui est devenu de la pierre lui-même. La roche n’est pas nette, cela ressemble très fortement à du mortier. A la seule différence que la rocaille est beaucoup plus grande et que le fer contenu dans la roche lui donne une couleur rouge rouille.

7 kilomètres nous attendent dans les Olgas, à la fois rocailleux, raide, plat, rouge, vaste et étroit. Une belle promenade où les grands espaces s’effacent et laissent place aux passages plus étroits entre ces monolithes de quelques centaines de mètres de haut, et inversement. Intéressant à savoir, la partie des Olgas que l’on aperçoit sortir du sol n’est qu’un appendice de la roche. Ces formations rocheuses s’enfoncent sur des kilomètres dans la terre.

L’après midi, nous nous rendons au centre culturel du parc. Un centre sur la culture aborigène. La culture aborigène est régie par une seule chose (dont je ne me souviens pas du nom). C’est sous ce nom que se retrouvent la culture, l’histoire, la loi, la spiritualité, les moeurs. Tout est régi par une seule et même chose. Afin d’être sur que rien ne se perdre, ce savoir est divisé en 3 catégories. Les enfants, les hommes et les femmes. Ainsi, tous les enfants apprendront le savoir lié aux enfants. Ensuite quand ils auront atteint le niveau de connaissance suffisant, ils apprendront des anciens le savoir lié à leur sexe. Les femmes apprendront où trouver de l’eau et de la nourriture, comment la préparer, créer des outils ou encore utiliser les plantes comme remèdes. Les hommes apprendront les techniques de chasse, à créer des armes, où chasser. Jamais un homme n’apprendra quelque chose lié aux femmes, et jamais une femme n’apprendra les choses liées aux hommes. La quantité d’information à apprendre est telle qu’ils se font un devoir de ne pas prêter attention à ce qu’il ne doivent pas savoir.

Avant la soirée nous irons au pied d’Uluru, faire une petite marche. Sarah nous racontera plusieurs histoires qu’elle a apprises des enfants Anangu. Nous observerons le coucher du soleil sur le Rock, magnifique ! Et demain nous retournerons à Uluru pour en faire le tour. Je vous parlerai du gros rocher dans mon blabla sur la journée de demain.

Nuit en camping cette fois, ça veut dire qu’on avait des douches, le reste ne change pas ! Mais le mieux ce n’était pas la douche, c’était de s’endormir en regardant le ciel noir nappé d’étoiles. Le feu crépite, il fait un peu frais, je m’endors.

* C’est mon métier, bébé !

Un son vient jusqu’à mes oreilles, je sens que quelqu’un bouge. C’est Hadrien qui s’active pour retrouver le réveil dans son lit afin d’éviter de réveiller notre compagnon de chambre. Ce matin nous devons nous lever en même temps que le soleil pour le “Rock Tour”. Une expédition de trois jours qui nous emmènera découvrir trois magnifiques endroits du centre australien.

Je me réveille, et j’insulte Hadrien. Il est 4h du matin. Prévoyant comme d’habitude il a configuré son réveil tôt la veille, mais il n’a pas pensé à changer d’heure. Entre Alice Springs et Melbourne il y a 1h30 de décalage et bien entendu je ne me rendormirai pas. C’est tout simplement impossible ! Notre compagnon de chambre, un jeune coréen ayant trouvé du travail à l’hôpital d’Alice Springs, ronfle. C’est un professionnel en la matière. Si un concours devait avoir lieu il se disputerait le podium avec un dinosaure malade.

J’attrape mon sac préparé la veille. Il est prévu que nous dormions deux nuits en “camping style”, pas grand chose à prendre du coup. J’ai quand même prévu un pull, un pantalon et un t-shirt de rechange en plus des 3 litres d’eau qui étaient obligatoires pour ce premier jour. “Dehydratation’s a bitch” nous informait Sarah à peine dans le car. Pleine d’énergie, elle nous sensibilisera sur l’obligation d’avoir 3 litres d’eau pour le premier jour, si nous n’en avons pas autant nous ne pourrons pas faire la grande balade dans King’s Canyon.

Nous devons rouler pendant près de 5 heures avant d’arriver à King’s Canyon. Le paysage m’étonne, je m’attendais à trouver des étendues désertiques, mais ce n’est pas le cas. Les alentours sont très peu vallonnés et très verts, il y a des arbustes et des plantes le long du chemin. La couleur du sol oscille entre le jaune sable et rouge ocre. La nature du sol elle-même est variable, par endroits il s’agit de rocailles, d’autres de terre poussiéreuse ou encore de sable rouge orangé.

“Introduction game !”. Sarah nous sort tous de notre mi-sommeil, nous allons jouer à un jeu. Petite famille improvisée de 22 personnes, nous allons passer trois jours ensemble, les présentations sont essentielles ! Commençant la première, elle nous invitera à nous présenter à travers les différents sujets qu’elle-même utilisera. De notre parfum de glace préféré à notre premier baiser en passant par nos boissons préférées ou encore le groupe de musique que nous aimerions avoir à notre anniversaire, nous en apprenons tous sur chacun. 8 hommes, 14 femmes, 13 nationalités.

Dernier rappel sur l’importance de nos 3 litres d’eau, ponctué par les panneaux des rangers indiquant qu’il faut boire un litre d’eau par heure, nous nous mettons en route vers le “Heartbreaking climb”. Le début de la balade dans le canyon commence d’abord par son ascension. Une montée raide, aménagée en un escalier fait de pierres, qui fait jouer de la grosse caisse à notre coeur. Raide mais pas longue, heureusement, nous sommes en haut. Déjà la faune nous émerveille avec deux petits lézards prenant le soleil en imitant la couleur de la pierre sur laquelle ils sont posés.

A plusieurs moments nous en apprendront sur les “Bush Medicines” que les Anangu (aborigènes) ont découvert au fil des années. La première explication que nous aurons concerne les “Bush Tomatoes”. Des tomates qui ne deviendront jamais rouges mais jaunes, de la taille d’une cerise dont seulement 4 espèces sont comestibles sur les 32 similaires. D’autres plantes ont des propriétés formidables agissants, entre autres, comme antiseptiques, désinfectants ou simplement contre le rhume. Sarah nous fera sentir de la sève écrasée en poudre qu’on est sensé mélanger avec de la graisse animale et mettre sur son torse, c’est du Vaporex.

Dans le King’s Canyon il y a aussi une gorge. Mais quelle est la différence entre un canyon et une gorge ? Un canyon est d’abord constitué d’une fissure qui s’élargira par l’érosion de l’eau et du vent. La gorge commence par une rivière et ensuite d’agrandi. Intéressant, le Grand Canyon aux Etats-Unis est une gorge…

Il a plu beaucoup ces derniers mois ce qui nous donne la chance de voir une végétation presque luxuriante pour un endroit habituellement beaucoup plus désertique. Dans le fond du canyon la végétation est encore plus présente qu’au dessus, on se croirait dans une petite oasis. Ceux qui avaient prévus leurs maillots peuvent profiter de ce coin de paradis pour se baigner. L’eau n’est pas très chaude, mais juste assez pour que nous plongions tous dedans ! Après une heure et demi de marche, ou plutôt après une heure et demi de transpiration, rien de plus agréable que de tremper son corps. Sans compter qu’aucune douche n’est prévue pour aujourd’hui. Par habitude j’ai ouvert mes yeux dans l’eau. Elle est verte ! Yerk !

De retour après plus de 3 litres de marche, nous reprenons la route en sens inverse pour nous diriger vers Uluru. Nous allons camper dans l’outback, comprenez “au milieu de nulle-part”. A priori nous devrions observer les étoiles du fond de nos “swags”, mais le ciel se couvre et même quelques gouttes perleront sur le chemin.

Nous nous arrêterons le long de la route où le sol fait de sable rouge maintient des quantités impressionnantes d’arbre morts. C’est le moment d’aller s’approvisionner en bois pour le feu. Je ne me souviens plus du nom du type d’arbre que nous devons ramener, mais il a des propriétés extrêmement intéressantes pour le feu. Ses bûches tiennent longtemps la chaleur et se consument relativement lentement. Des plantes écorcheront nos jambes, des graines d’accrocheront à nos chaussettes et nos yeux feront attention à la wildlife alors que nous arrachons les branches des arbres morts.

La nuit est déjà tombée alors que nous nous arrêtons au bout de cette route rouge et poussiéreuse. Certains s’occupent d’accrocher les bâches qui nous protégeront du vent et éventuellement de la pluie tandis que les autres préparent à manger et s’occupent du feu. Faire du feu dans le bush ne s’improvise pas, c’est au fond d’un trou que le notre se tiendra. Il faut faire très attention car les “bush fires” sont très fréquents et dévastateurs !

Après un bon Chili Con Carne et quelques bières autour du feu nous rejoignons nos “swags”. Un swag est une sorte de sarcophage étanche du vent et de la pluie dont le fond comprend un matelas en mousse de quelques centimètres d’épaisseur. Nous glisserons notre sac de couchage à l’intérieur. Pour les plus peureux ou les plus frileux, on peut rabattre l’appendice du swag au dessus de sa tête. Nous ne sommes pas dans une tente, nous dormons à même le sol, seule quelques bâches nous protègent du vent et quelques tôles nous servent de toit au cas où il pleuvrait. Pas d’étoiles pour ce soir… dommage !

Je ne pas parler le français

Alice Springs c’est… comment dire… mort ! Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais sachant qu’il y a un aéroport et que c’est la seule ville au milieu de nulle part j’aurais cru logique qu’il y ait du monde. Et bien non ! Non seulement les routes sont goudronnées (je suis déçu ahah), mais en plus c’est craignosse et plein d’aborigènes.

En quelques mots voici ce qu’on m’avait dit sur Alice Springs avant que je n’y arrive. C’est un “Fucking Shit Hole” où il ne faut pas sortir le soir, ni laisser sa voiture dans la rue car le lendemain elle est bousillée. Il y a quelques tensions entre les “abos” et les “blancs”, et passant sur le fait qu’ils soient en grande partie alcooliques et sans emplois, ils doivent encore avoir une certaine rancoeur concernant le vol de territoire et la maltraitance que les australiens ont eu envers eux. En bref, “ne sortez pas le soir” et “faites gaffe” faisaient partie des principales descriptions de la ville que nous avions eues.

Je peux maintenant imaginer ce qu’ont pensé les colons de l’histoire du monde en rencontrant des gens qu’ils n’avaient vu nulle part ailleurs. On se retrouve à être très critique et à très vite juger une “race” qu’on ne connait pas. Tristement, je les décrirais comme des êtres aux traits préhistoriques, noirs, racrapotés par le soleil, aux cheveux longs ni raides, ni lisses, ni bouclés. Ils se retrouvent en groupe, allongés dans l’herbe, dans les quelques espaces verts de la ville, je n’arrive pas à distinguer ceux qui sont saouls de ceux qui ne le sont pas tellement leur démarche m’intrigue. Leur style vestimentaire ne colle pas du tout au notre, et ce, malgré le fait qu’ils portent les mêmes vêtements.

En bref, après ce qu’on m’a dit sur la région, les insécurités, les addictions à l’alcool et leurs visages particuliers, ils me font peur et je préfère les éviter. C’est absolument stupide, ils sont humains, mais moi aussi. Et ma réaction envers l’inconnu est probablement normale, mais décevante.

Pour enfoncer le clou un peu plus, lors de nos 20 premières minutes en ville, nous partons chercher à manger. Et au moment où je fais remarquer à Hadrien que c’est étrange de se retrouver seul “blanc” dans la rue, un énorme “Hey” arrive dans notre dos. Nous continuons à marcher, mais un deuxième retenti dans nos oreilles. Sentant un mouvement derrière nous, nous préférons continuer notre chemin et nous enfoncer dans la galerie commerçante. Ce n’est qu’après une bonne longue minute que plus personne ne nous suit. Une entrée en matière dans la ville qui nous aura vraiment refroidi. Il était 11h du matin.

Après notre nuit blanche à Melbourne, le navette, l’avion et le décallage horaire, j’ai fait une grosse sieste jusqu’à ce matin. Et aujourd’hui la ville m’a paru beaucoup moins hostile, même si je ne me sens pas très à l’aise. Cela dit, elle est toujours aussi morte. Je remarque aussi que le problème d’alcool dans le coin est tellement grand que pour en acheter dans un Liquor Shop il faut présenter ses documents d’identité qui seront enregistrés. Les quantités d’alcool sont limitées et il est interdit de vendre de l’alcool entre 11h30 et 14h00 si ce n’est pas accompagné d’un repas.

En bref, si il n’y avait pas Uluru, je pense que ce coin ne vaudrait absolument pas la peine d’être vu. L’outback doit être absolument fabuleux, mais ça je vous le dirai après mes 3 jours d’expédition qui commencent demain matin. Je n’aurai très certainement pas de réseau, ne vous attendez pas à avoir de mes nouvelles avant le 27 novembre où je serai de nouveau de retour à Alice Springs.

Visuellement, la rivière qui borde Alice est sèche toute l’année, le ciel est bleu sans nuages, il faisait 36° à 17h, les batiments ne dépassent pas deux étages (rez de chaussée compris) et, malgré la chaleur, il y a de la verdure.

Pendant que j’écrivais ce billet, une espèce de cafard a débarqué de je-ne-sais-pas-où dans la chambre et est venu m’embêter en pleine écriture. Ca me rappelle, ce matin, lorsque j’ai vu la fourmi agripée à la barre du rideau de douche, m’observant en essayant de garder l’équilibre.

NB : Je ne dénigre pas les aborigènes, je ne les connais pas. J’essaie de retranscrire au mieux mon sentiment de première impression.

Ordo Ab Chao

Il est presque 7h, je mange une pomme dans le lobby avant d’aller attendre notre pick up devant l’entrée. Je n’ai pas le temps de finir que déjà un coup de téléphone me signale qu’on m’attend à l’extérieur ! Ils sont en avance, quelle surprise ! Notre guide, une femme dans la quarantaine, a plus d’énergie qu’une école maternelle à l’heure de la récréation. Elle agit sur moi comme un deuxième réveil !

Nous allons chercher les différents autres passagers aux quatre coins de Melbourne. Ce n’est que lors de ce trajet que je remarquerai une subtilité de la circulation routière, à certains carrefours, il faut se placer sur la gauche pour tourner à droite. Je vous rappelle que le sens de conduite est à l’inverse de l’européen, et donc se placer à un extrème pour aller à l’autre, c’est assez particulier. Il parait que c’est pour ne pas perturber les trams, je comprends pas très bien, mais soit.

Les autres passages ont tous des profils différents. Il y a moi et Hadrien, moi backpacker, lui étudiant en vacances. Il y a deux autres jeunes en vacances, dont un qui travaille de temps en temps pour rester 4 mois. Il y a un riche couple d’indiens et leur ami. Un jeune couple de français asocial comme il se doit. Un couple bruyant de je ne sais pas où ayant trop d’énergie et peu de respect. Une jeune étudiante timide voyageant seule. Deux copines pin-up qui ont manqué de venir en talons aiguille. Le riche couple de japonais où la femme était considérée comme la princesse de l’univers. Et pour finir deux jeunes femmes sur lesquelles, je m’en excuse, je n’ai rien à dire. Nous sommes 18 (vous pouvez recompter si ça vous amuse ahah).

A 8h nous nous mettons en route pour la Great Ocean Road. Notre guide bien sympathique ne manquera pas, tout le long du trajet, de nous envoyer plein d’énergie et d’information à la figure. Je ne retiendrai évidemment pas tout, mais au moins je ne manquerai pas quelques explications intéressantes comme Hadrien qui sombrera plusieurs fois dans un sommeil lui rompant le cou.

Bleu, bleu, bleu et bleu. C’est la couleur de la journée. Du dégradé du ciel tirant entre le bleu ciel (huhu) et le bleu pastel. Le bleu de l’océan. Le bleu turquoise de l’eau “shallow”. Le bleu fumé à travers les vitres teintées. Une quantité magnifique et infinie de bleus.

La Great Ocean Road est longue de près de 300km. Elle a été construite par des soldats après la première guerre mondiale, il y avait un manque certain de boulot et ceci faisait partie des nombreux projets mis en place par l’état afin de pallier à cette situation. C’est un endroit sensible, chaque année, aux incendies. Un petit malin a fait construire sa maison en hauteur au dessus d’une plate-forme métallique. Il en a eu marre que sa maison soit brulée trois fois de suite, il a eu raison car lors du dernier incendie ravageur, seule sa maison a été épargnée ! Il l’a finalement vendue pour 3 millions et demi de dollars, il a vue sur l’océan, mais n’a qu’une chambre à coucher, nice deal !

Les plages de la Great Ocean Road sont connues pour le surf, nous en observerons certains, mais je n’ai pas encore eu la chance d’en voir faire des superbes pirouettes sur les vagues. Je devrais me renseigner pour savoir où ont lieu les concours ! Lorsqu’il n’y a pas de plages, il y a des rochers, mais il y a toujours un peu en retrait une gigantesque falaise qui rend les choses bien plus jolies. Le soleil faisant ressortir la couleur sable des falaises contrastée par le bleu de l’océan et le doux son du roulement des vagues m’hypnotisent.

Vous vous souvenez, j’ai parlé des petits pingouins. Ces petits pingouins qu’on appelle Little Penguins (original) se cache dans les fourrés ou les rochers de la plage pendant la journée. Ils parcourent le sable deux fois par jour et si on vient au coucher ou lever du soleil, on en verra des centaines courir se cacher ou plonger dans l’eau. Ceci étant dit, je ne suis plus certain qu’ils se cachent la journée ou la nuit. Je n’en ai pas vu.

Avant de nous rendre dans le pourcent de forêt tropicale qu’il reste en Australie, nous nous sommes arrêté à un Koala Spot. Les koalas vivent dans les eucapyptus, mais pas n’importe lesquels, chaque espèce de koala a ses préférences en matière d’eucalyptus. On ne pourra pas décider de les placer dans un autre environnement, ils se laisseraient mourir de faim. Ces boules de poil dorrment au total 22h par jour, ils ne se réveillent que de temps en temps pour se shooter avec les feuilles des arbres qui les rendent à moitié stone pour le reste de la journée. Les feuilles d’eucalyptus sont composées de 60% d’huile ce qui est un poison pour l’homme, c’est aussi la raison pour laquelle ils sont très inflammables. Chaque koala a son propre arbre, et se trouve souvent à sa cime car c’est là que les feuilles sont les meilleures, il faut bien ouvrir les yeux car ils ne sont pas si faciles à repérer. Néanmoins, ils n’ont pas trop de soucis à se faire car ils n’ont pas de prédateurs naturels. C’est un soucis pour ces pauvres eucalyptus, à tel point que le gouvernement australien a du faire stériliser des koalas pour réguler leur population.

Ah oui, il ne faut pas essayer les chouchouter, c’est tout mignon mais ça a des grosses griffes. Et pour peu que ça se réveille, il est possible qu’il ne soit pas content et vous balance une giffle dont votre joue pourrait avoir le souvenir pour longtemps. J’ai eu de la chance, j’en ai vu trois. Dont deux n’étaient pas endormis !

La rainforest dans laquelle nous nous arrêterons ne me surprend pas beaucoup. J’imagine que celle-ci, parcourue par des centaines de touristes chaque jour, n’est plus très authentique. J’ai admiré la hauteur des ces arbres dont le tour est tellement immense que même trois personnes n’arriveraient pas à le tenir dans leurs bras. Le soleil perce par endroit ce qui fait reluire les feuilles à la cime des arbres. Il y a de la mousse sur les branches et quelques palmiers. Il nous prendra un petit quart d’heure pour faire le tour, nous sommes d’ailleurs les derniers à rentrer dans le car, déjà le moteur tourne et le guide nous attend impatiemment.

La route comporte tous les 50 mètres un panneau d’indication de vitesse différent du précédent. C’est tellement sinueux que les vitesses recommandées changent à chaque tournant. Une multitude de panneau me rappeleront que les voitures roulent à gauche et non pas à droite comme en Europe, le guide nous rassurera en nous expliquant que c’est le seul endroit en Australie où il existe de tels panneaux, affluence touristique oblige.

L’attraction la plus populaire de la Great Ocean Road est très certainement les 12 apôtres. Détail amusant, il n’y en a “plus” que 7 (et demi). Ils sont constitués d’une matière friable faite de sable et autres ce qui le rend très sensible à l’érosion. Bon, ils ne vont pas s’effondrer dans deux mois, mais les vents de la région étant forts, ils s’usent, c’est indéniable. Pas d’inquiétudes pour les petits-enfants, chaque année l’Australie se déplace vers l’équateur de 2cm à 8cm (selon les sources), ce qui provoque donc craquements et donc de nouveaux apôtres. C’est pas beau la vie ?

Oh tiens, les 12 apôtres, c’est en réalité le deuxième nom donné à cet endroit. Je ne peux pas me souvenir du nom qu’il avait avant, mais ce que je sais c’est que la seule raison pour laquelle on l’a changé c’est parce que c’était plus vendeur. Ridicule hein ! En tous cas ça a fonctionné car il y a vraiment un paquet de touristes là-bas. Mais notre guide n’est pas idiote, elle ira d’abord voir les autres attractions avant de revenir sur nos pas pour voir les 12 apôtres, de cette manière nous évitons les nombreux cars remplis de japonais et de leurs apareils photos.

Je n’ai pas de mots pour détailler à quel point cet endroit est magnifique. J’espère que les photos parleront d’elles-même, mais j’ai des doutes, il faut aller sur place pour admirer tout ça. Le must maintenant serait de refaire le tour dans l’autre sens, en venant d’Adelaide, afin d’avoir le soleil de l’autre côté, mes photos des 12 apotres sont surexposées ! Je ne me plaindrai pas, j’aurais pu compter les nuages tellement il n’y en a pas eu !

Je suis assez content d’avoir payé les 120$ pour faire ce tour avec Bunyip, c’est pas le meilleur marché mais je n’ai pas eu à me plaindre. Je déplorerais seulement que le petit-dèj et le repas du soir n’étaient pas compris, mais aller, je vais pas faire mon vieux con, c’était très bien. Je ne regrette pas de ne pas avoir fait la Great Ocean Road par moi-même car certains endroits sont magnifiques, mais on y passe pas une journée. Si un jour j’ai une voiture, j’hésiterai à repasser par là. Mais il est évident que la revoir ne me fera QUE plaisir !

Definitly a must see !

Photo 1 : La plage de Bells Beach (Torquay)
Photo 2 : Plage de Torne
Photo 3 : Un koala
Photo 4 : Depuis la rainforest
Photo 5 : Le long de la Great Ocean Road
Photo 6 : Le London Bridge (Et oui, un côté s’est écroulé)
Photo 7 : Un belge en Australie (Loch Ard Gorge)
Photo 8 : Aperçu du Baker Oven à Loch Ard Gorge
Photo 9 : Loch Ard Gorge (autre point de vue)
Photo 10 : Certains des Twelve Apostles
Photo 11 : Les deux premiers des Twelve Apostles

PS : Je suis conscient de pas toujours être un bon cadreur, mais si vous n’êtes pas contents vous n’avez qu’à venir faire les photos à ma placeuhhh !

Astalavista

Je commence à vraiment aimer Melbourne. Le bus Tourist Shuttle gratos m’a fait faire le tour de la ville aujourd’hui. Et même si je ne comprenais rien aux commentaires du chauffeur qui parlait parfois au-dessus de la voix off qui faisait des commentaires elle aussi, j’ai bien aimé ce tour d’horizon.

J’imagine qu’aprécier une ville dépend d’un certain état d’esprit, mais aussi du soleil. Ca fait trois jours qu’on a du mal à distinguer des nuages tellement il fait beau, ça joue sur l’humeur et le reste. Cette journée n’a pas été très productive, on a été prendre les repères pour notre navette vers l’aéroport mardi matin. On devra se lever à 4h du matin pour choper la navette à 5h, passer le check-in avant 6h45 et décoller à 7h30. Direction <You’ll know when you’ll have to>.

Nous avons fait un tour dans le 4e plus grand casino du monde (deux étant à Las Vegas, le 3e à Singapour) et y retournerons ce soir pour voir ça de plus près, sapé un peu mieux qu’en backpacker. Et on est retourné dans les Royal Botanic Gardens où plusieurs mariages avaient lieux. Non mesdemoiselles je n’ai pas photographié les robes de mariée ! C’est amusant de voir le tapis rouge, les demoiselles d’honneur, de la musique et j’en passe dans le parc. Pas une mauvaise idée cela dit parce qu’il est très beau. A mon sens il a beaucoup plus de charme que celui de Sydney.

Demain nous faisons un voyage organisé (beurk beurk) pour aller voir <Hidden Destination> et puis il nous restera un dernier jour à Melbourne. J’ai le sentiment que pour découvrir cette ville il me faudra encore une semaine, je me trompe sans doute, mais elle commence à m’intriguer et j’ai envie d’y rester plus longtemps.

A coté de ça je cherche quelques plans pour la suite, je serai de retour à Sydney le 28 novembre. Hadrien et moi nous séparerons et je m’en irai je ne sais pas encore où.

It’s gonna be legen… wait for it… dairy !

Jeudi, la journée comment fortement, il pleut des vaches. Pas très motivé du tout, on se décide (quand même) à aller voir le Queen’s Market. C’est un marché situé tout près de chez nous qui a lieu plusieurs fois par semaine et qui vend de tout. Des légumes, de la viande, des trucs à la con pour touristes, des objets typiques aborigènes et tout un tas de trucs. Un gros mélange entre Camden Town et le marché des abatoirs d’Anderlecht. Ce qui est plutôt cool c’est qu’on trouve plein de légumes et de fruits à des prix super intéressants, soit la moitié (voir plus) que dans les supermarchés.

Le lendemain le soleil est là. Ouf ! L’auberge met à la disposition de ceux qui le souhaitent une navette pour aller jusqu’à St Kilda. Le chauffeur qui nous emmènera jusque là à plus d’énergie qu’un moniteur du Club Med. Il nous raconte l’histoire de la région en ajoutant autant de détails que les 30 minutes du trajet le permettent. J’ai oublierai malheureusement la plupart de ce qu’il raconte.

Il nous dépose devant Luna Park. Un des tout premiers (si pas le premier) parc d’attraction d’Australie (ou du monde, je sais plus). Il n’est pas ouvert tous les jours donc nous ne pourrons pas aller faire un tour à l’intérieur, cela dit le rollercoaster n’inspire pas trop confiance avec ses vieilles planches de bois.

La plage de St Kilda… me déçoit. Et oui, il faut savoir qu’elle se trouve dans une baie. Du coup la couleur de l’eau se rapproche à celle de la mer du nord. Le sable n’est pas très habité par les bronzeurs, et nous n’avons pas trouvé l’endroit où se cachent les fameux pingouins. Apparemment il y a des petits pingouins de 30-40cm qui sont différents des manchots de la banquise. Ils sortent à la tombée de la nuit pour rejoindre l’eau. Cela dit, si on veut les observer mieux vaut se rendre sur Philip Island à 100km d’ici où ils sont beaucoup plus nombreux.

La ville quant à elle ne nous inspire pas plus que ça, on passera simplement dans un parc pour faire un peu la sieste à l’ombre ou au soleil. Moi j’ai choisi le soleil et je dois dire qu’aujourd’hui je le sens. Malgré plusieurs tartinages de crème sur la tête j’ai un peu une gueule de tomate. Mes bras commencent à s’y faire et n’ont encore jamais été aussi bronzés de leurs vies.

Etrangement la température est légère et si on reste à l’ombre un peu trop longtemps on a froid. Melbourne a vraiment une température différente de Sydney alors qu’il n’y a que 1000km entre les deux. Après avoir hésité entre reprendre la navette de retour ou parcourir les 5km séparant St Kilda de Melbourne à pied, on décide de se faire renconduire. Le chauffeur s’arrêtera à notre demande dans le centre de la ville afin que nous ayons la possibilité d’aller visiter King’s Domain, un groupe de plusieurs parcs qui en forme un immense. J’aime beaucoup ce parc, enfin ces parcs. Avant d’y parvenir nous avons longé la Yarra River jusqu’au complex où aura lieu d’Open d’Australie.

Sur le chemin, une petite envie, une toilette publique, ni une, ni deux… hop ! Et là, c’est le luxe, les toilettes sont limites plus classes que celle de notre auberge. Gratuit, propre, en bon état, une poubelle, du papier, du papier pour mettre sur la lunette, un évier, un miroir et (moins enthousiasmant, mais pas idiot) une poubelle spécifique aux seringues (comme à l’auberge…). Il ne manque que le savon pour les mains. Et dire que les premiers colons étaient des bringands… ils ont bien changés ! J’imagine que la surveillance caméra qui jonche la ville aide à un comportement civique, mais je n’en reste pas moins surpris.

Les avirons continuent à aller et venir sur Yarra River, nous rentrons en empruntant le tram City Circle qui est gratuit toute la journée. Une voix off nous expliquera tout le long du trajet les nombreuses activités à faire à proximité de chaque arrêt.

Je viens de remarquer que le chauffage à côté de moi est allumé… si c’est pas triste.

Photo 1 : St Kilda
Photo 2 : Luna Park à St Kilda
Photo 3 : Dans King’s Domain
Photo 4 : Fleur prise dans King’s Domain

C’est pas Bagdad

Errata : King’s Domain est un parc à part entière, qui enchaine sur d’autres dont les Royal Botanic Gardens qui avaient retenu mon attention

Nous roulons de minuit à 8h du matin entre Canberra et Melbourne. La nuit n’est pas très sombre, mais pas assez claire pour que je profite de mon insomnie pour admirer le paysage. Je ne me perdrai que de temps en temps à admirer toutes ces constellations que je ne connais pas.

A l’arrivée je suis crevé. Je pense avoir réussi à dormir deux heures. L’auberge n’accepte les check-in qu’à partir de 13h et il est 8h30. Ma première impression de Melbourne est que c’est beaucoup plus sale que Sydney. Ca m’inspire beaucoup moins et je me demande déjà ce que je fais ici. La température est beaucoup plus fraiche, mais le soleil déjà vif à cette heure matinale nous tient chaud. Le ciel ne comporte pas un seul nuage à la ronde, c’était facile à distinguer un peu avant notre arrivée. L’horizon était rectiligne quel que soit l’endroit où je regardais, comme si la terre était plate et que le ciel la rejoingnait, quelque part, dans un bleu infini.

Après avoir marché jusqu’à l’auberge de jeunesse, patienté jusqu’à ce que le check-in soit ouvert, nous allons faire un tour après s’être approvisionné en pain, jambon et fromage. Voici notre repas de midi. Autant dire que ça n’a rien de très ragoutant, la seule chose que j’ai apprécié manger c’est ma pomme hors de prix. 1,40$ pour une Pink Lady from Australia. Ah ça elle était bonne !

Par contre, une tranche de fromage fondu accompagnée de jambon, le tout entre deux tranches de pain de mie… ça passe une fois, deux fois, mais là ça commence à faire beaucoup. Ce pain est immonde, il colle au palais, n’a aucun gout, est plein d’additifs que je n’imaginais même pas mettre dans un pain, est hyper calorique, et super cher. Vous le comprendrez, j’en ai un peu marre !

La ville quant à elle ne me remets pas de meilleure humeur. Je la trouve sale et pas accueillante. Je surestimé peut-être les villes australiennes, aucune idée, en tous cas là je suis déçu de ce que j’ai trouvé. Il est vrai que je suis devenu difficile, et que nowadays les villes ont tendance à me déplaire (certains me comprendront). Je pense que de manière générale je ne suis pas attiré par les grandes villes. Les photos que je prends en témoignent, il s’agit souvent de parcs ou d’espaces verts constrastés par les skycrapers.

Je commence à considérer sérieusement ma façon de me déplacer ici. Peut-être que je finirai par acheter une voiture, taper un matelas à l’intérieur et suivre l’Aussie Coast. Il y a encore beaucoup de questions qui se posent à ce sujet, dont le budget. Je serai de retour fin novembre à Sydney pour récupérer mon TFN et ma Medicard, à partir de là je chercherai un boulot. J’aimerais vraiment pouvoir travailler dans la nature plutôt qu’en ville, mais nous verrons cela plus en détail dans une quinzaine.

Bon allez, malgré mes pieds qui me font souffrir, cette journée se termine bien avec un endroit qui m’a beaucoup plus. C’est rempli de touristes, c’est en plein centre, mais observer les avirons naviguant sur Yarra River assis à l’ombre m’a apaisé.

Allez tu reprendras bien une Duvel ! Non ? Allez ! Une demi, avec moi !

C’est parti pour une petite visite plus touristique de Canberra. Mes premières impressions se trouvent être faussées, Canberra n’a rien d’un zoning industriel, c’est une ville très aérée, très calme et assez verte. Il est clair que c’est sans doute trop calme pour y vivre, la plupart des locaux se plaignent qu’il n’y a rien à faire ici, c’est une ville paumée, mais les quelques jours que j’y ai passé me plaisent, j’ai aimé cette quiétude.

En dehors du centre de la ville qui s’agite pas mal avec son centre commercial long de 3 blocs de maisons, les alentours sont occupés par de la verdure et des voies rapides. Nous nous mettons en route pour le War Memorial, ça veut dire que nous allons longer un des lacs pour ensuite monter une grande avenue jusqu’au mémorial en question. C’est arrivé au ninveau d’une voie rapide séparée par un grand espace vert que, seul, j’aperçois un oiseau qui commençait à pousser des cris. Pas stupide, j’imagine bien que je l’effraie, malgré la voie rapide et les 10 mètres qui nous séparent. Cette femelle doit certainement être en train de couver son nid, c’est cependant étrange qu’elle soit “perdue” à même le sol.

Plus loin, le male s’inquiète des cris de sa bien aimée, je le vois reprendre son envol et revenir vers le nid. Jusque là pas d’inquiétudes, c’est normal elle l’appelait au secours. Ce à quoi je m’attendais moins c’est qu’une fois qu’il eut fait sa ronde au dessus du nid, il commence sa descente. Toutes ailes déployeées, bec en avant, il a dessiné sur moi une cible à ne pas manquer. A mesure qu’il s’approche de moi je ne peux m’empêcher de croire qu’il veut m’intimider et va vite faire demi-tour en arrivant tout près, mais non ! Il s’approche tellement que j’accélère le pas pour qu’il passe derrière moi, à toute allure. Je continue mon chemin, me disant que je serai bientôt considéré comme inoffensif car loin du nid. Il n’en est rien  De la même manière qu’un pilote de chasse, il fait son demi-tour et lock à nouveau sa cible. Cette fois, je rigole beaucoup moins ! Je me retourne et accélère le pas pour laisser derrière moi l’oiseau manquer sa cible. Il a gagné !

J’apprends plus tard qu’il s’agit d’une Magpie, une pie en somme. C’est apparemment commun qu’elle s’attaque aux joggers et aux cyclistes, il paraitrait même qu’elle attaque les yeux. C’est bien la première fois que j’ai eu peur d’un oiseau, et croyez bien que le “Mayday” qu’à tweeter cet animal est imprimé dans mes oreilles !

C’est pas l’autre côté que nous traverserons tous les trois en direction du War Memorial. Il donne l’impression d’être à des milliers  de kilomètres tant on s’en approche lentement. L’allée pour s’y rendre est jonchée de part et d’autres de sculpture représentant certains passages de l’histoire australienne. Un terrassement de gravillons rouges sépare chacun des côtés de l’avenue.

Je ne suis pas un fan d’histoire et je ne passerai pas beaucoup de temps à l’intérieur, mais je dois avouer que la représentation en maquette de différentes scène de l’armée rend est admirablement bien faite, et rend le tout beaucoup plus accrocheur.

Le lendemain nous changeons de cap et allons à l’opposé complet du Memorial, soit le parlement. Il est dans l’alignement parfait des avenues séparant les deux batiments. Ca ne m’attire guère de visiter le parlement, mais maintenant que je suis devant et que c’est gratuit autant y entrer. Avec les vieilles personnes, les touristes japonais et les écoliers je me sens un peu à l’écart lorsque j’assiste à un “truc” qui se passe dans le sénat. Etrange la politique, une femme s’exprime pendant 20 minutes face à un sénat quasi vide, personne ne l’écoute, certains discutent, d’autres chipotent, même le président ne semble pas intéressé…

Sur le retour nous relongerons encore le lac, mais sur un rive que nous n’avions pas encore explorée. Ce lac est immense et j’ai beaucoup de mal à me situer. En somme cette ville est très sympathique, mais très syntéthique, vivante et même temps morte…

Felix a-t-il une fin ?

Nous sommes le 31 décembre 2008 et la fête va bon train au centre de Bruxelles. Accompagné d’un ami, je vais de bars en bars comme à mon habitude. Déjà la nouvelle année fait son entrée, les pêtards et artifices explosent, les gens s’embrassent et se souhaitent tout plein de bonnes choses.

De retour au Floris Bar (pour être précis), je fais la rencontre d’un groupe venu tout droit d’Australie. Mon intérêt pour ce continent est déjà très fort et je passerai donc la suite de ma soirée en leur compagnie à échanger 1001 et une choses. Ils ont atterri à Bruxelles via l’Eurostar, au départ ils souhaitaient se rendre à Barcelone mais les avions étant hors de prix ils se rabatteront sur Bruxelles, drôle d’idée !

La soirée s’achève après quelques heures de discussion et les “Facebook” échangés. Me voilà avec une amie en plus, mais rien à lui raconter, ni inversément.

Nous sommes deux semaines avant mon départ pour Sydney, il me vient à l’esprit que j’avais rencontré il y a deux ans une personne australienne habitant Adelaide. Qu’à cela ne tienne, je lui envoie un message bref en lui demandant si elle n’a pas quelques conseils, des auberges de jeunesse à recommandabler, des petits tuyaux, un message très vague en somme.

Quelques jours après elle me répond. Elle se souvient très bien de cette soirée et s’empresse de me donner tous les tuyaux qu’elle a obtenu sur Sydney. Avant de me répondre elle a enquêté auprès d’une de ses amies qui habite là afin de me donner des renseignements intéressants. J’apprends donc l’existance du ticket permettant de voyager à moindre prix, je reçois les informations complètes de deux auberges de jeunesse recommandables et la façon de m’y rendre depuis l’aéroport, elle me communique aussi les coordonnées de son amie (que je ne dois pas hésiter à contacter), etc…

Elle m’expliquera aussi qu’elle habite Canberra et que même si elle ne me conseille pas d’y passer plus de 2 jours, elle serait très heureuse de me faire visiter. Elle m’invite à la contacter quand je m’y renderai afin qu’on s’arrange.

Premièrement je suis surpris par la qualité des informations communiquées, mais aussi par la sympathie de me proposer de me faire visiter le coin. Après tout nous ne nous connaissons pas, et n’avons discuté que quelques heures. En la contactant, j’accomplissais plutôt une formalité pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait plutôt qu’en espérant réellement une réponse (particulièrement aussi fournie).

Une fois à Canberra, après quelques échanges sur Facebook et par SMS, elle nous propose un rendez-vous chez Brodburger où nous picniqueront avec quelques bières. Hadrien et moi apporteront les bières. Il nous faudra un peu plus d’une heure pour nous rendre sur place à pied, il faisait beau et malgré sa proposition de venir nous chercher nous préférons prendre le soleil. Enfin, soleil, c’est ce qu’il semblait au moment où nous nous sommes mis en route, mais bien vite quelques nuages épais déchargeront sur nous une quantité infinie de gouttes ! Trempés jusqu’à l’os, et a priori en retard, nous essayons de garder le moral.

Nous arrivons à semer la pluie et même à être à l’avance devant cette petite caravane rouge qu’est Brodburger. Elle arrive quelques minutes plus tard avec son boyfriend Chris. Nous passons commande car il faut une demi-heure pour que les hamburgers soient préparés… (en fait il faudra une heure, mais it’s worth it !). L’addition ne sera pas partagée, elle tient à tout régler elle-même car “je voyage”. J’insiste, mais non.

Après avoir étendu une espèce de nappe imperméable -spéciale camping- sur l’herbe le long du lac, nous discutons. Enfin, d’abord ils nous proposent des bières, sortent des crackers de leur camping bag, du fromage et autres petits trucs à grignoter comme apéritif. Ravi, mais un peu confus, on profite de nos bières et eux des leurs. Amusant, nous avons acheté des bières australiennes et eux des bières belges. C’est ce que fait remarquer Chris. Je m’abstiendrai de lui faire remarquer que la Carlsberg n’est pas une bière belge, mais danoise !

Connie a des origines italienne tandis que Chris connait quasi par coeur l’histoire de l’Australie. Au fil des échanges j’apprends que la famille de Connie, vivant à Adelaide, a un vignoble et des cerisiers, et qu’ils emploient souvent des backpackers pendant la récolte. Elle me propose d’elle-même de les contacter afin de voir ce qu’il en est et de me tenir au courant. Awesome ! Je lui avais dit plus tôt que je devrais travailler pour financer mon année et que travailler dans les fermes, récolter des fruits et autre job en pleine nature, m’attirait beaucoup plus que d’être derrière un bar à servir des Vodka Redbull.

Ils nous raccompagneront en voiture jusqu’à la résidence, la nuit est déjà tombée et mes pieds étant encore trempés ça nous arrange beaucoup !

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette soirée, je ne me rends toujours pas bien compte de la gentillesse dont ces gens ont fait preuve, et me demande maintenant si c’est commun aux australiens ou bien si c’est juste un gros coup de chance.

A suivre…

PS : Ce hamburger était vraiment excellent ! (Clin d’oeil)

Photo 1 : Observé à Botanic Gardens à Sydney

Photo 2 : Les perruches géantes ! Observées à Botanic Gardens à Sydney (serait-ce un Cacatoes ?)

Photo 3 : Laughing Kookaburra, observé dans The Domain à Sydney, très célèbre, il imite le cri des chimpanzés !

Photo 4 : Observé à Canberra

Une piste d’atterrissage ? Non, des éoliennes !